Les effets psychosociologiques des annonces des agences de notation.

Posted by Emmanuel Morucci on 21/12/11


Les effets psychosociologiques des annonces faites par les agences de notation pèsent bien plus sur le moral des peuples que les gouvernants veulent bien le dire. Plusieurs sentiments se mêlent, le premier est ce degré d’incertitude qui envahit l’esprit. Le « qu’allons-nous devenir demain ? » . Les médias ajoutant à l’information économique et financière, qui en elle-même est à sa place dans le processus,

Une dramatisation qui obère la rationalité d’un jugement. Si l’on ajoute à cela le manque de connaissance du sujet, de la globalisation, des méandres de la finance internationale, le stress devient complet. La porte s’ouvre alors toute seule aux propos protectionnistes et aux comportements mettant en avant l’émotion plutôt que le rationnel.

Vient ensuite le sentiment de colère chez les peuples qui se sentent dépossédés de leur souveraineté. Et pour une fois la menace ne vient pas directement d’un autre Etat facilement identifiable mais par des structures associées au monde bancaire et dont l’immense majorité d’entre nous ignorait l’existence. Ces agences de notation sont apparues presque du jour au lendemain et ont donné l’impression de commencer un travail de sape des Etats membres de l’Union européenne. A commencer par les plus fragiles, ceux que les Allemands appellent les pays du Club Med.

L’impuissance apparente des chefs d’Etats et de gouvernement augmente le sentiment d’incertitude et donc d’insécurité. D’autant que les cultures nationales n’appréhendent pas le problème de la dette de la même manière. Nous assistons alors à une double incompréhension chez les citoyens de l’Union d’autant que la structure institutionnelle de l’UE et tout particulièrement dans son rapport à la Banque centrale ne laisse pas de marge de manœuvre au politique.

Mais la question économique et tout particulièrement celle de l’emploi et donc de la croissance s’ajoute aux menaces formulées par les agences de dégrader les triples A de la France, de l’Allemagne, le la Grande Bretagne. Premier effet visible les Britanniques se sont clairement désolidarisés de leur propre appartenance à l’UE. D’autres au contraire, comme la Pologne, ont affirmé avec force leur engagement européen. Les discours du premier ministre et du ministre des affaires étrangères en donnent des indications précises. C’est ce contre feu que l’Union attend, une solidarité de fait certes mais sans faille.

Du point de vue psychosociologique, le signe le plus important serait maintenant qu’un pays comme la Pologne entre dans la monnaie unique et en entraîne d’autres vers l’écriture d’un nouveau traité dont les termes seraient ceux d’une gouvernance forte en matière d’économie mais aussi en matière sociale. Ce serait bon pour le moral des peuples et des gouvernants.

De leur côté les agences de notation doivent s’interroger sur ce qu’elles provoquent. Sans doute pas innocemment. Mais le jeu est dangereux car il peut mener au mieux à de l’indignation au pire à un « printemps » mondial. Elles en porteraient alors avec le système bancaire l’entière responsabilité et ce n’est pas sûr qu’elles en sortent gagnantes.

Emmanuel Morucci

 

Un sommet pour la souveraineté de l’Europe de demain

Posted by Emmanuel Morucci on 08/12/11
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La question n’est plus de savoir qui de l’Allemagne ou de la France a perdu de sa souveraineté. Le problème est désormais d’amener le projet européen à son terme. Lors de sa déclaration Schuman proposait un modelé de construction européenne. Lui même répondait à cette idée véhiculée depuis Victor Hugo puis par Winston Churchill, ou encore Aristide  Briand de porter sur les fonds baptismaux les Etats-Unis d’Europe. Et puis peu à peu l’idée s’est effacée au profit d’une coopération intergouvernementale qui a éloigné de son but initial le projet initial.

Tout cela n’était pas bien grave du moment que l’on préservait la paix et la croissance étant là durant plusieurs années, la compétition entre les Etats membres était la norme communément admise.

