Morucci Europe Blog

Affirmer que la Turquie doit faire partie de L’U.E. est un schéma déjà ancien véhiculé par les Américains. Vu d’Outre Atlantique, il ne s’agit ni plus ni moins que de permettre à leur allié d’intégrer le monde occidental. C’est une façon de le remercier pour l’acceptation des bases de l’O.T.A.N. sur leur territoire aux croisements de régions où les soubresauts géopolitiques et stratégiques se multiplient. Toutefois, comme il n’est pas question de faire de la Turquie en énième états des U.S.A. ; Barak Obama insiste pour qu’elle devienne le 28e ou 29e Etat membre de l’UE.

A quelques semaines des élections européennes, le débat est ainsi relancé. les réactions politiques se font nombreuses après la réaffirmation du Président de la République de sa vision d’une Turquie partenaire privilégiée de l’U.E. mais sans qu’elle en devienne pour autant un état membre.

Ceci m’amène tout de même à rappeler que la Turquie est un déjà état membre à part entière du Conseil de l’Europe. A ce titre, elle participe et entérine les choix continentaux. Sans doute lui a-t-il fallu beaucoup de temps pour régler ses problèmes de démocratie politique, abroger la peine de mort. Pour entrer dans l’Union, Il lui reste encore du chemin à faire, pour satisfaire aux critères de Copenhague, notamment en ce qui concerne l’égalité des droits entre hommes et femmes ou les libertés de cultes et de croyances.

Le président Obama arrive sur ce coup un peu tard. Cela fait un moment que la Turquie à demandé son adhésion à l’U.E. le processus d’élargissement est engagé, validé par les pays membres et il suivra son court comme ce fut le cas pour les pays qui ont rejoins les 6 fondateurs. Il reviendra ensuite au peuple turc de dire si oui ou non il souhaite ajouter à sa nationalité et a ses identités les droits mais aussi les exigences de la citoyenneté européenne. L’Europe n’est pas qu’économique ou un marché, elle est avant tout humaine et cherche sa dimension politique.

Mais que la Turquie entre ou non dans l’Union n’est en aucun cas du ressort du président Obama. Les Européens sont souverains chez eux et ils souhaitent augmenter au sein de l’entité européenne cette capacité souveraine. Dit plus clairement ce sont les Européens qui décideront le moment venu et avec les Turcs.

Mais cette phrase est symptomatique de la vision qu’ont les Américains de la construction européenne. Ils persistent à la voir comme une sorte d’ALENA du vieux continent : une zone de libre échange alors que les fondateurs ont posés les bases d’une construction en escalier comme l’avait suggéré Robert Schuman et arriver ainsi à un très haut niveau d’intégration.

D’ailleurs, a ce sujet, il ne sert à rien aux leaders politiques de notre pays de donner de la voix inutilement et de jouer avec le sujet comme un chat peut le faire avec une souris. La campagne des élections européennes, devra, et c’est un de ses enjeux, apporter une réponse essentielle. Celle du sens que l’on veut donner à l’Union, celle de l’orientation fondamentale donnée à l’Europe politique. Ou au contraire en faire une zone de coopérations renforcées ou de collaboration intergouvernementale. C’est selon ce choix clairement établi que l’on saura si la Turquie a, et veut sa place dans l’Union.

Mais à 60 jours du scrutin, les candidats sont peu diserts sur le sujet. Pourtant ce que les citoyens attendent c’est bien qu’ils annoncent ce qu’ils ont l’intention de faire avec et pour l’Union.

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