Penn ar Europa
penn ar europa est le titre de la newsletter de la Maison de l’Europe de Brest et Bretagne ouest. Le premier numéro est sorti en janvier et donnera chaque mois les informations européennes.

penn ar europa est le titre de la newsletter de la Maison de l’Europe de Brest et Bretagne ouest. Le premier numéro est sorti en janvier et donnera chaque mois les informations européennes.
Son Excellence Gunnar Lund, Ambassadeur de Suède en France, sera à Brest le 29 janvier prochain,
sur invitation d’Emmanuel Morucci, Président de la Maison de l’Europe de Brest. Lors de sa visite, il
découvrira quelques grandes entreprises finistériennes et donnera une conférence où il dressera un
bilan de la Présidence suédoise de l’Union européenne.
Visite de l’IFREMER et de l’Institut de la Corrosion
M. Gunnar Lund rencontrera des membres de la Direction et des chercheurs de l’IFREMER (Institut Français de
Recherche pour l’Exploitation de la Mer). Ces derniers lui présenteront les activités de l’Institut au Centre de la
Pointe du diable ainsi que les collaborations entre l’IFREMER et la Suède. Il visitera également l’Institut de la
corrosion.
La présidence suédoise de l’Union européenne
Lors de sa journée, son Excellence rencontrera des décideurs économiques finistériens.
A 17h30, il donnera une conférence publique dans les locaux de la Maison de l’Europe de Brest (16 rue de
l’Harteloire) où il développera deux thématiques :
> Le bilan de la présidence suédoise de l’Union européenne, qui s’est terminée le 31 décembre dernier. Il
reviendra sur les trois axes du programme de travail : l’économie, l’emploi et le climat.
> Les opportunités d’échanges entre la France et la Suède.
Les personnes ayant assisté à la conférence pourront par la suite se retrouver autour d’un cocktail afin de
poursuivre les discussions.
M. Gunnar Lund, Ancien Ministre en charge des Affaires européennes et de l’économie est Ambassadeur en France depuis 2007.

Parler d’identité nationale n’est pas une chose aisée car la notion, qui évolue en fonction des temps, se nourrit des nombreux concepts qui la composent. Le thème ne peut, non plus, être abordé sans introduire aujourd’hui, deux dimensions qui participent à sa structure : l’Union européenne d’une part et la région voire même la commune d’autre part.
Mais en parler nécessite aussi d’Être à l’aise dans sa peau, sa tête et dans la relation à son pays. Exprimer son identité nationale c’est être capable de dire avec fierté « je suis français », « je suis américain », marocain, irlandais, quel que soit le territoire sur lequel on se trouve. L’identité nationale est étroitement liée au sentiment d’appartenance. Elle se reçoit et se construit, individuellement et collectivement et se mêle à d’autres réalités : la nationalité d’abord, les citoyennetés nationale et européenne ensuite. La définition de l’identité prend sa source et se construit peu à peu au fil des socialisations première et secondaire. Outil nécessaire, la socialisation permet de se mettre au clair avec le socle de valeurs sur lequel le peuple, dans son ensemble et sa gouvernance peuvent s’appuyer.
Mais d’autres notions souvent floues doivent être interpellées comme, par exemple, celle, peu usitée, de patrie, et son sens contemporain, qu’il convient d’approfondir pour tenter de cerner ce qu’est l’identité nationale ou, mais c’est une autre chose : l’entité française.
Le sujet est si complexe que le risque est de le réduire, par méconnaissance, facilité ou légèreté intellectuelle à la question de l’immigration. Celle-ci a toujours existé et participe à la définition des cultures communes et donc des identités d’appartenances.
Le sentiment d’appartenance à une dimension territoriale constitue donc bien l’essence de l’identité. Mais cela ne vient pas tout seul car le sentiment d’appartenance se construit à partir d’une reconnaissance de l’entité culturelle, sociale, politique
L’identité nationale se construit en fonction des identités multiples que chacun d’entre nous revendique et qui constituent la personnalité singulière des individus et de ce groupe capable de vivre ensemble et que l’on appelle selon les cas : peuple ou Etat. Culture professionnelle ou locale, rurale, urbaine, catégorie sociale d’appartenance, styles de vie, opinion politique, spiritualité et religions sont autant d’éléments constitutifs de l’identité nationale. On ne peut compartimenter. Toutes sont liées et, en interactions permanentes, forment un tout. Nous sommes, les uns et les autres, possesseurs de plusieurs identités. Chacune est liée à notre habitus et à la socialisation qui est la nôtre. Ainsi, l’identité nationale est culturelle, c’est-à-dire construite. Elle repose sur des choix sociétaux qui déterminent les formes de citoyennetés. L’identité nationale ne peut se construire que par les réalités sociales, les choix des formes de gouvernances et de définition de la norme juridique.