Seulement voilà depuis quelques années les crises économiques et monétaires ont accentué cette compétition et les pays ont tenté de se distinguer les uns des autres en oubliant à la fois valeurs et acquis communautaires. Les nouveaux entrants ont accentué la pression et d’autre part ceux qui n’ont pas voulu rejoindre l’euro ont fragilisé la monnaie commune face a ses grands concurrents comme le dollars, le Yen et aujourd’hui le yuan chinois.

Le système économique a organisé les délocalisations pensant laisser aux pays riches les fortes valeurs ajoutées sans les contraintes de la production et un difficulté dialogue social. si l’on rajoute a tout cela la rareté et la cherté des énergies nous avons un bouquet final.

Aujourd’hui les dirigeants allemands et français sont a la barre du devenir de l’Union européenne et le choc est brutal. Comment faire valider en quelques jours ou quelques semaines par les peuples ce que qu’eux mêmes ont contribué à éviter. Les agences de notations et le système bancaire international veut précipiter la prise de décision par ceux qui se sont laisser dépouiller de leur compétence. Ce n’est plus par idéologie volontaire qu’il faut faire l’Europe de la gouvernance mais par contrainte.

Le monde a besoin de stabilité et l’Europe construite est un de ces facteurs. Et pourtant, nous avions les cartes en main lorsque le traité constitutionnel a été présenté. D’ailleurs où sont ceux qui l’ont démonté aujourd’hui ? Qui d’entre eux en reparle ?

Un sommet va entériner les axes définit par la France et l’Allemagne. Si le projet passe, il laisse de la rancoeur chez les 25 autres qui ne sont pas apparus médiatiquement dans les négociations d’écriture d’un nouveau Traité.  A ce jour prenons ce qui passe et le choix franco-allemand comme une chance pour aller plus loin à court et moyen terme, pour organiser la réplique politique aux marchés et asseoir l’UE ou tout au moins la zone euro dans les perspectives de gouvernance fédérales qui lui sont désormais  nécessaires et qui formeront notre cadre institutionnel habituel de demain.

 

Ce que l’Europe apporte aux territoires bretons, colloque à Brest le 23 novembre.

Posted by Emmanuel Morucci on 19/11/11

Bonjour,

 

Nous avons le plaisir vous faire parvenir le programme détaillé du colloque que nous organisons en partenariat avec le Conseil Régional de Bretagne et la Préfecture de Région sur le thème: “Ce que l’Europe apporte aux territoires bretons”.

 

L’objectif de ce colloque, qui aura lieu à l’ESC Brest le mercredi 23 novembre de 10h à 17h, est de mieux faire connaître les fonds européens utilisés en Bretagne et de les présenter aux élus, institutions et acteurs locaux concernés afin d’encourager l’élaboration de projets à dimension européenne.

 

La matinée sera consacrée à la présentation générale des fonds européens présents sur territoire breton.

L’après-midi s’articulera autour de 5 tables rondes, de nombreux acteurs bretons évoqueront leurs projets à dimension européenne et partageront leurs expériences.

 

La conclusion de cette journée sera faite par M. Wallon de la Direction Générale de la Traduction au bureau de la Représentation française de la Commission européenne, spécialiste des langues régionales.

 

Inscriptions à l’une des tables rondes: europedirect@maisoneurope-brest.eu ou au 02 98 46 60 09.

 

L’ensemble de l’équipe de la Maison de l’Europe reste à votre disposition pour plus d’informations.

 

Avec nos plus sincères salutations,

Emmanuel Morucci

Président

 

Maison de l’Europe de Brest

Centre Information Europe Direct Bretagne Ouest

16 rue de l’Harteloire – 29200 Brest

Tél: 02 98 46 60 09

www.maisoneurope-brest.euprogramme détaillé colloque 1 page

 

A Brest un colloque le 23 sur “Ce que l’Europe apporte aux territoires bretons”

Posted by Emmanuel Morucci on 19/11/11

www.ouest-france.fr/…/actuLocale_-Un-colloque-sur-l-action-…

Très anxiogène la crise ouvre les nouvelles perspectives de la construction européenne.

