L’enjeu: repositionner la construction européenne

Posted by Emmanuel Morucci on 16/05/12

La campagne présidentielle très franco-française avait occulté l’Europe. Au lendemain de l’investiture du président Hollande l’Europe revient au premier plan de l’actualité. La Grèce inquiète l’Union. Les élus de la législative ne se donnent pas les moyens de constituer un gouvernement et le refus d’appliquer les conditions drastiques que la communauté européenne veut imposer en échange du financement de la crise. Le risque est désormais sérieux de voir le pays sortit de la zone euro et peut même de l’Union européenne.

La question a été au cœur de la rencontre entre la Chancelière allemande et le nouveau président français. A l’unisson les deux chefs d’état ont affirmé l’importance de l’unité européenne et leur volonté de maintenir la Grèce dans la monnaie unique.

L’enjeu est important. La contagion pourrait alors s’étendre et le président français fort de ses promesses électorales serait alors en devoir de jouer les pompiers afin de protéger la France d’un risque lourd.

La soirée allemande  a été cordiale. Comme prévu le président français a été accueilli les bras ouverts par Mme Angela Merkel.  Mais l’un et l’autre sont semble-t-il resté sur leurs positions. Règlement de la dette et croissance, un pas fait l’un vers l’autre. Sauvetage de l’économie mais aucune information concernant la gouvernance commune de l’économie européenne.

Et cela est bien dommage car au moment où les français célèbrent leur nouveau président l’Asie avance vers la mise en place d’une zone de libre échange. En effet, les dirigeants des trois grandes puissances économiques  que sont la Chine, le Japon et la Corée réagissent au ralentissement économique en Europe et Amérique du nord  et décident de renforcer les échanges commerciaux à l’intérieur de leur zone économique.

Une raison de plus pour aller vers plus d’Europe et une Europe très structurée. L’union revoir à la baisse ses prévisions pour 2012 et 2013 avec un recul de 0,3% du PIB, des risques de récession pour au moins 4 pays et des déficits qui se creusent pour atteindre les 3,2% du PIB global en 2012.

Tout cela n’est guère réjouissant car la dette de la zone euro devrait atteindre 91,8% du produit intérieur brut. Elle devrait encore s’alourdir en 2013 pour passer à 92,6%.  Pour la France les Chiffres de 2013 devrait s’aligner sur les 92 ?5% du PIB.

Des chiffres qui montrent combien l’interdépendance entre les pays européens est étroite, que les élections nationales sont en fait des élections européennes et qu’un pays ne peut annoncer ses propres choix sans tenir compte des choix globaux pour le marché intérieur et des relations avec les autres régions du monde qui n’attendent pas, à raison,  pour avancer leurs propres pions.

 

 

Journée de l’Europe sous le signe de l’incertitude.

En ce 9 mai 2012, la Journée de l’Europe fête son vingtième anniversaire dans des conditions d’incertitude jamais connues.

Une incertitude due à la situation financière de plusieurs pays de l’Europe du sud et leur course poursuite derrière les organismes financiers mondiaux. Face aux crises, face à l’élection grecque,  celle en France pays porteur de la construction européenne qui vient de voir la victoire de Monsieur François Hollande fait presque figure de non évènement.

La situation est vraiment sérieuse et ce qui avait été tenu a bras le corps par les acteurs de l’avant 7 mai doit être impérativement poursuivi sous peine d’un éclatement réel de l’Union européenne. Et la diplomatie ne peut travailler qu’avec les Allemands. Elle doit échanger dans le même temps avec la Pologne, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande qui présente le Traité budgétaire à référendum le 30 de ce moi de mai et tous les autres Etats membres.

Un impératif est de revenir aux fondamentaux de la construction européenne.  Ceux que Robert Schumann appelait « la responsabilité des Européens ». On ne peut les galvauder car c’est sur eux que les Européens sont d’accord. Ils installent tout ce qui a fait qu’ils sont signés ensemble. L’Union européenne est pour nous une évidence, un fait social, politique et diplomatique. Bien sûr elle nous irrite parfois par ses complexités, son éloignement supposé mais ses réussites sont incontestables. Robert Schuman a eu une vision prophétique écrivait récemment Jacques Rigaud. Il a inscrit nos vies dans un contexte totalement inédit sur la planète, de paix et de fraternité entre les peuples d’Europe. Toute notre existence est inscrite dans ce cadre européen, en termes d’études, d’engagements professionnels, de perspectives culturelles, de voyages et d’échanges. L’Europe est notre espace de vie. Un territoire à la dimension des Européens et de leurs cultures.

