Morucci Europe Blog

Ils étaient 150 à plancher samedi dernier, à Châteaulin dans le Finistère, sur la question centrale de la crise alimentaire. Responsables d’entreprises agro alimentaires, professionnels de la pêche et de l’agriculture, syndicalistes, élus politiques et associatifs, représentants de mouvements d’Eglise, tous ont répondu à l’invitation de l’Observatoire des Réalités Sociales de Quimper et tenté de cerner les processus complexes de la crise alimentaire. Un colloque fort intéressant qui a soulevé les questions essentielles qui se posent au monde comme à notre proximité immédiate et suscité une prise de conscience de la responsabilité de l’Union européenne.

Economistes, sociologues, syndicalistes, professionnels mais aussi délégué d’ONG du Paraguay et du Mali ont expliqué à force de détails et d’éléments avérés la situation internationale et les enjeux globaux que recouvre ce que l’on appelle un peu pudiquement la crise alimentaire.

Les grands ensembles économiques et politiques internationaux ont été fortement mis en cause par les participants. L’Union européenne, elle-même, à été reconnue comme porteuse d’une responsabilité importante. Plus particulièrement visée » les politiques agricoles mondiales et la politique agricole commune.

Pour l économiste Jacques Berthelot, il y a une responsabilité écrasante des Etats unis et de l’UE dans les causes à court terme de la flambée des prix alimentaire. Il vise 2 points particuliers : l’essor des agro-carburants qui entraine une baisse des stocks céréaliers et la spéculation financière.

Parlant au nom du collectif pêche et développent de Lorient Alain Le Sann a quant à lui ramené le débat sur l’organisation de l’agriculture et de la pêche dans nos pays en mettant en évidence les accords internationaux mais aussi la permanence de la question de nos rapports aux autres, a la nature et à la culture.

Rappelant le sommet de Rome, il souligne le droit pour tous à l’alimentaire et ouvre le débat non tranché entre souveraineté et sécurité alimentaire. Son propos pose la question de l’agriculture paysanne comme celle du choix européen de la pêche industrielle contre celui de la pêche artisanale. Dans son propos, il invite les participants à agir localement et à penser globalement. C’est-à-dire réfléchir et faire des choix complexes face à la diversité des produits, leur origine, les modèles alimentaires et les modes. Mais il soutien également l’inverse : agir globalement et penser localement. Autrement dit, on ne peut qu’inscrire son action locale dans un contexte mondial. Sinon dit il on risque de « construire son petit jardin vert en faisant payer à d’autres le prix de sa survie ».

Les participants ont souligné l’importance bien comprise des élections européennes. Le niveau politique, législatif et budgétaire du Parlement européen est bien repéré comme étant l’espace capable de donner les directions européennes et mondiales sur ces questions des productions et consommations alimentaires dans le monde. A un point tel que l’on peut dire que du côté de la Bretagne les candidats sont attendus de pied ferme….et avec des réponses.

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