Vous l’avez remarqué le paysage européen s’est formidablement modifié en quelques jours et une impression de calme relative apaise a la fois les marchés et les inquiétudes individuelle. Même la croissance semble aller mieux.

En Italie, Mario Monti, l’ancien commissaire européen prend la barre en pleine tempête et en Grèce, un autre Européen convaincu s’atèle à la tache rude qui l’attend. On ne peut qu’espérer que monsieur Papademos porte bien son nom et soit bien le Père du peuple. Le sien a en besoin.

 

Pourtant en fin de semaine dernière dans les couloirs du Conseil européen, le climat était anxiogène. Autrement dit les mois qui vont venir ne vont pas être simples. Il va falloir procéder à une restructuration importante du processus européen, jusqu’à aller sans doute, et je vous le disais il y a quelques semaines, vers un nouveau traité.  En effet, l’Europe ne peut continuer sur sa ligne actuelle et doit se transformer. La crise a cet effet bénéfique. Elle entraine des changements.

 

Les enjeux sont particulièrement importants. Premier objectif des Européens sauver coute que coute la monnaie unique.  Pour cela il faut aller plus loin dans le processus européen. Et il vaut mieux aller plus loin ensemble par un approfondissement de la zone euro à 17 mais peut être aussi à moins que 17.  Certains Etats membres de la Zone euro et de l’Union européenne devront faire le choix du chemin commun.

 

Parallèlement positionner des décisions structurelles va permettre d’accélérer le calendrier de façon a ce que le politique reprenne la main sur les marché. Cela est urgent et met en cause la souveraineté des Etats membres. In n’y a en effet de souveraineté qu’à la condition de pouvoir payer ses fonctionnaires. Alerte donc.

 

La réduction de la dette est le deuxième enjeu qui va nécessiter de remettre sur la table d’écriture un traité bien plus complet que celui de Lisbonne, qui heureusement et bien qu’il ne remplace pas le traite constitutionnel permet à l’Union de tenir la tête hors de l’eau. Mais ici aussi, il va falloir approfondir et notamment avant l’élargissement de 2013 à la Croatie.

La première condition est que l’Allemagne et La France poursuivent et confortent aujourd’hui leur leadership. Mais rapidement il faudra se positionner entre une pratique communautaire ou une pratique intergouvernementale.

Ce qui est certain c’est que le mot fédéral est désormais commun dans les discours et discussion de couloir dans les Instituions de l’Union comme dans les Représentations permanences à Bruxelles.  Cet cela c’est bien nouveau car jusqu’ici la conservation des souveraineté étaient essentielles. Il va falloir en lâcher un peu et c’est cela qui va changer notre Europe, nos pays et les relations qu’ils peuvent avoir au reste du monde. Ceci dans l’intérêt communautaire bien sûr

 

Les évêques portent le projet européens

Posted by Emmanuel Morucci on 17/11/11

En affirmant avec force que l’Europe ne peut se replier sur elle même. En indiquant quelle ne peut se fermer les évêques de France ont abordé à Lourdes les thème de la politique nationale et européenne.

Ils prennent ainsi une position claire en estimant tout d’abord que l’Eglise tient sa place dans l’espace public national et européen. Le message chrétien est un message fort, martèlent ils notamment en matière d économie. Il faut dire que l’Eglise a une grande expérience du sujet s’appuyant avec force sur sa doctrine sociale.

 

La crise grecque est un révélateur dit le cardinal Vingt-Trois. « la solution de fermer les portes pour préserver notre petite zone de relative prospérité » n’est pas viable.

