9 mai Journée de l’Europe : Prendre conscience du projet européen et réactiver le militantisme européen

Le 9 mai, fête de l’Europe, en cette année européenne de la citoyenneté, est le moment de rappeler l’importance de la construction européenne pour les citoyens, que nous sommes, dans sa dimension intérieure mais également dans l’équilibre mondial. En effet, l’Europe n’est aussi qu’ une région du monde. C’est ce double mouvement qui est à prendre en compte et qui nécessite, pour être compris, une prise de conscience du projet européen dans sa globalité.

L’UE est aujourd’hui décriée et inquiète. Image, confiance, optimisme dans l’avenir de l’Union, ces trois indicateurs enregistrent des chutes sévères dans les opinions. Pour expliquer cette détérioration d’image, on pense dans un premier temps à la crise financière et économique…Avec des pays plus impliqués que d’autres. Mais une analyse nationale plus fine réalisée par Eurobaromètre démontre que les déterminants des attitudes à l’égard de l’Europe ne sont pas uniquement économiques. De plus en plus d’européens sont tentés par une forme de repli sur soi. Cette situation serait due à la vision tronquée et incomplète qu’on les citoyens vis à vis de l’Union européenne.

Une explication partielle est que les responsables politiques ne mettent que trop peu souvent l’Union européenne en avant mais utilisent les projets européens comme étant de nature nationale ou régionale. C’est souvent le cas, par exemple,  de la Stratégie Europe 2020 souvent utilisée, mise en application mais rarement citée. D’où une absence d’identification de l’action européenne au niveau local ou national.

A un an des élections européennes, importantes, car de la majorité politique sortira la  physionomie de la Commission européenne et la Présidence du Conseil. L’enjeu  est  donc de restaurer la vision que les Européens ont de l’Union. L’explication approfondie de ce que fait réellement l’Union en matière de stabilité et de relations internationales est une action prioritaire. Tout comme il convient de réaffirmer que l’Europe est une culture, vécue et partagée, un espace de liberté et de paix et pas seulement un marché. L’UE est un espace politique ou des choix structurels nouveaux doivent désormais être faits. Deux outils pour y arriver : la mise en application réelle de la subsidiarité et la prise en compte de la dimension interculturelle de la construction européenne.

L’orientation, après les élections de 2014, vers une véritable gouvernance de l’UE implique l’incarnation de la présidence de l’Union et l’émergence de son caractère fédérateur. Mais cela oblige à un partage de certaines souverainetés, de compétences. C’est la condition pour que notre Europe puisse se positionner, dans le respect de ses valeurs, dans le concert des nations et des autres régions planétaires.

Restaurer ce soutien à l’Union européenne, passe par une présence plus soutenue de l’Union européenne auprès de ses citoyens et une reconnaissance de l’entité européenne par les gouvernements. Ils doivent passer à un projet beaucoup plus fédérateur, visible et lisible par les citoyens européens. L’UE doit aussi monter qu’elle est à leurs cotés.

 

 

Discours de Châlons-en-Champagne : François Hollande place la France dans le fédéralisme régional et européen.

Par Emmanuel Morucci

« J’entends confier aux présidents de région la responsabilité de gérer les fonds européens consacrés au développement de leur territoire ». Cette petite phrase prononcée lors du discours du Président de la République à Châlons-en-Champagne est passée presque inaperçue. Les médias n’en ont peu ou pas parlé. Dommage. Et pourtant en affirmant que les régions allaient décider de l’affectation des fonds européens le président a donné des indications importantes pour l’orientation européenne et régionale de la France.

 

En premier lieu le président Hollande apporte une réponse concrète au principe de subsidiarité (Maastricht) qui veut que les questions doivent se régler au niveau le plus proche des citoyens. Ensuite il reconnaît les spécificités et particularismes régionaux.

La croissance et l’innovation ne peuvent se construire que dans la compétitivité des territoires, en fonction de leur spécificité et de leur environnement. Ce n’est pas nouveau dans le sens où il met ici en application d’une part la stratégie Europe 2020 voulue et mise en place en 2010 par la Commission européenne et d’autre part des éléments lourds de la réforme territoriale initiée par son prédécesseur.

 

Il appelle cette dernière « décentralisation » mais comme dans le précédent projet les métropoles et pôles métropolitains sont appelés à agir dans le cadre financier européen pour porter l’innovation, les formations adéquates aux besoins des acteurs économiques, l’inclusion sociale, la croissance et l’adaptation de l’Union et des territoire nationaux et régionaux aux défis de notre temps. Il s’agit pour les territoires régionaux de trouver leur place dans le paysage européen et globalisé.