Mais cette construction nécessite une éthique claire. La première règle est que lorsqu’un traité est signé,  il ne se renégocie pas. Sinon c’est la fin de la solidité de l’Union européenne. Par contre travailler  un contenu d’un nouveau traité, pour faire avancer l’Union toute entière, cela oui, c’est une nécessité permanente. Un traité n’est jamais figé dans le marbre. On l’avait déjà dit, on l’affirme à nouveau Un traité remplace un autre traité.

L’Europe prend en compte les choix politique des Etats membres mais elle doit assurer la sécurité et la pérennité de l’ensemble. C’est ce que l’on appelle l’intérêt communautaire. C’est le sens de la réunion du 23 mai prochain.  L’objet est de réduire au maximum cette incertitude et ouvrir de la lisibilité pour les européens et leurs partenaires.

Pour cela il faut faire attention aux termes et concepts utilisés dans chacun de nos pays. Le mois croissance est un de ceux là. Comme le mot laïcité il n’a pas la même compréhension dans les vocables latin et anglo-saxon. S’il parle de relance partout en France il s’agit d’une relance par la dépense publique tandis que chez nos voisins il s’agit d’agir sur la flexibilité et l’adaptation du travail. Alors bien sûr tout le monde est d’accord pour relancer la croissance. La difficulté va être de s’entendre sur les termes. C’est la dimension interculturelle de la construction européenne. Le temps est sans doute venu d’écrire un glossaire européen.

A coté des affaires financières et monétaires, il y a la citoyenneté européenne dont nos candidats n’ont pas abordé le thème durant leurs campagne. Cette citoyenneté qu’il convient d’approfondir afin d’un faire un véritable élément de progrès pour chacun d’entre nous et un outil de développement collectif pour l’Union européenne. Plus que jamais créer le sentiment d’appartenance à l’Europe est essentiel. C’est une priorité face à la montée des extrêmes droite et gauche et leur anti européanisme affirmé.

Cette semaine, fête de l’Europe, cette dernière est confrontée, comme elle l’a été sans aucun arrêt, même si en France on peut avoir l’impression que le monde s’est arrêté le temps d’une campagne électorale, aux réalités de notre temps. Souhaitons bon vent, bonne mer à ceux qui vont engager notre vie future et quotidienne.

 

 

 

Un thème de débat pour les deux candidats : le 9 mai jour férié pour l’Europe ?

Pas facile d’écrire une chronique dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle. Il s’agit de ne parler ni de l’un ni de l’autre. Comment faire lorsqu’il s’agit de traiter de la question européenne ? Celle-ci est centrale et tous les champs de la vie économique, sociale, politique, internationale, toutes les relations internationales, celles de l’approvisionnement des énergies, des choix diplomatiques, celles des conflits et des relations interculturelles ou inter-civilisationnelles parfois même inter-religieuses concernent ou intéressent les dimensions européennes.  Celle de l’Union comme celle du Conseil de l’Europe. L’Europe des 27 comme celle des 47.

D’ailleurs l’Europe a été bien peu abordée durant cette campagne. Et au matin du grand débat, le thème n’était annoncé qu’en toute fin de programme soit vers 23h30. On se demandait si les deux prétendants auraient encore quelques forces pour développer le sujet central de notre vie quotidienne mais complètement occulté par une montée en puissance des extrêmes de gauche et de droite.

Pour amener les candidats à parler d’Europe, je tente de placer le 9 mai comme jour férié à la place du 8 que plus personne ne considère dans l’Union comme un jour chômé. Ce n’est pas une fête tout au plus une commémoration. Par contre faire du 9 mai, journée de l’Europe, temps officiel de la fête des Européens pourrait avoir du sens. Le temps pourrait être de nature à développer le sentiment d’appartenance à l’Union qui fait cruellement défaut. Installer dans sa compréhension l’importance de la citoyenneté européenne, ses droits. Notamment a-t-on oublié que les citoyens de l’Union peuvent voter aux élections locales et européennes lorsqu’ils demeurent dans un autre pays que le leur d’origine ? A-t-on oublié que le citoyen européen est éligible pour les fonctions de conseiller municipal et de député européen ? A-t-on oublié que chaque citoyen est protégé par le droit de représentation consulaire ?

