Morucci Europe Blog

L’Europe a peur d’elle-même. C’est tristement à ce constat que l’on arrive. Du projet le plus formidable de tous les temps car porteur de paix, de solidarité et de prospérité, l’Union est devenue, pour certains, une zone d’incertitude. La crise laitière nous en donne encore un exemple concret. Les discours se succèdent pour abattre ce qui devrait être consolidé. La citoyenneté est en panne et de vieux démons de la concurrence interétatique voire nationalistes réapparaissent ici ou là.

Le vent des crises financières, économiques, sociales, est aussi passé par là. L’inquiétude en un avenir opaque entraine des replis sur soi s’appuyant sur des idées erronées. Pourtant à y regarder de près, le potentiel mis en œuvre ces derniers mois par les pays européens, a été de nature, non seulement à protéger les Européens du pire mais encore à porter une parole commune et forte lors du sommet du G20.

Dans la mondialisation, une forme de gouvernance nouvelle, appuyée par une direction européenne solide et organisée montre ses premiers effets. Encore faut-il que les européens s’en rendent compte. Ainsi l’affirmation forte d’une construction européenne plus intégrée et dotée d’institutions caractérisant une gouvernance européenne est aujourd’hui nécessaire. La prise de parole de tous ceux qui croient et espèrent en l’Europe doit se faire prégnante. L’Union européenne est une nécessité qui doit évoluer vers une vision commune et des règles impliquant la dimension humaine comme primordiale. Ainsi, social et santé, culture et éducation, dimension politique et relation internationale doivent être érigés en compétences partagées mais marqués du sceau de la subsidiarité et développés au sein même des territoires.

On imagine donc sans peine l’urgente nécessité de la rédaction d’un nouveau traité. Préparé au plus vite dans l’esprit des souhaits exprimés par les citoyens européens, il devra établir les éléments d’une gouvernance adaptée aux conditions des Etats membres et des liens avec le reste du monde. Toutefois, toute forme d’évolution des structures européennes passe par la reforme des institutions. Tout au moins le passage de la règle de l’unanimité à celle de la majorité. Sans cela aucune possibilité ne s’offre dans des temps raisonnables. Mais cette proposition ne peut être valable que si les Irlandais confirment leur attachement à l’Union et votent en faveur, le 2 octobre, lors du deuxième référendum qui validera ou non le traité de Lisbonne.

Dans le cas contraire, l’Union européenne entrerait dans un processus qui amènerait, sans doute, quelques Etats membres à s’organiser dans une perspective intergouvernementale.

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print