 

En demandant aux Chrétiens par l’entremise de leurs évêques de veiller à ne pas se laisser entrainer, et les mots sont forts,  dans la spirale de l’égoïsme, de l’isolationnisme ou de la xénophobie. le cardinal français ne fait que rejoindre le message des évêques européens portés par la COMECE, la commission des Evêques européens. Cette assemblée, partenaire des institutions européennes  indique qu’une vision politique européenne à long terme est nécessaire pour surmonter la crise.

Très simplement mais avec détermination les évêques appellent l’Union européenne et ses citoyens à s’abstenir de se faire des reproches mutuellement.  Au contraire, disent ils, nous devons assumer ensemble nos responsabilités pour trouver des solutions à la crise.

 

Les évêques sont convaincus que l’Eglise peut être une force de cohésion et d’espérance au sein des sociétés européennes, qui sont menacées par le populisme et la division. Les racines de la crise actuelle sont principalement morales et spirituelles. Le relativisme moral est en effet en train de modifier le sens de la responsabilité personnelle et collective à long terme. Ils précisent l’action concrète des religions : « Grâce à leurs services sociaux, les Eglises viennent en aide aux plus démunis dans nos sociétés ; elles encouragent la dignité et le bien commun contre les tendances individualistes.

 

Les solutions techniques et à court terme ne sont pas suffisantes disent ils.  et soulignent la nécessité d’adopter une vision à long terme pour les institutions européennes et le modèle socio-économique qu’elles défendent. Il convient en particulier de prendre mieux en compte les intérêts de la jeune génération, car elle risque d’être une des principales victimes de la crise.

 

Invité de la COMECE à Bruxelles, il y a quelques jours l’ancien ministre des Affaires européenne et actuel président de la Haute Autorité Financière Jean Pierre Jouyet, affirmait très justement que l’Europe reste une construction unique, qui fonctionne, et même face à cette crise, elle a su prendre des décisions structurelles.

Si nous voulons que les autres aient confiance dans l’Europe, si nous voulons que les citoyens aient confiance, il faut que l’Europe et l’Euro aient confiance en eux même.

L’enjeu est grand, au-delà d’un enjeu économique, l’Europe est un enjeu de civilisation devait-il conclure.

 

Après le réglement de la crise, il faut faire émerger une Europe unifiée,complète et fédérale.

Chronique RCF Bretagne du 26 octobre 2011

Je ne peux que souligner, à l’heure où j’écris cette chronique, le caractère technique que revêt le sommet européen de ce mercredi. Un « sommet de la dernière chance » affirmaient les médias ces derniers jours. Ce qui démontre parfois une bien mauvaise connaissance de la chose européenne. A moins que ce ne fut la volonté stratégique de garder l’Europe bien distante de ses citoyens. Si c’était le cas c’est désormais terminé. Certes, l’Europe ne s’est jusqu’ici construite que par et sur des crises successives. Cela ne veut pas dire que cela doit  continuer. Une nouvelle route est à prendre et le retour aux exigences fondamentales des Pères de l’Europe est le chemin à réemprunter d’urgence. Oui, c’est certain l’Union ne s’est jamais trouvée devant des enjeux aussi importants et elle doit avoir du résultat. Les chefs d’Etat doivent désormais aller au bout de la négociation et ne pas contrarier la logique. L’Europe doit trouver la stabilité que réclament ses citoyens. Pour y arriver la confiance dans le projet européen doit être réaffirmée. La reprise après le reglement de la crise grecque et la prise en compte des modalités d’apurement de la dette des Etat, puisqu’il s’agit d’une reprise du projet européen passe, entre autre chose, par la transformation des représentations attachées à ce qu’est et sera l’Europe.

En premier lieu si l’Europe est une bonne chose, les gouvernants et les communicants doivent l’exprimer avec force, conviction et honnêteté. Cela passe par une accessibilité du plus grand nombre à la compréhension de ce que fait l’Union quotidiennement pour ses citoyens. Ne plus présenter uniquement l’Union comme un lieu de la complexité et de confrontations. Ce qu’elle est aussi mais pas seulement. La liste des décisions et incitations chaque jour publié en est la preuve.