Une citoyenneté qui mériterait d’être approfondie. Peut être et je devais rêver ce thème devrait être abordé comme d’ailleurs la gouvernance économique devrait être au centre du débat.

Un 9 mai qui tombe cette année trois jours après que le président de la République française sera élu. Il se préparera à sa prise de fonction et entrera dans le cercle très fermé du Conseil européen où siègent les chefs d’Etats et de gouvernement sous la présidence du belge Van Rompuy. Arrivé là il s’agira de reprendre les chantiers ouverts par le conseil.

Plus modestement à Brest, la Maison de l’Europe organise pour le 9 mai un séminaire autour de la question des jumelages. Ces derniers rencontrent des difficultés pour recruter et trouver des financements. La question posée est celle de la citoyenneté européenne. Les jumelages en sont ils toujours des artisans ?

Je terminerai cette chronique comme je l’ai commencée. Pas un mot sur les candidats. Mais je fais mienne cette citation du Cardinal a propos de l’élection des papes : « il ne s’agit pas de voter pour celui qui plait le plus mais celui qui est le plus à même de diriger l’Eglise ». Voilà une phrase qui s’adapte parfaitement à l’élection présidentielle française et à la capacité du président élu à peser sur les choix européens.

Emmanuel Morucci

 

Pour un débat sur l’Europe entre les deux tours.

On ne sent pas chez les deux candidats du second tour un emballement à évoquer l’Europe, la construction du projet commun et la place de la France dans ce processus international et désormais incontournable. Les deux hommes prennent actuellement le risque de retomber dans le travers qui a fait de l’Union européenne le bouc émissaire des politiques français. Certes les sujets sont nombreux et nous, citoyens, espérons autre chose que des invectives peu constructive et surtout peu porteuse de messages fort pour notre devenir et celui de l’ensemble des citoyens de l’Union européenne.

En effet, et faut-il encore le répéter, notre devenir est commun et le dessein européen est partagé. Que serions nous devenus en réalité s’il n’y avait pas eu l’Europe et l’intelligence commune de ses dirigeants, de droite et de gauche? Comment la crise aurait elle été abordée sans la structure puissante de l’Union ? Voilà des questions qui méritent un débat radiophonique et télévisé de fond aujourd’hui refusé. Mais au delà du temps passé ce sont les temps à venir qui nous intéressent.

Pourquoi prendre le risque d’annonces irréalisables pour qui connaît les mécanismes européens mis en place par les gouvernants de l’Union eux mêmes ? Renégocier un traité n’est pas raisonnable et même mensonger. Par contre travailler à la rédaction d’un texte nouveau est une possibilité vers laquelle la conviction européenne des candidats peut s’affirmer. L’Europe a besoin de la certitude de la poursuite de son plan de croissance, de développement durable, d’intégration, d’intelligence collective, de formation de ses citoyens, de recherche et de développement, de compétitivité. Les Français aussi. La citoyenneté doit être également au cœur du projet présidentiel et européen. Ce n’est pas une notion galvaudée. Elle a sont importance et les rédacteurs des traité ont instauré cette citoyenneté européenne. Celle ci doit être approfondie, renforcée et mieux vécue. C’est sur ce champ de l’appartenance à l’Europe que l’on attend les candidats présidentiels. Ils doivent nous donner des garanties et de l’espérance. Nous gardons le trop mauvais souvenir de l’échec du traité constitutionnel dont on sait aujourd’hui qu’il aurait mieux installé le projet européen dans les consciences.

La peur de l’autre ne doit pas être de mise dans cette campagne. Bien sûr la nationalité, la supranationalité et la subsidiarité sont des mots associés puissants et importants dont on n’entend pas le son dans la bouche des deux candidats. Ou si peu et de façon détournée. Parfois dans les entourages. Mais il faut être très très attentif. Et pourtant c’est là le cœur de notre devenir.

La France est un pays fondateur de l’Union, un pays qui compte et qui porte avec ses partenaires le projet européen. Le projet doit se tourner vers la capacité à redonner de la dignité à ceux qui sont éloignés du travail et de la formation, de la vie sociale actuelle. C’est donc maintenant que les candidats doivent s’adresser aux citoyens français mais également aux Européens car des urnes sortira celui qui bien sûr guidera les choix de la France et de façon consubstantielle ceux de l’Union européenne toute entière.

