Morucci Europe Blog

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L’Europe politique, celle de la défense ou encore l’Europe des régions semblent avoir été balayées d’un revers de main par les partis et responsables politiques de notre pays. Il y a peu de temps encore, l’ancien premier ministre Michel Rocard, par ailleurs brillant député européen, laissait entendre que : “puisque l’Europe politique ne se ferait pas, alors on pouvait laisser entrer la Turquie “. A près de 80 jours des élections européennes, moins de deux mois et demi, aucun parti ne semble être en mesure de dire ce qu’il va faire de l’Europe. Rien au sujet des Européens. Si l’on regarde deux évènements qui font l’actualité la crise et le retour de la France dans le commandement de l’OTAN, le traitement des informations se fait, aux yeux du grand public, de manière éhontée dans un cadre franco-français et dans des perspectives qui apparaissent comme purement nationales.

Sans doute l’entrée de la France dans le commandement de l’Alliance ne va pas changer fondamentalement les choses en dehors du fait que notre pays disposera de la voix active de deux officiers généraux. Cela nous permet d’être dedans et non plus « à côté ». Mais cela pose très sérieusement la question de la réalité d’une défense européenne. Et au-delà c’est l’autonomie de l’Union européenne dans ses prises de décisions, y compris économiques, stratégiques, monétaires et sociales, qui est en jeu. C’est aussi sa capacité à peser dans le monde, credo européens des dernières années qui peut éventuellement être remis en cause si les Européens n’y prennent garde.

Certainement nos gouvernants ont pesé le dossier. Ils répondent à une situation donnée, provoquée, si on analyse à fond le dossier, par le rejet du traité constitutionnel puis aggravée par un traité de Lisbonne qui, une fois les clauses d’opting out appliquées ici où là (et notamment par les Irlandais) perd toute sa substance. Restera, et c’est moindre mal car fort urgent pour aller plus loin, le passage de la règle de l’unanimité à celle de la majorité. Mais au-delà de ces derniers « mal-traités » (pardonnez moi le jeu de mots) c’est surtout celui de Maastricht qui passe à la trappe. Pourtant ce traité donne des indications incontournables et fortes de la direction à donner à l’Union européenne. La défense, la subsidiarité, la politique étrangère, la citoyenneté et la monnaie sont des thèmes que les citoyens de l’Union ont validés, y compris les nouveaux entrants par l’acquis communautaire. Ne plus se référer à ce traité revient à remiser la parole des citoyens européens dans un placard poussiéreux. Ne pas leur en rappeler le contenu c’est les laisser dans l’ignorance d’une historicité.

Le règlement rapide de la crise ne peut se faire que si l’Union en tant que telle et en tant que personnalité juridique s’en donne les moyens. Le faire par une juxtaposition de décisions nationales ne peut que ralentir les processus de dynamisations d’un système européen voulu par les Européens qui existe. C’est bien ce qu’ont compris le président français monsieur Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande madame Angela Merckel lorsqu’ils proposent comme priorité première, de manière commune, “de bâtir une nouvelle architecture financière globale”.

Pas représentés, pas motivés.

Enfin, les électeurs risquent de ne pas être très motivés au mois de juin si leur représentation individuelle et collective se fait par des personnalités, sans doute brillantes, mais parachutées dans les régions par des appareils politiques qui ne recherchent qu’à accroitre la capacité de leur propre représentation. L’Europe des régions, de la proximité, de la subsidiarité a du sens et les Européens y sont attachés. Et ce n’est pas parce que telle ou tel « saura faire entendre sa voix à Strasbourg » que cela rassure. Encore faudrait-il savoir ce qu’il y a dire. Et, en ce domaine c’est malheureusement, aujourd’hui, le fond qui manque le plus.

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