En second lieu la confusion entre les dimensions territoriales doit s’effacer. La définition de ce qu’est l’Europe doit être écrite et enseignée. Zone euro, Union européenne, Commission et autre conseil européen doivent être simplifiés au profit d’un vocabulaire et d’une physionomie plus adaptée et signifiante pour les citoyens. En clair, il faut aller sur le concret, vers plus de stabilité, lancer véritablement le processus de fédéralisme afin d’éviter de se retrouver à nouveau dans la situation que nous connaissons sans omettre la discussion démocratique au niveau supranational.L’Union européenne doit être la zone euro. Même nombre de pays, mêmes projets, mêmes financements, même dette, même recette, même engagement, même participation et surtout même visibilité a la fois pour les citoyens et le reste du monde. L’Union doit être l’interlocuteur en matière de relations internationales. Cela passe par une gouvernance clairement identifiée, une incarnation indépendamment des nationalités. Par exemple, confier les affaires étrangères a une britannique n’à aucun sens dans la mesure ou la Grande Bretagne se tient à l’écart de l’Union. Tous les pays membres ont désormais vocation a entre dans la monnaie unique comme ils acceptent l’acquis communautaire et ensemble lui donner sa force. Il faudra alors passer sur des pans de souveraineté attachés à l’Etat nation. Mais la prospérité, le retour le plus rapide à la croissance dans le respect d’un développement durable passe par cette exigence.

En troisième lieu les choix de la prise de décision doivent être clairement perçus par les Européens. La distinction entre projet fédéraliste avec gouvernance intégrée et projet européen de coopération intergouvernementale doit être affirmé et opéré. La direction fédérale engagée. Un traité de nature constitutionnelle sera donc nécessaire pour inscrire les comportements et notamment faire un choix entre présidence du Conseil et présidence de la Commission. Cette dernière ayant une grande expérience. Il convient de la conforter. La place des citoyens et la dimension sociale dit être reprécisée après l’échec du précèdent texte éponyme. Il s’agit donc de donner à la dimension communautaire et à l’intérêt commun beaucoup plus d’espace comme le prévoit le Traité de Lisbonne. La gouvernance ne peut se réduire à une prise de décision franco-allemande. Ce que les deux pays ont réalisé ces derniers temps est énorme. Il appartient désormais à la France et à l’Allemagne d’enclencher le processus nouveau d’une gouvernance, économique d’abord puis étendue, vraiment européenne.

Les Etats-Unis d’Europe reviennent sur le devant de la scène politique.