 

 

 

Présidentielle en France : Pas de feuille de route pour l’Europe.

Tout à coup l’Europe semble avoir disparu des médias. Rien plus un mot. Nada. L’Europe, l’Union européenne n’existent plus. On n’en parle plus. Les candidats aux élections européennes éludent la question comme si finalement la dimension supranationale était absente du débat pourtant essentiel. Parfois  avons nous droit à une allusion pour critiquer ce que l’Europe à pu faire et parfois bien discrètement d’autres candidats rappellent l’utilité de cette union européenne.

Mais rien en ce qui concerne l’avenir, la transformation des crises internationales en changements profonds. Peu de choses sur l’économie commune et les besoins de relance de la croissance. 3 candidats s’appuient sur la stratégie Europe 2020 mais sans jamais le dire ou y faire une quelconque référence. Et pourtant cela fait deux ans que c’est en place. A 11 jours de l’élection nous ne savons rien de la manière dont les futurs dirigeants de la France gèreront le devenir de l’Union européenne. Au mieux l’affirmation d’être des Européens convaincus ne peut nous convaincre.

Quid du projet fédéral dont les dirigeants nous abreuvaient il y a encore peu de temps ? Quid aussi des résultats des moyens mis en place pour sauvegarder l’euro et qui semble porter ses fruits puisque même l’agence de notation S&P annonce pour l’Europe la sortie de la récession pour 2014 ?

Si ce succès est là pourquoi ne pas en parler en tant qu’européen ? pourquoi les principaux candidats restent ils sur des annonces de modification de traités alors que l’on sait qu’un traité n’est pas figé et qu’il est appelé à être remplace par un autre au fur et à mesure des changements sociétaux et de leur évolution.

A 10 jours du premier tour de l’élection présidentielle nous ne savons pas grand-chose sur les questions essentielles.

Les programmes sont tellement succincts qu’ils informent sur ce qui s’est passé et non pas sur les directions à prendre. Les choix essentiels qui font vibrer ne sont pas au rendez vous.

Mais  l’Europe ce n’est pas que l’euro, la finance et l’économie. C’est aussi un mouvement psychosociologique, un tissu de cultures et de relations internationales. C’est une aspiration à vivre mieux sur cette planète, dans la paix, dans l’harmonie, dans l’échange des cultures et des communications.

L’Europe c’est aussi des valeurs auxquelles nous sommes tous attachés. Démocratie, justice, citoyenneté, solidarité en sont les mots clés. Qu’attendent ceux qui prétendent nous gouverner pour mettre ces mots en avant et les traduire en propositions concrètes ? Car sans vouloir faire plaisir à tout le monde, à dire oui à tous, il est maintenant temps de donner feuille de route car, à force de se planquer derrière les pseudo propositions, la France risque de battre son record d’abstention et attendant le deuxième tour et deux qui en auraient un peu à nous vendre.

L’évêque de Quimper et Léon rappelait l’autre jour aux Chrétiens de son diocèse de faire leur choix à la lecture de l’Evangile. Avant cela invitons donc les candidats à faire leur proposition à la lecture de textes éclairants.

Emmanuel Morucci

Conférencier de l’Union européenne – Team Europe.

 

Le ministre des Affaires étrangères polonais dévoile une vision européenne forte de l’Union.

Posted by Emmanuel Morucci on 04/04/12

Chronique d’Emmanuel Morucci – 28/03/12

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Le ministre des Affaires étrangères polonais dévoile une vision européenne forte de l’Union.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski était à Paris le 22 mars où il a précisé la vision européenne de son pays. On constate une évolution assez nette depuis que le pays a assuré la présidence tournante de l’UE et s’est trouvé confronté aux réalités de l’Union et des crises internationales. C’est désormais vers une “Europe puissance» que se tourne la Pologne. Elle rejoint ainsi la France dans sa perspective d’une Europe fédérale mais son projet est assez différent de la position défendue par le président français auprès de ses collègues du Conseil européen.

C’est en effet au niveau de la présidence européenne que les choses divergent. La Pologne voit à la tête de l’Union européenne un seul président bien identifié. Un président-incarnation connu et reconnu à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union. Là ou existe aujourd’hui un président du Conseil et un président de la Commission. La Pologne propose la fusion des deux présidences. La procédure de désignation resterait ouverte, que ce soit par le Parlement ou directement par le suffrage universel.