Dans la construction européenne et dans le cadre du processus de décentralisation, il est important de se poser la question de la nation et des identités qui s’y rattachent. Les visions sont diverses. Mais partout, elle répond à un double mouvement : d’une part l’appartenance à la nation, l’adhésion à ses valeurs et projets est première. D’autre part l’état ou le gouvernement installe les éléments qui permettent l’expression de l’identité comme moyen de reconnaissance commune et du vivre ensemble. Le nouveau ciment est pour chacune la citoyenneté européenne.
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En entrant en vigueur ce 1er décembre, le traité de Lisbonne vient effacer les années d’échec et de doutes cristallisés par le rejet du traité constitutionnel. L’Europe peut enfin reprendre son souffle et regarder vers l’avenir. Outre les modifications institutionnelles essentiellement marquées par la nomination du président du conseil et d’une ministre des Affaires étrangères, l’Union va pouvoir et devoir consolider son socle de valeurs et repenser son contenu conceptuel intérieur et vis-à-vis du reste du monde.
Trois champs sont à travailler en priorité : le nécessaire sentiment d’appartenance que chacun doit porter à la dimension identitaire qu’est l’Europe, la citoyenneté et son exercice dans le cadre des droits attribués aux ressortissants et des devoirs jusqu’ici attachés à la nationalité et enfin la démocratie en tant qu’outil participatif et délibératif à la prise de décision individuelle et collective.
L’Union n’est pas qu’un marché bien que celui soit unique et installe les perspectives d’un territoire résolument unifié et au sein duquel doit se dévoiler l’unicité de son caractère démocratique. C’est un espace de liberté qui doit défendre la nécessaire place première des hommes et des femmes bien avant d’être reconnu comme région mondialisée économique et marchande.
Sur ce territoire le débat politique doit être de mise dans une vision communautaire et internationale. L’étape nouvelle qui s’ouvre aux Européens est celle de la connaissance des femmes et hommes politiques des pays membres, des partis et de leurs programmes et propositions. Nous sommes à l’époque de la prise en compte commune et non plus seulement nationale des grands choix européens. Copenhague en est un exemple. Le processus de Bologne qui unifie les diplômes universitaires et d’enseignement supérieur en est un autre. Ce même processus qui amène, par exemple et c’est significatif, les grandes écoles militaires à former leurs futurs officiers dans la perspective d’une vision partagée du monde.
Ainsi, c’est certainement un élément fondamental du traité de Lisbonne, passer de la règle de l’unanimité vers celle de la majorité est une étape dans la définition des processus décisionnels de l’Union. Sans doute sommes-nous loin de la constitution d’un gouvernement économique, sans doute sommes-nous éloignés d’une gestion commune de la zone euro et, par les 27, de la monnaie unique mais le fait d’avoir nommé un président du Conseil et surtout un haut représentant aux affaires étrangères devrait consolider dans les esprits l’inéluctable construction commune. Plus personne aujourd’hui en doute. Et c’est sûrement un succès du traité de Lisbonne, même les eurosceptiques élaborent leurs programmes politiques en fonction d’un environnement européen.
Reste que l’idée d’une Europe parlant d’une seule et même voix n’est pas encore bien installée dans les consciences, ni en interne ni à l’extérieur car le président américain Obama, s’il dispose maintenant d’un numéro de téléphone s’adresse toujours individuellement aux Etats membres de l’Union européenne. En matière de choix stratégiques en Afghanistan, la réponse ne peut aujourd’hui qu’être européenne.
On attendait un leader charismatique nous avons un fédérateur, travailleur discret. On attendait aux affaires internationale une sorte d’Hillarie Clinton nous avons une administrative. Là où on attendait un couple de premier plan capable de représenter l’Union européenne sur les places mondiales nous risquons d’avoir un quintet plus ou moins communicant.
Les chefs d’états et de gouvernement n’ont pas répondus aux attentes des citoyens de l’union qui voyaient dans la mise en application du traité de Lisbonne une occasion d’engager l’Europe autour de personnalité fortes de premier plan. Ils n’ont pas voulu prendre de risque et laisse la place médiatique au couple franco-allemand.
