Morucci Europe Blog

A toute chose malheur est bon dit un dicton. Un autre dit que toute crise est profitable. Si les choses n’étaient pas aussi tragiques on pourrait s’en contenter et se dire que les Européens, je veux parler ici des chefs d’Etat et de gouvernement, ont enfin admis de l’utilité qu’a l’Europe a parler d’une seule voix.

Il aura fallu que les banques de l’Union soient menacées de faillite pour que les ministres de l’Eurogroupe, rejoints par ceux du reste de l’Union décident de porter de 20 000 à 50 000 euros les garanties bancaires des particuliers.

Ce n’est pas encore une politique commune. Chaque Etat intervient toujours individuellement mais la prise de conscience d’une action commune apparait. Sans doute, cette crise financière et économique fait amèrement regretter que l’Union ne soit pas dotée des outils institutionnels qui lui ont été refusé à trois reprises par les citoyens de l’Union.

Mais au moins la décision commune de ne pas agir individuellement, sans tenir compte des pays partenaires est une réponse forte susceptible de rassurer les 320 millions d’Européens détenteurs de la monnaie commune. Une manière d’avertir aussi l’Irlande qui espérait capter, pour ses banques, les placements des épargnants qu’un Etat membre ne peut jouer cavalier seul.

Une excellente occasion de rappeler les valeurs de solidarités qui président à la construction européenne. Il est vrai que la crise remet sur le devant de la scène les outils conceptuels d’avant la construction économique du Traité de Rome.

Pourtant pour l’heure, il s’agit de sauver des banques, des entreprises, des emplois et un équilibre économique et financier mondial devenu très fragile et donc sensible à la moindre fluctuation.

Le président de la banque centrale européenne, avec ses homologues des Banques centrales nationales, a montré sa capacité a gérer la crise et fait la preuve de l’efficacité de la politique qu’il a opposé aux dirigeants politiques depuis plusieurs mois. Sans doute anticipait-il une crise qu’il voyait se profiler. Sans aussi, le système bancaire européen sortira de cet épisode transformé. D’une part il sera plus surveillé et d’autre part on voit le retour de l’Etat dans la prise de participation. Un retour nécessaire sur le libéralisme outrancier du marché. On assiste également a une reprise en main du politique sur l’économique. Ici encore il y a une prise de conscience que la science économique doit rester un simple outil au service de l’homme. Le moins que l’on puisse dire est qu’au quatrième mois de la Présidence française de l’Union, cette dernière aura été un épisode particulièrement chargé dans la chaine des présidences successives. Des résultats concrets sont d’ores et déjà à porter au crédit d’une diplomatie expérimentée, crédible et efficace. Reste pour elle a convaincre ses partenaires et acteurs bancaires d’un inéluctable plan européen de la finance tout comme l’Europe devra obtenir de ses citoyens la ratification du traité capable de transformer et de faire évoluer ses institutions.

Chronique diffusée sur RCF Ouest Pour écouter suivez le lien : http://www.rcf.fr/IMG/mp3/EUROPE_08102008.mp3

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