Morucci Europe Blog

Par Emmanuel Morucci

Ouf peut-on presque dire. Les élections européennes sont enfin passées. Pas tant pour les électeurs submergés par les informations ou les incitations à voter mais plutôt pour les citoyens attentifs et les observateurs qui, scrutant l’horizon jour après jour ne voyaient rien venir. Ce point de vue la campagne fut longue, lente, peu motivante et bien peu argumentée. Ce qui explique en grande partie l’abstention.

Il faut reconnaître que le corps électoral a n’a eu que très peu de chose à se mettre sous la dent. Peu de problématiques européennes développées à court et à long terme, peu globalisantes et lorsque c’était le cas ce fut toujours de manière peu claire, ambiguë ou cachée derrière des concepts que seules les personnes vaguement averties pouvaient tenter de traduire.

On peu sortir de ce scrutin quelques leçons. Le taux d’abstention démontre le désintérêt particulièrement marqué de la chose européenne. Et ce n’est pas faute d’informations car elles existent et même en profusion. Les médias, notamment la presse écrite relayent assez bien les informations en provenance de l’Union européenne. Le public, ne semble pas faire l’effort de comprendre la construction européenne qu’il a définitivement qualifié de trop complexe et de trop éloigné. Il ne réagit que lorsqu’une décision est prise comme contrainte sans jamais reconnaître les bienfaits apportés par la construction européenne. Par exemple, le fait que l’union est la zone du monde la mieux protégée des points de vue de la santé et du social n’est jamais prise en compte. Il ya une véritable difficulté à faire de lien et à mettre les éléments divers en perspectives. De ce point de vue les abstentionnistes ont laissé leur place et perdu le droit à critiquer les décisions qui seront prises durant la mandature par le Parlement européen. Mais la faute revient au mode de scrutin, aux décisions centralisées par les appareils politiques et aux absences remarquées des têtes de liste et des candidats sur le terrain.

En second lieu, il apparaît que dans tous les pays de l’Union ceux qui ont voté ont porté au pouvoir les partis pro-européens. Exit donc les souverainistes de droite et de gauche, les antieuropéens de tous poils. Ils sont partout relégués au fond des tiroirs. L’hémicycle sera donc composé de députés favorables à la poursuite d’une forte construction européenne. Reste à ces parlementaires la mission de se construire une majorité qui orientera les choix fondamentaux de l’Union.

Sur ce registre il apparait assez clairement que les électeurs ont fait le choix de formations politiques susceptibles de prendre des décisions susceptibles de faire sortir l’Union de la crise économique et sociale et déterminer à placer ce devenir dans une perspective de développement durable. C’est ce qui explique le succès des conservateurs d’une part et des écologistes d’autre part.et l’effondrement des partis socialistes.

Autre remarque les partis qui ont parlé de l’Europe ont plutôt bien réussi. C’est le cas en France des listes UMP nouveau centre et des listes d’Europe Ecologie alors que celles qui ont misé sur des thèmes antigouvernementaux ont connu des échecs cuisants. C’est le cas du Parti socialiste et du modem, ce dernier se divisant sur un contenu électoral pré-présidentiel et anti sarkozzyste obsessionnel non compris et non validé par ses cadres et militants aujourd’hui en position de rupture interne.

A toute chose malheur est bon. On peut estimer sans trop se tromper que l‘Europe va, après ces élections manquées, trouver sa juste place dans la réflexion et la proposition politique. Les nouveaux députés vont chercher à peser et les gouvernements vont, dès le traité de Lisbonne ratifié – ce que l’on peut raisonnablement espérer après l’échec total de Libertas en Irlande- chercher à construire une Europe plus efficace au plan international. Pour peu qu’ils se trouvent un leader à la tête du Conseil européen.

D’ailleurs, à ce sujet, à l’analyse des propos des proches du président de la République, je risquerai bien une intuition (mais c’est seulement une intuition) qui permet d’avancer la théorie du leader charismatique choisi au sein même du Conseil des Chefs d’Etat et de Gouvernement, une proposition que rien, semble-t-il, dans le traité n’interdit mais qui pourrait faire l’objet de négociations serrées avec les autres Etats membres sur, par exemple, une nouvelle présidence Barrosso à la tête de la Commission. Je veux parler d’une éventuelle candidature de Nicolas Sarkozy auprès de ses pairs afin, fort de la bonne PFUE et de son succès électoral, de devenir le premier président du Conseil européen. Il lui reviendrait alors de faire un choix, aux chefs d’Etat et de Gouvernement de se déterminer et au Parlement européen de se prononcer. Affaire à suivre donc.

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