La Pologne entend bien compter comme pays important de l’Union. Le ministre des Affaires étrangères s’est déclaré en faveur d’une plus grande intégration européenne. La participation de la Pologne au nouveau traité en est pour lui une preuve irréfutable. Il a plaidé dans le même temps pour une Europe plus démocratique, qui à la fois respecterait les nations et répondrait aux nécessités de notre temps. Alors que dans le débat présidentiel français personne n’aborde la question, le ministre, a insisté sur la nécessité de construire un «pouvoir fédéral», et d’octroyer à l’Union un budget conséquent. Il pense en particulier à la défense, domaine dans lequel il perçoit la France comme un acteur majeur. «La Pologne a fait sienne le concept français d’Europe puissance» dit-il.

Et il va plus loin dans l’expression de la citoyenneté et le transfert de compétences. Il veut éviter tout nouveau rejet de la part des citoyens. Il a préconisé par exemple que certaines compétences, qui participent à la construction identitaire d’un Etat, soient maintenues dans le giron national, comme l’éducation ou les questions sociétales. Ainsi, dans la perspective polonaise, cela renvoie, entre autres, à la quasi interdiction de l’avortement, toujours en place dans le pays.

Reste des points de divergence liés entre autres à la politique énergétique et à l’écologie. L’exploitation des gaz de schistes au nom de son indépendance vis-à- vis du gaz russe en est un exemple. Autre controverse et ces temps de campagne présidentielle en France, la renégociation du traité souhaitée par François Hollande. «La France voudrait-elle être le pays qui rejette un texte européen pour la seconde fois ?» ironise le ministre.

Emmanuel Morucci

 

Chronique d’Emmanuel Morucci – 21/03/1

Posted by Emmanuel Morucci on 26/03/12

 

Avec la campagne pour l’élection présidentielle, l’Europe a définitivement quitté le champ de la politique étrangère pour occuper celui de la politique intérieure. Le projet européen tend même à se présenter sous une approche politique plutôt qu’économique. Les candidats à l’élection présidentielle se sont appropriés l’Europe comme thème de campagne. Il était temps car le sujet, central pour l’avenir de la France, était relégué au profit de thèmes nettement plus franco-centrés.

Reste à regarder de près ce que disent les partis politiques, ce que disent les candidats sur la poursuite du projet Européen. En réalité les thèmes abordés ne sont pas de même nature et tout semble fait pour que les citoyens ne voient qu’une dimension européenne plutôt gênante que souhaitée. Au final pas grand chose de nouveau pour ceux qui suivent le processus européen. Des approches différenciées entre le candidat de l’UMP qui veut, selon ses termes, une Europe politique et le candidat du Parti socialiste qui voit plutôt une coopération intergouvernementale que fédérale. Le ton avait été donné par M. Hollande lors de son déplacement à Bruxelles il y a quelques semaines. Mais, on le sait, il doit ménager la chèvre et le chou tant le thème européen est délicat pour le candidat socialiste dont une grande partie des soutiens, et pas des moindres, étaient à l’origine du non au référendum pour le traité constitutionnel.

Le candidat de l’UMP se déclare lui pour une Europe politique mais se positionne sur l’espace Schengen pour des raisons de protection aux frontières de l’Union. S’il conforte sa position en tant que chef d’Etat et présente ses résultats, il annonce sa vision d’un gouvernement économique mais également, en ce qui concerne Schengen, une instance de gouvernance composée des ministres de l’intérieur. Deux approches différentes l’une, économique est fédérale, l’autre, Schengen, vise une coopération intergouvernementale. Mais soulignons d’emblée que les accords de Schengen ne concernent pas tous les pays membres de l’UE et intègre des pays comme la Suisse ou la Norvège états non membres de l’Union.

Sur les contenus proprement européens les deux principaux candidats ne vont pas beaucoup plus loin que ce qui est déjà mis en pratique par la stratégie EU 2020 ou la réforme en cours de Schengen. Le président de la République le sait et confirme la direction commune européenne. Les chefs d’états et de gouvernement ont en effet déjà ratifié et mis en oeuvre la stratégie 2020 qui présente des dimensions contraignantes et fait suite depuis deux ans à la stratégie dite de Lisbonne. Pas de surprise à attendre donc puisque gouvernants socialistes européens, libéraux, centristes et Umpistes ont déjà validés majoritairement et mis en oeuvre cette politique qui se veut être d’une croissance durable, intégrante et intelligente c’est à dire basée sur la forte formation des Européens. L’objectif de l’Union étant de ramener vers la formation et le travail ceux qui en sont aujourd’hui éloignés.

