Morucci Europe Blog

A cinq mois de l’échéance, les grandes manœuvres pour les élections européennes ont commencé dans les partis politiques français. Chacun d’entre eux y a va de ses champions qu’il aligne sur la ligne de départ. Plus que des têtes de listes ce sont des têtes d’affiches qui sont présentées. Des premiers noms qui sont aussi ceux des futurs députés européens possibles. Car il y a peu de surprises à attendre. Ce scrutin, en France, proportionnel par listes dites régionales fait que les premiers noms sont immanquablement ceux des élus. Ainsi les places sont chères et les élites nationales se battent ou s’échappent. Le job de député européen est un temps plein. Plus question donc de cumul de mandats. Pas possible d’être maire ou conseiller régional et député européen.

La France aura 72 parlementaires. Elle en perd 6 par rapport au précédent scrutin de 2004 pour cause d’élargissement. Reste que le traité de Lisbonne n’est pas encore ratifié et devrait poser la question du nombre de parlementaire au final. Dans l’absolu, pour avoir un élu il convient d’obtenir 5 % des voix. Mais la répartition se fait à la plus forte moyenne. Ce qui veut dire en clair qu’au niveau régional une liste ayant obtenu 10% n’aura pas forcement de siège. Ce mode de scrutin favorise donc les deux grands partis que sont le PS et l’UMP. Les autres, Verts, Modem, PC ne peuvent espérer des élus qu’à la marge. Ainsi, dans la région ouest l’UDF n’avait obtenu qu’un seul élu.

Ceci explique pourquoi les partis ne présentent que les têtes de liste. Dans la circonscription ouest, sur les 9 sièges, à l’UMP comme au Ps les deux ou trois premiers de la liste ont de bonnes chances d’être les représentants des citoyens de la région. Au modem c’est plus délicat seule la première peut espérer siéger à Strasbourg. Idem chez les Verts. Le camp des souverainistes peut également tenter d’obtenir un siège.

Les jeux étant faits, ce mode de scrutin n’est sans doute pas de nature à faire se déplacer les foules pour une élection européenne que les électeurs boudent généralement. Et il ya de quoi. Es candidats sont choisi par les appareils politiques au niveau national. Ce qui fait qu’à la fin de ce mandat peu sont capable de donner les noms de leur député. Il est vrai que la circonscription est si étendue que l’on oublie vite celle ou celui qui se représente l’autre bout. Par exemple la circonscription ouest regroupe la Bretagne, les Pays de la Loire et le Poitou Charente. Si certains parlementaires ont été présents, disponibles et compétents, il y a ces parlementaires que l’on n’a jamais vus dans les coins les plus reculés de la circonscription. Ils n’ont jamais fait l’effort de se déplacer. Je ne dénoncerais personne mais déjà ont peut craindre qu’une forme de parisianisme affirmé de certains partis ne facilite pas la relation entre le local et la dimension européenne et met donc en péril la démocratie de l’Union et l’application de la subsidiarité qui fait du député européen le représentant des citoyens. En réalité, on est arrivé au point où il s’agit plus pour eux de représenter l’Etat-nation que le peuple.

De plus on voit se pointer la tentation de la dénonciation politique gouvernementale au dépend des thèmes européens. Ce fut le cas, à droite comme à gauche, tout au long du dernier week end.

C’est bien dommage car le citoyen européen a besoin de confiance en ses représentants et défenseurs à Strasbourg et Bruxelles. La relation entre eux est essentielle. Le député souhaité est une femme ou un homme qu’il reconnait comme étant installé à la fois dans des convictions européennes, une grande compétence sur le sujet et un ancrage réel dans un pays et une région. Ainsi, les parachutages risquent de ne pas retenir l’agrément. En tout cas ils ne motiveront pas les foules. Cette relation étroite entre député européen et citoyens est pourtant essentielle. C’est par elle que la réalité d’une appartenance à l’Europe peur se développer. C’est aussi par elle que peuvent se prendre en compte les besoins des régions tout en développant une dimension communautaire. Le travail d’un député européen est en effet complexe car il doit maitriser les problématiques internationales, les associer aux besoins des Etats-membres mais aussi avoir un lien d’osmose avec une région afin de pouvoir prétendre parler en son nom. Avant tout le député européen représente le peuple ! Peut être faudrait il changer de mode de scrutin afin de le rendre proche des citoyens ?

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print