Morucci Europe Blog

Moins de dix jours avant l’élection des députés européens la campagne n’a toujours pas de relief. La question européenne, les enjeux du Parlement européen son nouveau rôle dans le paysage institutionnel européen et ses responsabilités dans les choix de société, semblent même ne pas intéresser ni les candidats ni les leaders des partis qui s’enferment dans une vision franco-française d’une Europe qui serait, à les entendre, la continuité de la République française.Et pour ceux qui s’y risquent, les contradictions sont énormes.

Il est vrai aussi que certains font tout pour transformer le scrutin européen en élection nationale intermédiaire. Ce qu’il n’est pas. Les enjeux sont européens avant tout et doivent le rester. C’est le cœur du sujet : comment faire l’Europe pour et avec ses citoyens. D’ailleurs la seule chose dont nous soyons sûr c’est que le Président de la République et le gouvernement seront toujours en place le 8 juin au matin. Par contre le Parlement européen va, sous cette législature, se doter de pouvoirs bien plus importants que ceux dont il dispose actuellement. La réforme institutionnelle qui fera suite au traité de Lisbonne va permettre de donner des couleurs et un nom à la présidence de l’Union. C’est, faut il le rappeler, de la majorité du parlement européen que va sortir le nom de la personne qui va incarner l’Europe durant les années à venir à la présidence du Conseil comme à la tête de la commission de Bruxelles. De la même manière, l’appartenance politique de celui qui dirigera la politique étrangère de l’Union sera connue dès le 7 juin au soir.

Le vrai problème est de savoir si les candidats proposent une Europe politique ou une simple association d’intérêts intergouvernementaux. C’est à dire une Europe capable de prendre les orientations décisives en matière économique, financière, sociale et capable de parler d’une seule voix sur la place internationale à un moment crucial où la crise oblige à une vision du monde qui tienne compte d’une répartition des nouvelles formes de pouvoirs monétaire, économique et militaire sur la planète. C’est le fond du problème.

C’est sur ce que l’Europe est capable de faire et de produire que l’on veut entendre les candidats. Sur les leaderships qu’ils sont capable de produire afin de porter l’idée européenne à la fois dans les cœurs et les esprits puis dans stratégies. Les choix sont finalement assez simples : l’Europe doit-elle être une coalition d’Etats ou pencher vers la capacité à gérer de manière commune et fédérale sa monnaie, son environnement, son énergie, sa sécurité, sa protection sociale et son développement économique. Face à la crise, l’Union européenne dispose deux instruments. Le marché unique et l’euro. Tout le reste est aux mains des Etats membres. Le pacte de stabilité et l’Agenda malmené de Lisbonne sont deux outils capables de rendre compatibles les politiques nationales et communautaire et donc de tirer vers le haut tout ce qui peut améliorer la vie quotidienne des européens. Mais alors qu’en disent les partis et les candidats sur ces sujet?

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