Chez les autres candidats pas de surprise majeure non plus. Tout a déjà été dit. Le centriste Bayrou confirme son positionnement européen et régional, Mme Le Pen veut toujours sortir la France de l’euro et de l’Union. Quant à M. Mélenchon, il joue sur une rhétorique qui se veut à la fois souverainiste et internationaliste plutôt qu’européiste et Mme Joly occupe la place fédéraliste.

C’est sans doute là que se situe la vraie fracture entre « européistes » d’un côté et «souverainistes» d’un autre.

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Emmanuel Morucci

 

Les effets psychosociologiques des annonces des agences de notation.

Posted by Emmanuel Morucci on 21/12/11


Les effets psychosociologiques des annonces faites par les agences de notation pèsent bien plus sur le moral des peuples que les gouvernants veulent bien le dire. Plusieurs sentiments se mêlent, le premier est ce degré d’incertitude qui envahit l’esprit. Le « qu’allons-nous devenir demain ? » . Les médias ajoutant à l’information économique et financière, qui en elle-même est à sa place dans le processus,

Une dramatisation qui obère la rationalité d’un jugement. Si l’on ajoute à cela le manque de connaissance du sujet, de la globalisation, des méandres de la finance internationale, le stress devient complet. La porte s’ouvre alors toute seule aux propos protectionnistes et aux comportements mettant en avant l’émotion plutôt que le rationnel.

Vient ensuite le sentiment de colère chez les peuples qui se sentent dépossédés de leur souveraineté. Et pour une fois la menace ne vient pas directement d’un autre Etat facilement identifiable mais par des structures associées au monde bancaire et dont l’immense majorité d’entre nous ignorait l’existence. Ces agences de notation sont apparues presque du jour au lendemain et ont donné l’impression de commencer un travail de sape des Etats membres de l’Union européenne. A commencer par les plus fragiles, ceux que les Allemands appellent les pays du Club Med.

L’impuissance apparente des chefs d’Etats et de gouvernement augmente le sentiment d’incertitude et donc d’insécurité. D’autant que les cultures nationales n’appréhendent pas le problème de la dette de la même manière. Nous assistons alors à une double incompréhension chez les citoyens de l’Union d’autant que la structure institutionnelle de l’UE et tout particulièrement dans son rapport à la Banque centrale ne laisse pas de marge de manœuvre au politique.

Mais la question économique et tout particulièrement celle de l’emploi et donc de la croissance s’ajoute aux menaces formulées par les agences de dégrader les triples A de la France, de l’Allemagne, le la Grande Bretagne. Premier effet visible les Britanniques se sont clairement désolidarisés de leur propre appartenance à l’UE. D’autres au contraire, comme la Pologne, ont affirmé avec force leur engagement européen. Les discours du premier ministre et du ministre des affaires étrangères en donnent des indications précises. C’est ce contre feu que l’Union attend, une solidarité de fait certes mais sans faille.

Du point de vue psychosociologique, le signe le plus important serait maintenant qu’un pays comme la Pologne entre dans la monnaie unique et en entraîne d’autres vers l’écriture d’un nouveau traité dont les termes seraient ceux d’une gouvernance forte en matière d’économie mais aussi en matière sociale. Ce serait bon pour le moral des peuples et des gouvernants.

De leur côté les agences de notation doivent s’interroger sur ce qu’elles provoquent. Sans doute pas innocemment. Mais le jeu est dangereux car il peut mener au mieux à de l’indignation au pire à un « printemps » mondial. Elles en porteraient alors avec le système bancaire l’entière responsabilité et ce n’est pas sûr qu’elles en sortent gagnantes.

Emmanuel Morucci

 

Un sommet pour la souveraineté de l’Europe de demain

Posted by Emmanuel Morucci on 08/12/11
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La question n’est plus de savoir qui de l’Allemagne ou de la France a perdu de sa souveraineté. Le problème est désormais d’amener le projet européen à son terme. Lors de sa déclaration Schuman proposait un modelé de construction européenne. Lui même répondait à cette idée véhiculée depuis Victor Hugo puis par Winston Churchill, ou encore Aristide  Briand de porter sur les fonds baptismaux les Etats-Unis d’Europe. Et puis peu à peu l’idée s’est effacée au profit d’une coopération intergouvernementale qui a éloigné de son but initial le projet initial.