Posted by Emmanuel Morucci on 14/09/11
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France et Allemagne mènent le règlement de la crise grecque un peu en solo dans ce qui n’est pas du goût de la Pologne, actuelle présidente de l’Union européenne. Le pays se considère comme écarté des discussions. Il est rejoint par les tchèques, Hongrois,  Roumains, Bulgares, Lituaniens, Lettons. Ensemble ils ont organisé une ”contre-réunion”. Tous ces pays futurs utilisateurs de l’Euro ne digèrent qu’assez mal les têtes à têtes franco-allemands. D’autant que le sol est mouvant. Les avis divergent quant au devenir de l’Union. Le risque que représente la Grèce, amène les uns (à demander?) demandent son départ de la Communauté. D’autres, tout au contraire appellent à plus d’Europe. Pour ce dernier groupe le spectre est encore large car il va de ceux qui souhaitent une coopération économique plus forte entre les États jusqu’à ceux qui aspirent en l’émergence des États Unis d’Europe. Rien de moins. Plus que jamais sur le devenir de l’Union le débat se porte en France mais surtout depuis quelques semaines en Allemagne. Dans ce pays un débat est lancé et pose le sujet que l’on pensait oublié des «États-Unis d’Europe”. Dans tous les partis se trouve une majorité qualifiée de silencieuse, qui veut résoudre les problèmes communs de l’UE par “Plus d’Europe” et non pas diriger la résolution des problèmes vers une renationalisation des politiques. Visant les responsables politiques de premier plan, le projet relancé par ce groupe d’Allemands auquel se joignent récemment certains de nos compatriotes amène l’idée que les États unis d’Europe ne doivent pas être la copie des États-Unis d’Amérique. En effet, selon eux et c’est un élément important : le principe de subsidiarité peut rester un objectif intérieur. Qualifiant d’imbécilité démagogique les propos visant à l’abolition de l’Euro, les signataires estiment que la crise provoquée par la dette actuelle, la question d’un gouvernement économique européen, les points faibles de la politique étrangère de l’UE et de la politique de sécurité ainsi que la poursuite du développement de la stratégie du Traité de Lisbonne (qui a été formulée avant la crise financière actuelle) – tout cela ne peut être géré efficacement que par une structure fédérale européenne. Ils s’adressent à tous les partis politiques européens, et affirment la nécessité de commencer une nouvelle discussion sur les États-Unis d’Europe. Ce qui ramène la discussion au début des années 50. Les auteurs vont même très loin car ils imaginent possible de commencer ces États unis d’Europe sans que la totalité des 27 y participent. « si cela n’est pas possible de faire cette unité tout de suite avec les 27 États membres, alors nous sommes également en faveur de la construction d’un “noyau dur” entre les États membres de l’UE qui veulent faire ensemble cette Europe fédérale! » annoncent-ils.  Ils envisagent une première construction minimale de départ où tous les États qui le veulent pourraient  s’y joindre le moment venu. Si les politiques et les citoyens des différents pays s’intéressent à la proposition, c’est le chantier de l’Europe fédérale qui pourrait être à remis en œuvre.

Le choix des Européens : fédérer ou périr.

L’Europe est confrontée depuis quelques mois à une crise particulièrement grave.  La situation ne provient pas forcement de l’Union européenne car internationale mais elle a des conséquences lourdes sur son quotidien et son devenir.

Qualifiée de financière la crise est financière et met en cause l’économie. Grand accusé par facilité, ce n’et pas l’euro qui est en cause comme ce n’est pas non plus le capitalisme en tant que tel mais  la forme de capitalisme non maitrisable par les Etats et organisations internationales qui échappe a toute régulation.

Il n’empêche que l’Europe souffre. Certains des ses pays membres sont au bord de l’implosion. Les Etats membres jouent l’essentielle solidarité en appuyant notamment le plan de sauvetage de la Grèce mais ce dernier se réjouit pas les citoyens de l’Union qui entrevoient un avenir immédiat assombrit.  On les comprend.

De leur côté les politiques semblent impuissants offrent aux citoyens une image qui  manquent d’imagination. A moins qu’ils ne manquent de courage pour aller plus loin. En France, en Allemagne on tente avec une réelle détermination a recoller les morceau et maintenir la structure européenne debout.

Mais on est arrivé au bout de ce qui depuis des années voire des décennies fait de l’Europe un projet inachevé.  Il ne s’agit pas de recoller des morceaux d’un puzzle désormais fragile mais de mettre en œuvre  ce qui est de nature à construire une véritable Union européenne, capable de prendre des décision et de gouverner.

Bien sûr il faut remonter aux années 90/93 au moment du débat départageant promoteurs  de l’approfondissement et adaptes de l’élargissement. A l ‘époque les Européens ont cédé a la vision libérale imposée par la Grande Bretagne. Ce ne sera pas l’approfondissement par la citoyenneté, l’Europe politique et sociale. Non le choix sera celui de l’élargissement sans mise en place des instituions idoines.  Plus tard le rejet du traité constitutionnel par la France n’a rien arrangé. Nous en payons les conséquences aujourd’hui.

