Morucci Europe Blog

La Présidence Française de l’Union Européenne prend fin ce 31 décembre. On peut globalement la qualifier de succès. La tâche n’a pas été simple car les crises nombreuses et successives jusqu’à la crise israélo-palestinienne qui réunit ce mardi les ministres des Affaires étrangères des 27. Le travail de l’équipe française, menée par monsieur Sarkozy, Président de la République et son ministre délégué aux Affaires européenne monsieur Jean Pierre Jouyet, a démontré la possibilité d’une nouvelle forme de gouvernance de l’Union et sa capacité diplomatique et politique à entrainer le projet et les défis européens.

A l’analyse, il ressort trois éléments essentiels de cette présidence française.

Un premier est il est aujourd’hui prouvé que le monde a besoin d’une Europe puissance dont il faut définir la forme de gouvernance, Une Union européenne qui, pour reprendre l’expression du Président du Conseil, « pense, imagine, et refuse le consensus fondé uniquement sur le non-dit (…)». Autrement dit, il y a ici une rupture validée par les 27 avec la recherche systématique d’accords mous.

Un second élément est que l’Union est entrée avec la présidence française dans une forme de gestion qui s’éloigne de la supranationalité et du fédéralisme souhaité par les fondateurs. C’est une Europe qui fonctionné au grès des accords intergouvernementaux. Après la présidence française l’Union européenne est plus intergouvernementale que communautaire. Les actions sont européanisées plutôt qu’européennes au sens strict.

Un troisième constat est l’Union est entrée dans un processus ou la prédominance des grands Etats membres s’affirme avec force obligeant les plus petits pays a suivent. Avec les crises économique, financière et géopolitiques, les Européens, sous l’impulsion de monsieur Nicolas Sarkozy, ont pris conscience de la capacité de l’Union à devenir une zone territorialisée d’identité et d’influence internationale. Mais, pour que la situation soit pérenne il faut maintenant qu’elle se construite une unité.

A cela on peut encore ajouter que la Commission a perdu, durant cette présidence, un peu de sa centralité au profit de ce que pourrait être une présidence du Conseil durable dans le temps. Le traité de Lisbonne devrait rendre cette présidence incarnée et porteuses des symboles de la représentation commune.

Cette situation préfigure peut être les réflexions institutionnelles qui feront suite au traité de Lisbonne Sans doute la présidence tchèque devra rééquilibrer certains points. En effet, la Commission est importante dans le dispositif européen. C’est elle qui assure la permanence de l’intérêt européen. C’est elle aussi qui a la capacité à transformer les engagements politiques en contraintes juridiques. Sans elle, l’Union devient une construction fragile.

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