Morucci Europe Blog

La crise financière mondiale met à jour constat évident. Faute d’organisation institutionnelle formelle, l’Union se trouve handicapée pour répondre au processus négatif qui touche aujourd’hui, finance, économie, emploi et demain l’approvisionnement en énergie.
On s’en rend compte aujourd’hui, il manque à l’Union, au moins, un gouvernement économique. Sans doute la Banque centrale européenne tient-elle encore les objectifs qui lui ont été assignés par le Conseil européen mais pour combien de temps encore?

Chose étrange, la Présidence Française n’a pas encore réuni l’Euro groupe. C’est à dire l’ensemble des pays de l’Union qui ont adopté l’euro comme monnaie unique. Même si les ministres des affaires économiques se sont retrouvés, il manque un échelon de décision directement concerné. Faut-il alors comme le préconise Jean Quatremer depuis sa rédaction de Bruxelles qu’un gouvernement économique européen voit rapidement le jour ?

La question est récurrente. Souvent posée, elle nécessite toutefois que soit d’abord posée la structure institutionnelle de l’Union. La ratification du traité de Lisbonne est la première mesure urgente à réaliser avant qu’il ne soit possible d’aller plus loin. Reste cependant à savoir si l’Irlande, entrée en récession trouvera la force de se reposer sereinement la question de la ratification ? Si même est-elle en mesure de revoter ? C’est pourtant les Irlandais qui détiennent la clef. Sans leur vote le traité est mort. Qu’elle solution, alors, adopter ? Peu de possibilités s’offrent aux Européens, sauf a rester sur le traité de Nice sûrement pas adapté pour faire fonctionner une Union qui, pour l’heure, tient la tête hors de l’eau. Il faudra reproposer un nouveau traité. Ou aller plus loin…. sans certains Etats membres.

Mais l’idée bienvenue, et pour moi malgré tout minimalen d’un gouvernent économique de l’Union ne peut voir le jour qu’à la condition que les Européens, et en premier lieu, nous les Français, affirmions le choix de l’Europe comme choix politique essentiel. Autrement dit et pour reprendre des expressions galvaudées : Aujourd’hui on se rend compte qu’il nous faut plus d’Europe et pas moins. Qu’il nous faut prendre le chemin de ce que j’appelle une forme supranationalité à caractère fédéral.
Deux possibilité pour affirmer ces choix s’offrent à nous. Le premier est immédiat et revient à la Présidence Française d’en poser les fondations. Le second se profile. Il appartiendra aux peuples de confirmer les orientations profondes et durable du choix européen. Dans 9 mois exactement auront lieu les élections des députés européens. De la majorité qui en sortira sera donné le devenir de l’Union.
En pleine crise mondiale, l’Europe se débrouille plutôt bien. La prise de participation de la banque belgo-néerlandaise Fortis en est un exemple. La Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas montre, à ceux qui en doutaient, que l’Europe sait réagir aussi vite, et même mieux, que les Etats-Unis lorsqu’il y a le feu à la maison. Ils l’ont fait en concertation avec la France, les banques centrales des Etats concernés, la Banque centrale européenne (BCE) et, bien sûr, la Commission européenne, gardienne des règles de concurrence et des traités.

C’est un premier modèle de la réaction des Européens. Il annonce ce que pourrait être un gouvernement économique. Mais on est encore loin du compte. Plus que jamais, la crise mondiale actuelle montre qu’un nouveau saut fédéral est nécessaire.

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print