La prochaine fois peut être. Mais alors cela voudrait dire que le choix de ces deux personnalité belge et britannique répondrait au mieux aux exigences d’une reforme institutionnelle un peu lourde et complexe à mettre en œuvre. C’est sans doute là le nœud de ce choix. Mettre d’accord 27 Etat membres n’est pas facile. Le paradigme européen n’étant pas le même pour tous. Entre vision et application concrète la stabilité et la consolidation de la structure sont des impératifs. Et puis une diplomatie commune n’est pas simple a construire. Il va falloir trouver les femmes et les hommes, organiser les canaux de communication, recueillir les avis, les synthétiser, obtenir les accords des diverses institutions. D’autant que madame Aston sera aussi vice-présidente de la Commission européenne dont on imagine bien que son président Manuel Barroso ne compte pas jouer les seconds rôles.
Et puis Président du Conseil et Haut représentant ne sont pas des personnalités esseulées. Il va leur falloir constituer équipes professionnelles et administrations propres. Sinon ils n’auraient aucun moyen de fonctionner. Ceci va prendre du temps. On comprend alors pourquoi certains ne se sont pas précipité. Ils le feront lorsque la machine sera opérationnelle dans deux ans et demi.
Enfin il fallait sans doute aussi repartir les compétences entre les Etats à monnaie européenne et ceux qui n’en sont pas (encore), tenir compte des visions politique de la poursuite de l’Union européenne, entre fondateur et pays entrés plus tardivement, entre ceux qui ont une espérance sociale et ceux qui ne voient en L’Europe qu’un marché. Et puis on imagine ni Angela Meckel ni Nicolas Sarkozy, flanqués d’un président issu de leur propre pays qui auraient pu mettre en concurrence des décisions politiques internes et extérieures.
Enfin on peut dire que l’un et l’autre des impétrants sont couverts pour l’hiver. Peu connus des médias et du grand public on n’a pas cherché a mettre en avant leurs qualités ; compétences et expériences. Cela prouve que la majorité politique des européens et la citoyenneté sont encore bien loin de la réalité car il y a méconnaissance totale de ce qui se passe chez nos voisins et partenaires. On ne connait pas les responsables politiques des autres pays. On est encore bien loin de l’élection d’un président au suffrage universel.
Chronique RCF du 11 novembre 2009-11-10
Vers une fête de la Paix en Eu
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par Emmanuel Morucci
La ratification du traité de Lisbonne, l’anniversaire des 20 ans de la chute du mur de Berlin et la commémoration du 11 novembre commune à Paris par Angela Merckel et Nicolas Sarkozy amène l’idée que les Etats membres de l’Union européenne évoluent dans leur manière de célébrer collectivement les fins des deux derniers conflits.
Ainsi le 11 novembre pourrait devenir la date de commémoration , acceptée par tous, de tous les conflits de l’ancienne Europe, le souvenir aux morts, a ceux qui ont combattu et souvent donné leur vie pour leur patrie. Quels qu’ils soient. Ce qui nécessite de donner un sens nouveau au 8 mai. La date marque, certes, l’événement historique d’une fin de seconde guerre mondiale mais aussi de début d’une ere de paix durable entre les peuples européens et qui a permis la construction européenne que nous connaissons aujourd’hui. Il ‘agit donc de faire glisser l’armistice du 8 mai vers la sémantique d’une fête de la Paix en Europe. Comment en effet, continuer à travailler de concert avec nos voisins et cousins allemands au quotidien en se séparant un jour par an sur ce qui nous a divisés ?
L’élaboration du projet européen est commune. Le traité de Lisbonne ouvre des perspectives nouvelles, y compris dans l’expression d’une identité européenne, jusqu’ici mise à l’écart des constructions identitaires nationales ou régionales. Le temps est venu de dire que l’Union n’est pas seulement un grand marché mais aussi un territoire de solidarité, de fraternité, d’appartenance commune et de projets comme de luttes internationales à mener en commun.
Comment en effet, ne pas célébrer la paix en Europe alors que dans quelques semaines un président du Conseil affirmera l’image commune des Européens ? il faudra lui reconnaitre une place institutionnelle mais aussi fédératrice. Ainsi, il sera celui, qui, le 9 mai rappellera le discours de Robert Schuman dans le salon de l’Horloge et point de départ de l’aventure européenne.
