Morucci Europe Blog

Au moment où s’ouvre un sommet social, les analystes politiques se déchirent sur l’idée de relancer l’économie soit par l’investissement soit par la consommation. Globalement on trouve ici la séparation entre droite et gauche. En même temps, on a beau fouiller les articles de la presse française, creuser les discours des leaders politiques. Aucun ne fait jamais le lien avec la dimension européenne. Pourtant le règlement de cette crise internationale ne se fera pas sans une mise en application des outils qu’offre l’Union européenne. Pire en encore, aucun ne se pose la question des choix européens a faire. Au point que cela semble être même le sujet qu’il ne faut surtout pas aborder. C’est pourtant une question essentielle car déterminante, compte tenu de l’avancée des mises en commun, non seulement pour le règlement de crise mais surtout pour organiser l’avenir de l’Union européenne et les relations économiques et sociales inter Etats-membres. Le président de la région Bretagne vient de s’adresser au président de la Commission européenne afin que cette dernière mette en place des moyens efficaces de règlement de la crise.

Demander à la Commission européenne de prendre des mesures radicales et internationalement significatives ne peut se faire que si le caractère de véritable communauté est conféré à l’Union. Or, celle-ci n’a pas la personnalité juridique lui permettant, en l’absence de traité adéquat – Lisbonne n’étant pas encore ratifié- de prendre une telle décision.

L’économie étant une compétence partagée entre Etats membre et Union, il revient au Conseil européen de donner une impulsion forte en ce domaine. C’est en effet à ce niveau que les choses peuvent se faire. D’ailleurs en incarnant ce leader ship le président de la République nous en a donné le gout. Assez peu suivi semble-t-il par son successeur. Ainsi, a défaut d’harmonisation et de véritable politique commune, chaque gouvernent y va de son projet national au risque de se voir accuser de protectionnisme. Plus grave encore, les actions non concertées peuvent s’annuler les unes les autres. Enfin, celles-ci ne peuvent être uniquement d’ordre économique. Elles doivent impérativement prendre une dimension sociale car il s’agit de traiter les effets sociaux des dégradations financières. Tour cela repose sur des textes européens. La charte des droits sociaux fondamentaux – au moins elle – devrait être le fil conducteur de tout travail au niveau national comme au niveau communautaire.

On s’aperçoit avec stupeur que les partis politiques n’ont que très peu de chose à dire sur le sujet. Comme si le fait de parler des problèmes concrets de l’Europe était de nature à gâcher leur doctrine hésitante sur le sujet. Ne parlons pas des partis de l’extrême gauche qui réclament toujours, comme un leitmotiv, une « autre Europe » mais sans jamais être capable d’en dessiner les contours. Mais la vision européenne est en panne au parti socialiste qui continue sa difficile digestion de sa division d’orientation majeure du référendum de 2005. Il n’ose même plus avancer sur une quelconque proposition. A l’UMP, la vision d’une prise de décision conférée à l’Union par un transfert de pouvoirs nationaux au Conseil européen donne des boutons et on préfère donner l’impression que l’on peut gérer la crise nationalement plutôt que de changer de stratégie et mutualiser avec nos partenaires les moyens de la contraindre. Même au Modem on ne dit rien de profond sur le devenir de l’Union. Pas la moindre orientation sur le sujet comme si économistes et politiques étaient devenus tout a coup secs. Pourtant face à une situation de cette ampleur, il n’est pas tout de s’affirmer être les champions de l’Europe. Encore faut-il le prouver.

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print