 

On peut entendre également dans ce discours un message vers la responsabilisation des entités politiques que sont les régions et, sinon un certain transfert de « souveraineté » tout au moins une nouvelle autonomie dans la gestion des affaires économiques et sociales. La gestion des fonds européens concerne entre autres le FEDER, le Fonds européen de développement régional ou encore le FSE Fonds social européen. Sans le dire clairement, le président place la France sur le chemin de la plupart des autres Etats membres. En clair, le président socialiste annoncerait-il doucement le double pas vers le fédéralisme intérieur et européen ?

 

Le fédéralisme européen ne peut se faire sans cette double démarche de transferts de compétences. L’Etat nation devant alors se concentrer sur les missions régaliennes qui sont les siennes. Il le confirme lorsqu’il affirme que les « régions iront plus vitre que l’Etat». Se pose alors une question : quid des interventions et gestions de l‘Etat dans les affaires économiques, la cohésion sociale nationale ? Quel débat citoyen va définir les nouvelles modalités qu’implique la petite phrase de Châlons qui revêt, dès que l’on veut bien la décortiquer, une importance centrale dans le développement régional de la France en Europe ? D’autant que le Président le confirme : « Mobiliser les territoires, c’est donner aux régions la place et la responsabilité qu’elles doivent avoir ».

A nous de voir.

 

Création d’un observatoire du pluralisme culturel et religieux (OPCR). La liberté religieuse devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Posted by Emmanuel Morucci on 10/07/12

Posted by EU-Logos on 10/07/12

C’est une initiative inédite, à mi-chemin du religieux et du politique, au croisement du public et du privé. Un Observatoire du pluralisme culturel et religieux devrait être officiellement lancé en France au début du mois d’octobre. Pensé à l’origine par des responsables catholiques et protestants soucieux d’alerter l’opinion publique sur le sort des chrétiens d’Orient et du Nigeria, le projet a évolué.

L’ambition de l’équipe, également composée de responsables musulmans et juifs et présidée par l’éminente  juriste Mireille Delmas-Marty, membre de l’Institut, professeur au Collège de France est de montrer les « atteintes de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves à la liberté de conscience, à la liberté d’expression et à la liberté religieuse à travers le monde et de favoriser l’émergence de sociétés pluralistes », selon les concepteurs du projet. Rappel er  ces objectifs, c’est aussi rappeler le contenu de contenu de la Charte européenne des droits fondamentaux. On a vu le Conseil des ministres de l’UE et le Parlement européen devenir plus sensible à cette problématique et l’évoquer dans l’enceinte officielle de  leurs travaux

Car si l’association a un statut privé, elle a bénéficié pour son lancement de l’aide financière du ministère des affaires étrangères français, qui a apporté une subvention de 200.000 euros sur un budget annuel estimé à 400.000 euros. Elle a aussi reçu le soutien du Sénat. Il veut s’inspirer en partie du rapport annuel du département d’Etat américain qui examine 198 pays en matière de liberté religieuse. Il est clair que toute initiative propre à la préservation et à la promotion du pluralisme des cultures et des religions, ne pourra que faire grandir la paix et la fraternité entre les hommes. C’est pourquoi Cette initiative rencontre aussi les préoccupations récurrentes de l’Union européenne, qui envisage de financer des associations à même d’informer sur la liberté religieuse à travers le monde. L’Observatoire français, qui espère être retenu et subventionné dans ce cadre, table aussi sur le mécénat pour compléter son budget. Pourtant les préoccupations de l’Union européenne n’ont pas reçu à ce jour une concrétisation visible. Pourtant les occasions ne manquent pas  faire décoller de tels projets : régulièrement à l’initiative de la Commission européenne, le Conseil et le Parlement européen rassemblent les dirigeants des communautés religieuses, de convictions, et autres organisations non confessionnelles. La Commission européenne entretien un dialogue ouvert, transparent et régulier avec toutes ces communautés. Le traité de Lisbonne, faut-il le rappeler, inscrit ce dialogue dans le droit primaire (article 17 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ,TFTUE). Outre des séminaires réguliers avec les différents interlocuteurs, une rencontre annuelle de haut niveau est organisée avec les dirigeants des communautés religieuses et une autre avec les représentants des organisations philosophiques et non confessionnelles. La prochaine rencontre aura lieu le 12 juillet prochain et portera sur la solidarité intergénérationnelle et les défis démographiques à relever partout en Europe. Un des derniers séminaires organisés a été consacré précisément (le 30 MARS 2012) à « la liberté de religion, un droit fondamental dans un monde qui change rapidement ».