Célébrer le 11 novembre comme journée de souvenirs des anciens conflits, le 8 mai comme journée de la paix en Europe et le 9 mai comme fête commune aux citoyens européens participe à donner du sens, un contenu à ce sentiment d’appartenance à l’Union qui nous fait cruellement défaut. En effet, nous avons maintenu des histoires nationales singulières. Les ponts et les portes n’ont pas été installés dans les livres d’histoire. Il est temps, afin que l’union existe au cœur de ses citoyens comme une réalité et dans le monde comme entité d’avis et décisionnelle de rédiger l’histoire commune. Ce 11 novembre, après l’anniversaire de Berlin en est une occasion espérée.
Chronique du 21 octobre 2009
Si les jeunes trentenaires ne se reconnaissent européens qu’à 22% les organisations professionnelles, elles ont bien repéré l’Union européenne comme étant la dimension de compétence en matière économique et sociale. Preuve en est cette grande manifestation ders agriculteurs européens. De crise des céréales, en crise des viandes porcine ou bovine, en crise du lait, les paysans du vieux continent ne remettent pas en cause la construction européenne mais bien au con traire ils lui demandent d’aller plus loin, d’en faire plus. En un mot ils lui reconnaissent ce rôle de régulation incontournable entre pays membres de l’Union mais également cette fonction d’intermédiaire dans les négociations internationales et notamment face aux grands blocs que sont la Chine, l’Inde et les Etats-Unis.
Même si cela ne parait pas d’une totale évidence aux yeux des citoyens. L’Union européenne est aujourd’hui sur tous les fronts ou presque. Et, face aux incertitudes, ses champs d’interventions devront s’étendre et se faire plus précis. Pour ne pas citer ses compétences particulière, on peut tout de même dire qu’elle st à la recherche d’un leadership sur les enjeux géostratégiques, et notamment tout ce qui touche a l’approvisionnement énergétique et les questions climatiques et bien sûr, domaine essentiel face à la competitions americano-chinoise, les questions monétaires ou plus précisément celles qui touchent au change ,décidées ailleurs qu’en Europe.
Sur les domaines dont elle partage la charge avec les Etats membres elle est même devenue un moteur. En matière de recherche scientifique, seule sa dimension peut aujourd’hui permettre de se positionner en tant que compétiteur valable sur la place mondiale. Notamment parce que ses chercheurs sont bons mais aussi parce qu’elle s’attache à cerner par un savoir faire qui lui est propre les questions éthiques.
Sa structure institutionnelle et sa vocation le lui permettent. Mais l’Union est encore bien loin du compte . Savoir faire est une chose et faire savoir en une autre. De ce point de vue, l’Union accumule les déficits. A tel point que même lorsque les décisions sont positives pour l’intérêt général cela semble se transformer en catastrophe nationale. Sans doute les relations entre Etats membres et Union ne sont pas toujours d’une grande simplicité. En effet, si l’Europe cherche à construire ses leadership elle doit faire face en même temps aux Etats membres qui recherchent, en son sein et en même temps, à se distinguer afin d’exister en tant que tel aux yeux des citoyens.les questions environnementales de ces derniers jour, et avant Copenhague, en sont autant d’exemples. la position catastrophique du Président de la République tchèque en est un autre symptôme.
il y a beaucoup d’ambigüité. Autant de comportements différenciés et parfois antagonistes revient à faire glisser sous le tapis l’article 1er du manifeste de Robert Schuman qui précisait que « l’Europe doit être maitresse de sa destinée ». Il ajoutait d’ailleurs que si l’Europe se cherche, et c’est toujours d’actualité aujourd’hui, elle a en main son propre avenir. Cet avenir est ce que l’on appelle l’intégration. En en parlant, Schuman disait que c’est une œuvre immense et ardue qui requiert un changement diamétral des relations entre les Etats européens. Ainsi poursuivait-il les décisions à portée internationale ne pourront être prises qu’en commun par les Etats associés.
Après les crises financière, économique, sociale, agricole et alimentaire, avant une autre prévisible de l’Euro, devant l’augmentation des pauvretés dans le monde, la dimension européenne me semble, plus que jamais, pertinente pour intervenir dans le débat et les prises de décision. Avec le traité de Lisbonne, une étape est franchie. Il convient maintenant, afin d’apporter des réponses efficaces, concrètes et urgentes, à réaliser cette ambition d’intégration. il est utile alors de revenir aux fondamentaux, aux préconisations de Schuman car comme le dit l’axiome : « lorsque l’on sait d’où l’on vient, on sait où l’on va ».
