Morucci Europe Blog

Par Emmanuel Morucci Les deux premiers mois de la présidence française de l’Union européenne n’auront pas été de tout repos . C’est le moins que ‘on puisse dire. Loin d’être en vacances, la présidence à virevolté sur tous les fronts de l’actualité sensible internationale. Jeux olympiques à Pékin sur fond de polémique sur les droits de l’Homme, lancement de la future Union Euro-Méditerranée avec les difficiles thèmes récurrents de la paix et de la réconciliation, un traité de Lisbonne vacillant mais dont reconnaît aujourd’hui l’implacable nécessite et pour finir le front ouvert par la Russie dont il faut reconnaitre a rapidité et la fermeté de l’intervention du président Sarkozy.L’invasion de la Géorgie par les troupes russes ouvre une des crises sinon les plus graves du moins la plus médiatique et sournoise depuis la guerre froide sur un fond d’incertitude d’approvisionnement énergétique. La crise entre l’Union européenne et la Russie est lourde. Jusqu’ici les dirigeant russes, que ce soit Le président Medvedev ou le premier ministre Poutine ont affiché un mépris certain vis à vis de la collectivité internationale et notamment de l’Union européenne. Leur principal souci est bien d’ailleurs de s’en démarquer au nom du refus d’un unilatéralisme économique dominé par l’occident tout en reconstituant un territoire et une influence rétrécis depuis la chute de l’URSS. Il faut dire aussi que les Européens et les économies occidentales sont dépendantes de ce contrôle par la Russie de la libre circulation du gaz et du pétrole. La Géorgie est devenue pour l’Europe la plaque tournante essentielle de sa sécurité en ce domaine.Au moins, les Européens ont-ils pris conscience de leur nécessaire union. De la nécessite de parler d’une seule voix aussi, de mettre en place cette politique étrangère commune combien de fois appelée des vœux des citoyens depuis la ratification du traité de Maastricht mais jamais mise en place du fait des choix opérés par les États membres. Réunis en Sommet extraordinaire, les 27 États membres sont parvenus malgré leurs désaccords de départ à un consensus, lundi sur l’attitude à adopter face à la Russie et l’aide à apporter à la Géorgie. C’est sans aucun doute d’une un succès de la présidence française mais on peut dire que la pression sur Moscou est d’une exceptionnelle douceur. Une des raisons est que deux conceptions s’opposent. Les anciens pays du bloc soviétique, le Royaume-Uni et la Suède sont partisans de sanctions fermes contre la Russie, alors que les pays de la «Vieille Europe» sont plus modérés. Une autre raison est que les échanges commerciaux entre l’Europe et la Russie ont triplé depuis 2000 et s’élèvent aujourd’hui à près de 233 milliards d’euros. Donc au final aucune sanction n’a été prévue contre Moscou. «Cette réunion n’était pas dirigée contre la Russie», a déclaré lors de sa conférence de presse Nicolas Sarkozy. «La solution de la crise entre l’Europe et la Russie n’est pas militaire. On n’a pas vu la fin de la dictature communiste pour ré embrayer sur une nouvelle guerre froide », a-t-il ajouté. Les 27 ont toutefois fermement condamné la riposte «disproportionnée» des Russes au conflit qui a éclaté en Géorgie au début du mis d’août.Président en exercice de l’UE Nicolas sarkozy, José Manuel Barroso,président de la Commission européenne et le Haut représentant pour la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, se rendront à Moscou le 8 septembre prochain. Ils seront reçu par le président russe Dimitri Medvedev.La rencontre s’annonce délicate. Il s’agira, en effet, pour les dirigeants européens de montrer leur capacité de médiation dans une crise qui se déroule sur le continent, de faire respecter l’accord de cesser le feu mais aussi de montrer à la Russie les limites qui sont les siennes sans pour autant l’exclure du dialogue. la chronique hebdomadaire d’Emmanuel Morucci sur RCF

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