Sur le fond, il puise en partie son inspiration du rapport publié chaque année par le département d’Etat américain, qui passe à la loupe 198 pays en matière de liberté religieuse et dresse une liste des « pays particulièrement préoccupants ». Le dernier rapport a pointé la Corée du Nord, l?Iran ou la Russie. Mais ce travail n’oublie pas les démocraties comme la France ou l’Allemagne, régulièrement épinglées pour les restrictions imposées à l’expression publique des religions (avec notamment les situations liées au port du foulard islamique).

Si les promoteurs du projet, français, reconnaissent que les minorités chrétiennes dans les pays à majorité musulmane sont particulièrement visées par les atteintes à la liberté religieuse, ils tiennent à souligner le caractère « oecuménique et laïque » du projet, avec une préoccupation revendiquée pour « la défense des droits de l’homme en général ».  Il s’agit à la fois d’élargir la vision anglo-saxonne donnée par le département d’Etat sur cette question et de sortir de la vision uniquement chrétienne, relayée par des associations catholiques comme l’Aide à l’Eglise en détresse.

Ouvrir des chemins de paix dans une perspective œcuménique et interreligieuse tel est le thème dominant de la présentation de l’OPCR , le 6 février 2012

L’Observatoire du Pluralisme des Cultures et des Religions est un projet qui a germé au lendemain des nombreuses agressions subies par les chrétiens en Irak. Une mobilisation ocuménique, en 2008, a permis de sensibiliser l’opinion publique française autour de leur situation en Irak, au Proche et Moyen-Orient. Mais il a semblé alors qu’il ne fallait pas se focaliser sur les seuls chrétiens. C’est le pluralisme des cultures et des religions qu’il faut défendre aujourd’hui. S’est donc  constituée une Association qui réunit une grande diversité de personnes attachées à la défense de ce pluralisme. Le projet d’un observatoire en est issu, sous le nom d’Observatoire du Pluralisme des Cultures et des Religions au service des Droits de l’Homme(OPCR).

La création de cet Observatoire a été annoncée au Sénat mardi 31 janvier 2012. L’initiative en revient a des femmes et des hommes d’opinions, de convictions et de croyances diverses, tous soucieux des atteintes de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves à la liberté de conscience, à la liberté d’expression, à la liberté religieuse, et tous désireux d’agir pour le respect des droits fondamentaux de la personne humaine, condition d’une paix mondiale véritable. Une seconde étape du processus de lancement interviendra dans la seconde quinzaine du mois de mai 2012. La constitution définitive de l’Observatoire, son organisation, ses méthodes de recueil et de traitement des observations et son site internet trilingue (anglais, français, arabe) seront présentés à la presse nationale et internationale à cette date en présence du Président et des membres du Conseil d’Administration et du Conseil d’Orientation.

Le cœur du site internet d’information sera constitué par les données recueillies et certifiées par l’Association et le réseau de correspondants qu’elle constituera et développera. S’agrégera un second niveau de données puisées auprès d’organisations similaires dont la fiabilité sera garantie. Enfin un troisième niveau de données permettra aux informations quotidiennes de venir compléter la situation, sans pour autant offrir la garantie d’objectivité de l’OPCR. Un tel site est appelé à devenir un précieux instrument pour les diplomates, les industriels, les associations, les responsables religieux ou les simples voyageurs qui y trouveront les informations nécessaires à une juste compréhension des données culturelles et religieuses des pays où ils voyageront et travailleront. Mais l’OPCR a aussi pour ambition qu’il soit plus encore un instrument au service des Droits de l’Homme et du respect du pluralisme des cultures et des religions.

 

 

Les fondateurs de l’OPCR ont souligné leurs motivations fondamentales :« La planète humaine vit des moments difficiles. La chute du mur de Berlin n’a pas apporté la paix mondiale espérée. A la guerre froide ont succédé une multitude de conflits de toutes natures et une montée dangereuse des terrorismes. Les crises, pétrolière, alimentaire, financière, culturelle, se sont multipliées. Parce qu’elle développe des inégalités grandissantes et parce qu’elle fait peur, la mondialisation peine à se faire humaine malgré les initiatives et les réalisations positives de beaucoup de personnes et de groupes sur tous les continents.