Chronique du 13 octobre 2009
Comment la religion peut elle influencer la production de la norme juridique ? C’est sur cette question que des chercheurs venus de 6 pays européens mais aussi venu d’Egypte et d’Israël, des universités de Tel Aviv ou du Caire. Ensembles, ils se sont penché à Rennes a l’occasion d’un important colloque sur le « droit, éthique et religion ». Le colloque organisé par l’Université de Rennes et le CNRS fut passionnant et riche de réflexion. La question bioéthique était le fil rouge de ces journées d’études et l’exemple marquant d’une époque ou civilisations et communications se croisent au quotidien. Ainsi, dans l’espace mondialisé qui est le nôtre, la confrontation des modes de production des normes, permet de saisir les nuances culturelles de problématiques partagées par de nombreux peuples.
La construction du droit, dans notre monde moderne mais c’était déjà le cas au Moyen Age, est à mettre en relations avec les religions tout comme avec les philosophies et qu’on ne peut les ignorer. C’est en tout cas ce qui ressort des différentes contributions présentées. En matière de fondation du droit c’est même une question centrale.
Bien sûr, juristes, sociologues et politologues ont posé avec justesse les distinctions que posent d’une part le Droit naturel d’ Hobbes ou Bentham qui s’oppose au droit positif, le droit divin de Thomas d’Aquin, celui de la raison d’Emmanuel Kant ou encore celui de la politique qui ne connait pas d’ordre supérieur. Un droit, intimement lié à la morale et seul capable d’organiser le vivre ensemble. Il est en ce sens le symbole des relations entre les hommes.
Dans notre société moderne, européenne et internationale l’éthique se substitue au terme de morale trop lié, selon les intervenants, à la religion. Tout au moins en ce qui concerne les religions de la vérité révélée : chrétienne, judaïque et musulmane. Et puis avec le terme morale la religion n’est pas séparée de la politique.
La difficulté pour les états, aujourd’hui en étroite interactions, est de faire coexister des morales différentes, des problématiques qui dépassent aujourd’hui les frontières géographiques et vont jusqu’à transcender les religions. C’est le cas, par exemple des questions bioéthiques. Sur de tels domaines, au moment où le politique connait une crise de légitimité, l’éthique, parce qu’elle fait sens, permet de réarticuler le monde mais ne peut prendre la place des religions.
Si l’éthique fonde le droit il est important pour comprendre la place de la morale et de la religion. L’éthique, en effet, repose sur toutes les morales y compris la science. Dans cette perspective, l’éthique contribue à redonner du sens au religieux et installe par ailleurs un large effet de laïcisation des relations sociales.
Mais sur des questions aussi complexes a cerner que la bioéthiques ou des règles matrimoniales et patrimoniales la technique scientifique ou juridique est insuffisante et largement inégale en fonction des cultures et des croyances. Des règles qui, si elles créent les normes, ne peuvent résoudre entièrement la question qui ne peut, de toute façon, satisfaire l’ensemble.
Ainsi, il n’est pas toujours facile, dans la conception d’un monde juridique, de distinguer le droit canonique tourné vers le sens de l’humain et du divin et le droit civil tourné uniquement vers l’humain. une lecture attentive des discours religieux pourrait alors devenir est alors un outil incontournable susceptible d’intensifier la démarche éthique.
L’Europe a peur d’elle-même. C’est tristement à ce constat que l’on arrive. Du projet le plus formidable de tous les temps car porteur de paix, de solidarité et de prospérité, l’Union est devenue, pour certains, une zone d’incertitude. La crise laitière nous en donne encore un exemple concret. Les discours se succèdent pour abattre ce qui devrait être consolidé. La citoyenneté est en panne et de vieux démons de la concurrence interétatique voire nationalistes réapparaissent ici ou là.
Le vent des crises financières, économiques, sociales, est aussi passé par là. L’inquiétude en un avenir opaque entraine des replis sur soi s’appuyant sur des idées erronées. Pourtant à y regarder de près, le potentiel mis en œuvre ces derniers mois par les pays européens, a été de nature, non seulement à protéger les Européens du pire mais encore à porter une parole commune et forte lors du sommet du G20.
