Morucci Europe Blog

La plupart du temps les colloques internationaux consacrés à l’Europe traitent du système institutionnel ou de thématiques très spécifiques liées aux compétences transférées par les Etats membres à l’Union européenne.

Ce n’était pas le cas la semaine dernière à l’université de Poitiers qui a su traiter des problématiques fondamentales de l’Europe en s’appuyant sur les signes et les symboles qui font notre quotidien. Sa Maison des Sciences humaines et sociales (MSHS) organisait un colloque international de haute tenue rassemblant des historiens, géographes, architectes, musicologues, sociologues, juristes, littéraires, des chercheurs en sciences politiques venus de toute l’Europe, élus politiques (députés européens, anciens ministres) et responsables d’ONG. Le laboratoire de recherche en sciences sociales, sous la direction des professeurs Helene Yeche et Guillaume Bourgeois a fait preuve d’originalité en proposants aux participants de se pencher sur les signes, les images et les couleurs qui ont fait l’histoire et font l’actualité de la construction européenne.

Voilà des sujets peu abordés habituellement par ceux qui s’intéressent à l’Europe mais preuve en est qu’en traitant, par exemple, des arrangements produits par Karajan de l’hymne européen on creuse certes l’histoire de la construction européenne mais on peut également remettre à jour un certains nombres de polémiques oubliées. A travers les couleurs rouge puis verte des premiers drapeaux du Congrès de La Haye on arrive aux raisons qui ont présidé au choix de la bannière étoilée mais rappelle et explique les controverses difficiles des débats des premiers temps.

Le colloque s’est aussi intéressé, autre exemple, à l’euro et tenté de saisir les raisons qui ont poussé les britanniques à conserver jusqu’ici la livre sterling. Il est vrai que le rapport à l’empire britannique reste vivace et on peut comprendre que la monnaie unique ne peut avoir facilement raison de la très symbolique Britannia (Rule Britannia..). Au travers de ce symbole d’outre-manche c’est toute l’histoire de l’Europe depuis la Rome antique qui prend sens.

Ainsi, et c’est un autre domaine abordé, travailler sur les caricatures publiées ici ou là ; en France ou en Allemagne, explorer le Panthéon des fondateurs, analyser les fondements de leurs engagements, permet de saisir les contours de la complexité qu’est l’Union européenne.

Bien d’autres thèmes ont été abordé. Des points de vue du droit sur la personnalité juridique de l’Europe, de la géopolitique avec la conviction des Balkans soucieuse des conditions d’adhésion en passant par la question de l’identité européenne, un concept a géométrie variable amène a parler des manuels scolaires et aux images évolutives de l’Europe que ces derniers présentent en fonction des époques et des éditions.

Ces quelques exemples démontrent que la question européenne peut être un thème passionnant lorsqu’il est abordé par ce qui est de l’ordre des symboles et des images. Ils sont sous nos yeux a chaque instant et on ne les voit plus. Y revenir c’est élaborer une forme d’éduction à la chose européenne immédiatement accessible. Les grands publics peuvent aussi s’y intéresser. C’est un moyen exceptionnel de développer la culture générale mais surtout de tenir et de sentir les outils nécessaires afin de penser l’Europe voire de la repenser. L’européanisation des consciences a à y gagner. La politique n’est pas tout dans le projet international des années 50 et suivantes . il y a aussi tout ce qui fait sens, notamment comprendre les stratégies des peuples et des gouvernements. L’explication du présent trouve souvent sa source dans le passé et pas toujours dans un passé récent. Permettre la compréhension des motivations des acteurs de la construction européenne est le but que se son fixé les chercheurs en sciences humaines et sociale et en sciences politiques. le centre de recherche de Poitiers a, en ce domaine, rempli les objectifs scientifiques qu’il s’était fixé et ainsi réussi a rassembler un grand nombre de communications.

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