Morucci Europe Blog

Fait absurde de notre société, alors qu’en France on célèbre en ce mois d’août la Paix et la Réconciliation entre pays belligérants de la seconde guerre mondiale. Une grande marche, organisée par l’association le Miroir des âmes aura lieu le 24 août à Tournai-sur-Dive en Normandie. Deux autres pays entrent eux dans un conflit, qui s’il ne s’arrête pas immédiatement peut avoir des conséquences terribles sur la stabilité du continent européen.

Mais son rôle est plus que symbolique. C’est ce que rappelle Carl Bildt, Président du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, qui se rend en géorgie pour mettre en avant les valeurs et les principes communs de l’organisation : ”Le règlement pacifique des conflits est un principe de base du Conseil de l’Europe. La Géorgie et la Fédération de Russie se sont engagées, lorsqu’elles sont devenues membres de l’organisation, à régler tous les conflits par des moyens pacifiques. Cet engagement doit être respecté, comme doivent l’être l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie.

Mais quelle capacité à le Conseil de L’Europe pour mettre fin au conflit sinon se reporter sur les Nations Unies, l’Union Européenne et l’OSCE?

Une Union européenne qui se trouve confrontée à un véritable État de guerre dure à sa porte, entre pays qui sont aussi ses alliés. Elle pose donc aussi la question de la capacité de l’Union européenne à parler d’une seule et même voix sur ses réelles possibilités d’intervention dans le cadre d’une politique étrangère commune et d’une défense des membres de l’Union face à des soubresaut de nature géopolitiques sans doute liés aux enjeux énergétiques que le président en exercice de l’Union à placé comme objectif prioritaire de son action.

Mais sans texte validé, traité constitutionnel ou de Lisbonne les marges de manoeuvre de la présidence française, de l’Union elle même restent étroites. L’absence de texte va démontrer que les possibilités offertes à l’Union sont faibles. Reste la diplomatie et la capacité des Européens ceux de l’Union et ceux du Conseil, à peser de tout leur poids pour mettre fin à la violence et résoudre le conflit.

La première action est de donner aux organisations humanitaires l’accès total à la zone de conflit. Il faut mettre un terme aux souffrances de la population civile et empêcher davantage de pertes en vies humaines dans cette région d’Europe.

On pensait être relativement protégé (même souvent soupçonné de ringardise lorsque l’on parle de la paix comme fondement de la construction européenne) mais on se rend compte que la paix est fragile. Les États qui adhèrent au Conseil de l’Europe sont résolus à écarter définitivement la tragédie qu’est la guerre. C’est en substance ce que la Russie et la Géorgie se sont engagée à faire lors de leur adhésion. Le 28 février 1996 en ce qui concerne la Fédération de Russie et le 27 avril 1999 pour la Géorgie.

Ces mêmes États qui ont signés et contresignés l’article premier : «réaliser une union plus étroite entre ses membres…” apportent la guerre non pas aux portes de l’Europe mais en Europe elle-même. Certes on ne peut confondre Union européenne qui regroupent 27 États membres ayant mis en commun des compétences bien définies et particulières (politique étrangère et de défense commune) et Conseil de l’Europe qui lui regroupe 47 États membres et dont les objectifs plutôt de l’ordre du symbole et de l’engagement : – défendre les droits de l’homme, la démocratie pluraliste et la prééminence du droit ;

  • favoriser la prise de conscience et la mise en valeur de l’identité culturelle de l’Europe et de sa diversité ;
  • rechercher des solutions communes aux problèmes de société, tels que discrimination envers les minorités, xénophobie, intolérance, terrorisme, trafic des êtres humains, crime organisé et corruption, violence contre les enfants et enfin,
  • développer la stabilité démocratique en Europe en soutenant les réformes politiques, législatives et constitutionnelles.

Autant d’engagements bafoués par la Russie aujourd’hui qui se trouve sur un territoire national qui n’est pas le sien. Et autre question : quel respect de la démocratie et des peuples à disposer d’eux-mêmes? Quel sens donner à ces interventions de violence militaire sur une région d’Ossétie du sud à peine plus grande qu’un département français de quelques 70000 habitants?

La question fondamentale est bien aujourd’hui la raison d’être du Conseil de l’Europe dans un tel cas de conflit ouvert entre deux de ses membres? Quelle est sa capacité à intervenir et faire intervenir, dans un souci d’arbitrage, les autres membres signataire. Car c’est bien la paix à garantir coûte que coûte sur le continent européen qui est le projet principal. C’est bien ce que Winston Churchill affirmait lorsqu’ en organisant le Congrès de la Haye, le 7 mai 1948, il avait proclamé aux représentants européens : «nous ne sortirons d’ici que lorsque nous auront mis en place les conditions de la paix». Le Conseil de L’Europe est bien la première organisation parlementaire internationale dans l’histoire du monde La Russie et la Géorgie, en ont accepté les conditions et validé la Convention européenne des droits de l’homme et les autres textes de référence sur la protection de l’individu. Mais se pose une dernière question : Afin de se protéger les Européens du Conseil ne doivent-ils pas avoir leur propre conseil de sécurité doté de compétences? L’Union serait, en ce domaine, un acteur principal sur le théâtre européen. Ce qui exige la mise en place urgente d’une défense européenne. CQFD.

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