Tout cela n’était pas bien grave du moment que l’on préservait la paix et la croissance étant là durant plusieurs années, la compétition entre les Etats membres était la norme communément admise.

Seulement voilà depuis quelques années les crises économiques et monétaires ont accentué cette compétition et les pays ont tenté de se distinguer les uns des autres en oubliant à la fois valeurs et acquis communautaires. Les nouveaux entrants ont accentué la pression et d’autre part ceux qui n’ont pas voulu rejoindre l’euro ont fragilisé la monnaie commune face a ses grands concurrents comme le dollars, le Yen et aujourd’hui le yuan chinois.

Le système économique a organisé les délocalisations pensant laisser aux pays riches les fortes valeurs ajoutées sans les contraintes de la production et un difficulté dialogue social. si l’on rajoute a tout cela la rareté et la cherté des énergies nous avons un bouquet final.

Aujourd’hui les dirigeants allemands et français sont a la barre du devenir de l’Union européenne et le choc est brutal. Comment faire valider en quelques jours ou quelques semaines par les peuples ce que qu’eux mêmes ont contribué à éviter. Les agences de notations et le système bancaire international veut précipiter la prise de décision par ceux qui se sont laisser dépouiller de leur compétence. Ce n’est plus par idéologie volontaire qu’il faut faire l’Europe de la gouvernance mais par contrainte.

Le monde a besoin de stabilité et l’Europe construite est un de ces facteurs. Et pourtant, nous avions les cartes en main lorsque le traité constitutionnel a été présenté. D’ailleurs où sont ceux qui l’ont démonté aujourd’hui ? Qui d’entre eux en reparle ?

Un sommet va entériner les axes définit par la France et l’Allemagne. Si le projet passe, il laisse de la rancoeur chez les 25 autres qui ne sont pas apparus médiatiquement dans les négociations d’écriture d’un nouveau Traité.  A ce jour prenons ce qui passe et le choix franco-allemand comme une chance pour aller plus loin à court et moyen terme, pour organiser la réplique politique aux marchés et asseoir l’UE ou tout au moins la zone euro dans les perspectives de gouvernance fédérales qui lui sont désormais  nécessaires et qui formeront notre cadre institutionnel habituel de demain.

 

Ce que l’Europe apporte aux territoires bretons, colloque à Brest le 23 novembre.

Posted by Emmanuel Morucci on 19/11/11

Bonjour,

 

Nous avons le plaisir vous faire parvenir le programme détaillé du colloque que nous organisons en partenariat avec le Conseil Régional de Bretagne et la Préfecture de Région sur le thème: “Ce que l’Europe apporte aux territoires bretons”.

 

L’objectif de ce colloque, qui aura lieu à l’ESC Brest le mercredi 23 novembre de 10h à 17h, est de mieux faire connaître les fonds européens utilisés en Bretagne et de les présenter aux élus, institutions et acteurs locaux concernés afin d’encourager l’élaboration de projets à dimension européenne.

 

La matinée sera consacrée à la présentation générale des fonds européens présents sur territoire breton.

L’après-midi s’articulera autour de 5 tables rondes, de nombreux acteurs bretons évoqueront leurs projets à dimension européenne et partageront leurs expériences.

 

La conclusion de cette journée sera faite par M. Wallon de la Direction Générale de la Traduction au bureau de la Représentation française de la Commission européenne, spécialiste des langues régionales.

 

Inscriptions à l’une des tables rondes: europedirect@maisoneurope-brest.eu ou au 02 98 46 60 09.

 

L’ensemble de l’équipe de la Maison de l’Europe reste à votre disposition pour plus d’informations.

 

Avec nos plus sincères salutations,

Emmanuel Morucci

Président

 

Maison de l’Europe de Brest

Centre Information Europe Direct Bretagne Ouest

16 rue de l’Harteloire – 29200 Brest

Tél: 02 98 46 60 09

www.maisoneurope-brest.euprogramme détaillé colloque 1 page

 

Morucci Europe Blog rss

Docteur en Sociologie, Emmanuel Morucci est spécialiste de la construction européenne et des organisations. more.



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