Dans ce contexte difficile, le pluralisme culturel et religieux, fondement majeur du vivre-ensemble mondial, est de moins en moins respecté en de nombreuses régions du monde. Ce non-respect se traduit par des atteintes de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves à la liberté de conscience, à la liberté d’expression et à la liberté religieuse. Nous le voyons chaque jour, en Irak, en Inde, au Nigéria, en Chine, en Iran, en Egypte et en bien d’autres pays encore. Cette situation est indigne d’un monde qui se veut respectueux de chaque personne humaine quelles que soient ses convictions et ses croyances. Ne nous y trompons pas à terme, un tel mépris menace la paix du monde et donc l’avenir de nos enfants. Il devenait urgent de réagir. Il devenait impératif d’agir. La création de l’OPCR répond à ce besoin. »

La liberté religieuse devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU

 

Durant la XXe session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le 6 juillet à Genève, l’?observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève, Mgr Silvano Tomasi, s’y est exprimé à plusieurs reprises. Interrogé par Radio Vatican, il revient sur la question de la liberté religieuse, exprimant son inquiétude face à l’augmentation des violences commises contre les chrétiens. L’observateur du Saint-Siège a abordé des questions jugées importantes « pour le bien-être de plusieurs pays et de la communauté internationale » : parmi elles, le droit à l’éducation, la violence contre les femmes et la liberté religieuse. Des résolutions ont été adoptées concernant les droits de l’homme en Syrie, en Érythrée et en Biélorussie, indique Mgr Tomasi. Il a également été décidé d’envoyer dans ces pays des rapporteurs spéciaux pour que le Conseil des droits de l’homme puisse disposer d’informations valables à leur sujet, et prendre des décisions en conséquence.

Mgr Tomasi insiste sur l’urgence de la question de la liberté religieuse, dont il précise qu’elle comprend la liberté de croire, mais aussi celle de ne pas croire. Il souligne que le respect de cette liberté est fondamental pour pouvoir construire des communautés solides. Ce respect, facteur d’union, est selon lui une condition nécessaire pour le développement d’un pays. S’il n’est pas réel, il entraîne en effet une déstabilisation qui se manifeste par des crises répétées et des accès de violence, comme c’est le cas aujourd’hui au Nigeria et au Kenya, où les chrétiens sont la cible, depuis plusieurs mois, d’attentats islamistes. Mgr Tomasi s’inquiète de l’augmentation de l’hostilité envers les communautés chrétiennes dans le monde. Il affirme que les dérives dont elles sont victimes ne peuvent être que nuisibles pour la paix et la communauté internationales.

L’observateur permanent du Saint-Siège à Genève reconnaît aussi des avancées récentes en faveur de la liberté religieuse. Il évoque notamment la création à Rome d’un Observatoire sur la liberté religieuse : un observatoire laïc, dont le but est de promouvoir l’étude, l’analyse et la surveillance du respect de la liberté religieuse dans le monde. Cet observatoire est conçu comme un prolongement concret de la réflexion sur les droits relatifs à la liberté religieuse : il a pour objet « les mécanismes qui facilitent l’application de ces principes ». En définitive, insiste Mgr Tomasi, contre cette progression inquiétante des conflits intercommunautaires, il s’agit de « créer une mentalité favorable au maintien de la convivialité ».

 

Europe : le sommet qui ouvre les bras à l’intégration politique.

Si ce n’est le sommet de la dernière chance, le Conseil européen qui s’ouvre ce jeudi est capital. C’est cette semaine que l’Europe décide de son avenir politique. Que peut il se passer durant ces rencontres qui confirment et c’est la crise qui nous l’apprend, qu’il existe une forte interdépendance entre les Etats-membres et pas seulement au niveau économique. Pour les peuples et gouvernants c’est sans doute difficile d’abandonner des parts de souveraineté et c’est pour cela  que la communication est compliquée.

Cinq gros sujets attendent les chefs d’états et de gouvernement. la Grèce, bien sûr mais aussi et surtout la crise des dettes souveraines associée à celle du système bancaire, la nécessaire croissance dont la Commission européenne a posé les exigence il y a plus d’un an maintenant et un manque de gouvernance européenne

Dettes, croissance et gouvernance voilà le triangle dangereux pour les dirigeants européens. Qui engendre toute une série de cercles vicieux : les banques en mauvaises santé ne peuvent financer l’économie et une mauvaise économie ne peut aider les banques. A cela s’ajoute la crise des dettes privées,

Le jeu est donc complexe pour le Conseil européen. Il s’agit de relancer la croissance mais encore faut il définir le type de relance et annoncé les moyens concrets mis en oeuvre. L’objectif ici est de rassurer les marchés et d’augmenter la capacité de confiance des Etats membres.

Dans le même temps, et c’est un lourd sujet de discussions, il convient de renforcer la rigueur budgétaire par des réformes structurelles et des investissements bien ciblés. Une proposition possible est de passer par une reprogrammation des fonds structurels européens notamment ceux programmés et non dépensés. Il reste en effet des fonds de la période 2009/2010 qui pourraient revenir  dans les budgets des Etats-membres.