Alors ce qui ne s’est pas fait au fil du temps va-t-il se réaliser de façon brutale et rapide. ? Certains le pensent. Une chose est certaine. Il va falloir mettre en place un système qui donne à l’Union une capacité de gouvernance et des instances de régulation des comportements économiques et financiers dont je parlais plus haut. Peut être allons nous assister à de nouveaux transferts de compétences. Le débat sur le fédéralisme européen est relancé. Tout comme celui de la démocratie  Et l’alternative est simple fédérer ou périr. Manuel Barroso affirme être confiant en l’avenir. L’Europe sortira plus forte de cette crise. Il est rejoint par l’ancien chancelier Gerhart Schröder.  Le temps de faire de l’Union européenne une vraie collectivité territoriale est arrivé, l’Etat nation du 19e se transforme  et va permettre de nouveaux axes à la prise de décision en Europe, a la relation internationale, à la construction d’un projet économique quitte à réduire et consolider le fédéralisme aux Etats qui sont à l’origine de la construction européenne.

 

Confier à l’UE la capacité à agir sur les enjeux

Posted by Emmanuel Morucci on 31/08/11

Chronique RCF du 31 aout 2011

Au dire de beaucoup l’été aura été pourri. Apocalyptique même affirment d’autres. Mais au sens véritable du terme c’est à dire révélateur des effets pervers des situations économiques, financières et politiques. Et pas seulement au niveau national mais global, et c’est la preuve de l’existence d’une interdépendance mondialisée, au niveau international.

Les pages du livre se tournent. Les décisions se prennent, on le voit, dans la souffrance et de façon timorée. Les blocages sont énormes et nombreux et les chefs politiques semblent éprouver une peur viscérale a aller au bout des choses et a opérer le grand et nécessaire changement face à un monde financier qui lutte bec et ongle.

Face à l’adversité, au niveau européen, tout le monde semble être, enfin, tombé d’accord sur l’idée, très souvent ici développée, de constituer un gouvernement économique de la zone euro. Mais là encore il ne suffit pas de le dire. Il s’agit de le faire. Mais comment concilier Etat-nation et fédéralisme européen ? Comment transférer des compétences fortes sans vider le pouvoir national d’une partie de sa substance ? Tout cela en sachant bien que la notion même d’Etat nation n’a plus le sens ni le poids que lui accordait Ernest Renan à une époque qui n’est plus la nôtre. Un Etat-nation pris en tenaille entre une volonté de déléguer vers les niveaux régionaux des pouvoirs qui sont ceux de la proximité mais aussi d’une certaine égalité citoyenne. C’est en tout cas une lecture possible de la réforme territoriale engagée.

Au niveau européen la région peut tout à fait jouer un rôle capital. Mais là encore l’Etat-nation se disperse un peu à la façon d’un puzzle. Ce qui semble être évident pour les pays de petite dimension avec peu d’habitants, de dimension régionale  donc (Slovaquie, Lettonie) l’est manifestement moins pour les grand pays peuplés comme l’Allemagne, Le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne ou la France. Sauf que dans la plupart de ces pays le transfert aux pouvoirs locaux est déjà opéré. C’est le cas de l’Espagne ou de l’Allemagne et de façon différenciée en Grande Bretagne.

Il faut donc et très rapidement confier à l’Union européenne et pas seulement à l’actuelle zone euro des capacités réelles à agir sur les enjeux de la monnaie, la structuration sociale et la politique étrangère. La fiscalité commune est le grand chantier à venir.  Réindustrialiser le territoire européen rééquilibrera les relations internationales et rassurera l’Allemagne quant au devenir de l’Europe et créera du travail et de la dignité.

Dans le même temps consolider le sentiment d’appartenance à l’Europe donnera confiance en une collectivité territoriale qui va devoir se battre dans les prochaines décennies dans un monde à la démographie bouleversée.

 

Morucci Europe Blog rss

Docteur en Sociologie, Emmanuel Morucci est spécialiste de la construction européenne et des organisations. more.



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