Dans la mondialisation, une forme de gouvernance nouvelle, appuyée par une direction européenne solide et organisée montre ses premiers effets. Encore faut-il que les européens s’en rendent compte. Ainsi l’affirmation forte d’une construction européenne plus intégrée et dotée d’institutions caractérisant une gouvernance européenne est aujourd’hui nécessaire. La prise de parole de tous ceux qui croient et espèrent en l’Europe doit se faire prégnante. L’Union européenne est une nécessité qui doit évoluer vers une vision commune et des règles impliquant la dimension humaine comme primordiale. Ainsi, social et santé, culture et éducation, dimension politique et relation internationale doivent être érigés en compétences partagées mais marqués du sceau de la subsidiarité et développés au sein même des territoires.
On imagine donc sans peine l’urgente nécessité de la rédaction d’un nouveau traité. Préparé au plus vite dans l’esprit des souhaits exprimés par les citoyens européens, il devra établir les éléments d’une gouvernance adaptée aux conditions des Etats membres et des liens avec le reste du monde. Toutefois, toute forme d’évolution des structures européennes passe par la reforme des institutions. Tout au moins le passage de la règle de l’unanimité à celle de la majorité. Sans cela aucune possibilité ne s’offre dans des temps raisonnables. Mais cette proposition ne peut être valable que si les Irlandais confirment leur attachement à l’Union et votent en faveur, le 2 octobre, lors du deuxième référendum qui validera ou non le traité de Lisbonne.
Dans le cas contraire, l’Union européenne entrerait dans un processus qui amènerait, sans doute, quelques Etats membres à s’organiser dans une perspective intergouvernementale.
Chronique européenne d’Emmanuel Morucci sur RCF
Ce jeudi, son Excellence Pavel Fischer, ambassadeur de la République Tchèque, pays présidant l’Union européenne effectue une visite bretonne, à Brest, à l’invitation de la Maison de l’Europe de cette ville. Si les échanges entre les deux régions sont à l’ordre du jour, l’ambassadeur porte dans sa valise les éléments d’un premier bilan d’une présidence qui à fait suite à celle de la France. On peut en être assuré, les choix engagés par le groupe des 3 présidences emmené par la France, ont été poursuivis durant ces six derniers mois tout comme ils trouveront une suite dans la présidence suédoise qui débute ce premier juillet.
Une Suède qui présente ses priorités : Changements climatiques dans la perspective de la Conférence de Copenhague, Avenir du Traité de Lisbonne, Crises économique et financière, Adhésion de la Turquie à l’UE, Situation en Iran, Situation dans les Balkans occidentaux.
Une présidence que l’on peu imaginer fortement impliquée dans les questions touchant le changement climatique, le développement durable mais aussi le programme 3 E, entendez énergie, économie et Europe dans le monde. En ce domaine, le travail n’est pas mince. La réflexion doit amener l’Union européenne à imaginer son devenir énergétique, c’est-à-dire à la fois assurer et sécuriser son approvisionnement et produire en utilisant les technologies connues à ce jour mais en privilégiant pur une part importante aux énergies renouvelable ou propres. Pour y parvenir, UE et Etats membres devront montrer leur bonne volonté et faire en sorte, qu’au niveau des particuliers, le’ jeu en vaille rapidement et réellement la chandelle afin que chacun s’investisse dans un projet. Mais cela suppose des modifications importantes des comportements industriels et de consommation.
La Suède est aussi attendue sur le règlement de la crise financière. L’euro doit jouer un rôle important comme monnaie internationale complète et représenter une réserve monétaire au même titre que le dollar. Un travail de persuasion en perspective pour la présidence suédoise qui devra amener les Etats membres à se positionner afin que l’UE ne parle que d’une seule voix. Au-delà de la politique étrangère dont nous verrons s’installer les structures après la ratification du traité de Lisbonne, c’est bien sur cette question de la monnaie que l’Union doit construire ses propres règles et les faire admettre à l’extérieur de l’Union. Bien sûr une des charges importantes pour la Suède sera la préparation européenne de la Conférence de Copenhague, sommet des Nations Unies consacré au changement climatique et à la définition des mesures à prendre de manière commune à l’échelle de la planète. Sur un tel sujet la cohérence de l’Union et la cohésion des décisions des Etats membres sont attendues.
Autre changement de ce début d’été, en France le Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Bruno Lemaire devient ministre de l’alimentation et de l’agriculture. Ce fut un court passage après le départ de Jean Pierre Jouyet qui avait assuré le succès de la présidence française de l’UE. Bruno Lemaire laisse la place à Pierre Lellouche, avocat de profession et jusqu’ici représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan.
Voilà , il me reste à vous remercier de votre écoute fidèle à cette chronique et à souhaiter à chacune et chacun un bel été et de bonnes vacances.