Le sommet aborde dans son programme déjà chargé la question des ressources propres et donc revoir les perspectives financières. Les gouvernants reprennent ici les recommandations spécifiques par pays proposé par la Conseil Européen du 30 mai

Un pas vers l’Union bancaire et la nomination de l’institution qui devrait être le superviseur européen. La banque centrale européenne pourrait devenir  ce superviseur être dotée de plus de pouvoirs. Ce qui est réclamé par plusieurs pays.

Le sujet qui fâche le nouveau président français avec la chancelière allemande  est celui qui touche à l’Union budgétaire et le renforcement du mécanisme européen de stabilité. La question des Euro bonds, approfondissement en matière d’intégration budgétaire devrait se traduire par l’adoption de 2 mesures importantes. (2packs)

Enfin, une plus forte intégration, et donc le transfert de souveraineté vers la dimension européenne que peut passer que par le renforcement de la légitimité de la démocratie européenne. Elle est  nécessaire si intégration bancaire, budgétaire. Et pourquoi pas l’existence d’un président de l’Union européenne alors président du Conseil et de la Commission.

Le moment est moment grave.et nous ne sommes pas à une croisée des chemins rappelait ce mardi le commissaire européen Michel Barnier. Ou bien on va vers l’intégration  et cela nécessite du courage politique dans chaque pays et collectivement ou bien c’est le détricotage du projet européen et pas seulement de la zone euro.

 

Quel chemin va suivre la France en Europe ?

Posted by Emmanuel Morucci on 25/06/12
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Maintenant que les temps de campagne électorale sont passés la question est directement posée à tous ceux qui en écrivent le scénario.

La situation financière de l’Europe tout au moins de certains pays n’est pas la seule dimension à prendre en compte tout comme l’Europe ne peut être réduite au débat entre croissance et austérité. D’ailleurs tout le monde est bien d’accord sur l’idée d’un développement basé sur la croissance. Tous les textes économiques et stratégiques l’indiquent depuis des années et il convient de rappeler que les textes fondateurs de la communauté puis de l’union évoquent la prospérité.

Le problème est que la France redevient un pays bloquant l’avancée européenne. Alors que la prise de conscience allait enfin vers l’acceptation par les gouvernements d’une gouvernance commune et le transfert de compétences depuis les Etats membres vers la dimension supranationale, la France, par la voix de son ministre des Affaires européennes déclare que « la reforme institutionnelle ne peut être un préalable ». Autrement dit sous l’alibi d’une demande exprimée de croissance et dont personne ne doute de la nécessité le processus d’intégration européenne est à nouveau, et momentanément espérons-le, bloqué.

Il avait pourtant fallu des mois et des mois de négociation pour arriver à une transformation des esprits. Là encore on ne peut réduire la situation à l’opposition entre François Hollande et Angela Merkel. Ce n’en est qu’un symptôme. Et ce n’est pas seulement un traité qui est en cause car tout traité est appelé a être remplacé, adapté aux situations. C’est donc bien plus profond.

Et le problème est désormais bien français. Puisque Allemands, Polonais s’efforcent depuis des mois à faire avancer l’Union, pour sauver sa zone euro mais encore pour organiser structurellement le terroir européen en l’adaptant aux défis nombreux de notre temps.

L’analyse des mots et concept utilisés par les nouveaux gouvernants du pays (comme intégration politique) est un travail nécessaire et il sera important afin que la compréhension soit complète pour tous que l’on en établisse un glossaire.

Mais il faut souligner le discours du candidat président lors de son déplacement à Bruxelles et les tonalités souverainistes qu’il contenait. Il est désormais utile de rapprocher la position de celui qui est devenu ministre des affaires étrangères comme celle de son ministre délégué aux affaires européennes et qui, avaient, l’un et l’autre mené le combat contre le traité constitutionnel. En appelant à voter non, ils avaient ainsi fait tomber la structure d’une Europe intégrée et laissant une vraie place à la citoyenneté européenne au profit de ce qui a été une période de turbulences et de dommages pour les pays européens, l’union et ses citoyens. Le rattrapage partiel pour le traité de Lisbonne étant complètement insuffisant et insatisfaisant.

Les choix vont devoir être fait très vite. Le sommet de la fin du mois devra donner des résultats. Le risque d’une catastrophe sera dans le cas contraire bien grand.

Emmanuel Morucci

 

Europe Fédérale, Europe Sociale au menu de la fête de l’Europe à Cabourg

Je participe, en tant que conférencier de la Commission européenne, membre du Team Europe think tank,  ce samedi 19 mai aux manifestations organisées par le Mouvement européen de Cabourg à l’occasion des fêtes de l’Europe. j’interviendrai au cours d’une conférence sur les thèmes de «   L’Europe Fédérale – L’Europe Sociale – L’Europe Solidaire”.

Je serai aux côtés de :

- Klaus-Heinrich Standke, Président du Comite  du triangle de Weimar, Président d’Honneur du ME Cabourg

- Yves Gernigon, Président   du Fédéralisme en Basse-Normandie

- Nico Bley, Président National du  ME Luxembourg

- Bernard Deladerrière, Vice-Président du ME France, Président de la Commission Nationale franco-Allemande du ME.

 

 

L’enjeu: repositionner la construction européenne

Posted by Emmanuel Morucci on 16/05/12

La campagne présidentielle très franco-française avait occulté l’Europe. Au lendemain de l’investiture du président Hollande l’Europe revient au premier plan de l’actualité. La Grèce inquiète l’Union. Les élus de la législative ne se donnent pas les moyens de constituer un gouvernement et le refus d’appliquer les conditions drastiques que la communauté européenne veut imposer en échange du financement de la crise. Le risque est désormais sérieux de voir le pays sortit de la zone euro et peut même de l’Union européenne.

La question a été au cœur de la rencontre entre la Chancelière allemande et le nouveau président français. A l’unisson les deux chefs d’état ont affirmé l’importance de l’unité européenne et leur volonté de maintenir la Grèce dans la monnaie unique.

L’enjeu est important. La contagion pourrait alors s’étendre et le président français fort de ses promesses électorales serait alors en devoir de jouer les pompiers afin de protéger la France d’un risque lourd.

La soirée allemande  a été cordiale. Comme prévu le président français a été accueilli les bras ouverts par Mme Angela Merkel.  Mais l’un et l’autre sont semble-t-il resté sur leurs positions. Règlement de la dette et croissance, un pas fait l’un vers l’autre. Sauvetage de l’économie mais aucune information concernant la gouvernance commune de l’économie européenne.

Et cela est bien dommage car au moment où les français célèbrent leur nouveau président l’Asie avance vers la mise en place d’une zone de libre échange. En effet, les dirigeants des trois grandes puissances économiques  que sont la Chine, le Japon et la Corée réagissent au ralentissement économique en Europe et Amérique du nord  et décident de renforcer les échanges commerciaux à l’intérieur de leur zone économique.

Une raison de plus pour aller vers plus d’Europe et une Europe très structurée. L’union revoir à la baisse ses prévisions pour 2012 et 2013 avec un recul de 0,3% du PIB, des risques de récession pour au moins 4 pays et des déficits qui se creusent pour atteindre les 3,2% du PIB global en 2012.

Tout cela n’est guère réjouissant car la dette de la zone euro devrait atteindre 91,8% du produit intérieur brut. Elle devrait encore s’alourdir en 2013 pour passer à 92,6%.  Pour la France les Chiffres de 2013 devrait s’aligner sur les 92 ?5% du PIB.

Des chiffres qui montrent combien l’interdépendance entre les pays européens est étroite, que les élections nationales sont en fait des élections européennes et qu’un pays ne peut annoncer ses propres choix sans tenir compte des choix globaux pour le marché intérieur et des relations avec les autres régions du monde qui n’attendent pas, à raison,  pour avancer leurs propres pions.

 

 

Journée de l’Europe sous le signe de l’incertitude.

En ce 9 mai 2012, la Journée de l’Europe fête son vingtième anniversaire dans des conditions d’incertitude jamais connues.

Une incertitude due à la situation financière de plusieurs pays de l’Europe du sud et leur course poursuite derrière les organismes financiers mondiaux. Face aux crises, face à l’élection grecque,  celle en France pays porteur de la construction européenne qui vient de voir la victoire de Monsieur François Hollande fait presque figure de non évènement.

La situation est vraiment sérieuse et ce qui avait été tenu a bras le corps par les acteurs de l’avant 7 mai doit être impérativement poursuivi sous peine d’un éclatement réel de l’Union européenne. Et la diplomatie ne peut travailler qu’avec les Allemands. Elle doit échanger dans le même temps avec la Pologne, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande qui présente le Traité budgétaire à référendum le 30 de ce moi de mai et tous les autres Etats membres.

Un impératif est de revenir aux fondamentaux de la construction européenne.  Ceux que Robert Schumann appelait « la responsabilité des Européens ». On ne peut les galvauder car c’est sur eux que les Européens sont d’accord. Ils installent tout ce qui a fait qu’ils sont signés ensemble. L’Union européenne est pour nous une évidence, un fait social, politique et diplomatique. Bien sûr elle nous irrite parfois par ses complexités, son éloignement supposé mais ses réussites sont incontestables. Robert Schuman a eu une vision prophétique écrivait récemment Jacques Rigaud. Il a inscrit nos vies dans un contexte totalement inédit sur la planète, de paix et de fraternité entre les peuples d’Europe. Toute notre existence est inscrite dans ce cadre européen, en termes d’études, d’engagements professionnels, de perspectives culturelles, de voyages et d’échanges. L’Europe est notre espace de vie. Un territoire à la dimension des Européens et de leurs cultures.

Mais cette construction nécessite une éthique claire. La première règle est que lorsqu’un traité est signé,  il ne se renégocie pas. Sinon c’est la fin de la solidité de l’Union européenne. Par contre travailler  un contenu d’un nouveau traité, pour faire avancer l’Union toute entière, cela oui, c’est une nécessité permanente. Un traité n’est jamais figé dans le marbre. On l’avait déjà dit, on l’affirme à nouveau Un traité remplace un autre traité.

L’Europe prend en compte les choix politique des Etats membres mais elle doit assurer la sécurité et la pérennité de l’ensemble. C’est ce que l’on appelle l’intérêt communautaire. C’est le sens de la réunion du 23 mai prochain.  L’objet est de réduire au maximum cette incertitude et ouvrir de la lisibilité pour les européens et leurs partenaires.

Pour cela il faut faire attention aux termes et concepts utilisés dans chacun de nos pays. Le mois croissance est un de ceux là. Comme le mot laïcité il n’a pas la même compréhension dans les vocables latin et anglo-saxon. S’il parle de relance partout en France il s’agit d’une relance par la dépense publique tandis que chez nos voisins il s’agit d’agir sur la flexibilité et l’adaptation du travail. Alors bien sûr tout le monde est d’accord pour relancer la croissance. La difficulté va être de s’entendre sur les termes. C’est la dimension interculturelle de la construction européenne. Le temps est sans doute venu d’écrire un glossaire européen.

A coté des affaires financières et monétaires, il y a la citoyenneté européenne dont nos candidats n’ont pas abordé le thème durant leurs campagne. Cette citoyenneté qu’il convient d’approfondir afin d’un faire un véritable élément de progrès pour chacun d’entre nous et un outil de développement collectif pour l’Union européenne. Plus que jamais créer le sentiment d’appartenance à l’Europe est essentiel. C’est une priorité face à la montée des extrêmes droite et gauche et leur anti européanisme affirmé.

Cette semaine, fête de l’Europe, cette dernière est confrontée, comme elle l’a été sans aucun arrêt, même si en France on peut avoir l’impression que le monde s’est arrêté le temps d’une campagne électorale, aux réalités de notre temps. Souhaitons bon vent, bonne mer à ceux qui vont engager notre vie future et quotidienne.

 

 

 

Un thème de débat pour les deux candidats : le 9 mai jour férié pour l’Europe ?

Pas facile d’écrire une chronique dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle. Il s’agit de ne parler ni de l’un ni de l’autre. Comment faire lorsqu’il s’agit de traiter de la question européenne ? Celle-ci est centrale et tous les champs de la vie économique, sociale, politique, internationale, toutes les relations internationales, celles de l’approvisionnement des énergies, des choix diplomatiques, celles des conflits et des relations interculturelles ou inter-civilisationnelles parfois même inter-religieuses concernent ou intéressent les dimensions européennes.  Celle de l’Union comme celle du Conseil de l’Europe. L’Europe des 27 comme celle des 47.

D’ailleurs l’Europe a été bien peu abordée durant cette campagne. Et au matin du grand débat, le thème n’était annoncé qu’en toute fin de programme soit vers 23h30. On se demandait si les deux prétendants auraient encore quelques forces pour développer le sujet central de notre vie quotidienne mais complètement occulté par une montée en puissance des extrêmes de gauche et de droite.

Pour amener les candidats à parler d’Europe, je tente de placer le 9 mai comme jour férié à la place du 8 que plus personne ne considère dans l’Union comme un jour chômé. Ce n’est pas une fête tout au plus une commémoration. Par contre faire du 9 mai, journée de l’Europe, temps officiel de la fête des Européens pourrait avoir du sens. Le temps pourrait être de nature à développer le sentiment d’appartenance à l’Union qui fait cruellement défaut. Installer dans sa compréhension l’importance de la citoyenneté européenne, ses droits. Notamment a-t-on oublié que les citoyens de l’Union peuvent voter aux élections locales et européennes lorsqu’ils demeurent dans un autre pays que le leur d’origine ? A-t-on oublié que le citoyen européen est éligible pour les fonctions de conseiller municipal et de député européen ? A-t-on oublié que chaque citoyen est protégé par le droit de représentation consulaire ?

Une citoyenneté qui mériterait d’être approfondie. Peut être et je devais rêver ce thème devrait être abordé comme d’ailleurs la gouvernance économique devrait être au centre du débat.

Un 9 mai qui tombe cette année trois jours après que le président de la République française sera élu. Il se préparera à sa prise de fonction et entrera dans le cercle très fermé du Conseil européen où siègent les chefs d’Etats et de gouvernement sous la présidence du belge Van Rompuy. Arrivé là il s’agira de reprendre les chantiers ouverts par le conseil.

Plus modestement à Brest, la Maison de l’Europe organise pour le 9 mai un séminaire autour de la question des jumelages. Ces derniers rencontrent des difficultés pour recruter et trouver des financements. La question posée est celle de la citoyenneté européenne. Les jumelages en sont ils toujours des artisans ?

Je terminerai cette chronique comme je l’ai commencée. Pas un mot sur les candidats. Mais je fais mienne cette citation du Cardinal a propos de l’élection des papes : « il ne s’agit pas de voter pour celui qui plait le plus mais celui qui est le plus à même de diriger l’Eglise ». Voilà une phrase qui s’adapte parfaitement à l’élection présidentielle française et à la capacité du président élu à peser sur les choix européens.

Emmanuel Morucci

 

Pour un débat sur l’Europe entre les deux tours.

On ne sent pas chez les deux candidats du second tour un emballement à évoquer l’Europe, la construction du projet commun et la place de la France dans ce processus international et désormais incontournable. Les deux hommes prennent actuellement le risque de retomber dans le travers qui a fait de l’Union européenne le bouc émissaire des politiques français. Certes les sujets sont nombreux et nous, citoyens, espérons autre chose que des invectives peu constructive et surtout peu porteuse de messages fort pour notre devenir et celui de l’ensemble des citoyens de l’Union européenne.

En effet, et faut-il encore le répéter, notre devenir est commun et le dessein européen est partagé. Que serions nous devenus en réalité s’il n’y avait pas eu l’Europe et l’intelligence commune de ses dirigeants, de droite et de gauche? Comment la crise aurait elle été abordée sans la structure puissante de l’Union ? Voilà des questions qui méritent un débat radiophonique et télévisé de fond aujourd’hui refusé. Mais au delà du temps passé ce sont les temps à venir qui nous intéressent.

Pourquoi prendre le risque d’annonces irréalisables pour qui connaît les mécanismes européens mis en place par les gouvernants de l’Union eux mêmes ? Renégocier un traité n’est pas raisonnable et même mensonger. Par contre travailler à la rédaction d’un texte nouveau est une possibilité vers laquelle la conviction européenne des candidats peut s’affirmer. L’Europe a besoin de la certitude de la poursuite de son plan de croissance, de développement durable, d’intégration, d’intelligence collective, de formation de ses citoyens, de recherche et de développement, de compétitivité. Les Français aussi. La citoyenneté doit être également au cœur du projet présidentiel et européen. Ce n’est pas une notion galvaudée. Elle a sont importance et les rédacteurs des traité ont instauré cette citoyenneté européenne. Celle ci doit être approfondie, renforcée et mieux vécue. C’est sur ce champ de l’appartenance à l’Europe que l’on attend les candidats présidentiels. Ils doivent nous donner des garanties et de l’espérance. Nous gardons le trop mauvais souvenir de l’échec du traité constitutionnel dont on sait aujourd’hui qu’il aurait mieux installé le projet européen dans les consciences.

La peur de l’autre ne doit pas être de mise dans cette campagne. Bien sûr la nationalité, la supranationalité et la subsidiarité sont des mots associés puissants et importants dont on n’entend pas le son dans la bouche des deux candidats. Ou si peu et de façon détournée. Parfois dans les entourages. Mais il faut être très très attentif. Et pourtant c’est là le cœur de notre devenir.

La France est un pays fondateur de l’Union, un pays qui compte et qui porte avec ses partenaires le projet européen. Le projet doit se tourner vers la capacité à redonner de la dignité à ceux qui sont éloignés du travail et de la formation, de la vie sociale actuelle. C’est donc maintenant que les candidats doivent s’adresser aux citoyens français mais également aux Européens car des urnes sortira celui qui bien sûr guidera les choix de la France et de façon consubstantielle ceux de l’Union européenne toute entière.

 

 

 

Morucci Europe Blog rss

Docteur en Sociologie, Emmanuel Morucci est spécialiste de la construction européenne et des organisations. more.



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