Morucci Europe Blog

Chronique RCF du 11 novembre 2009-11-10

Vers une fête de la Paix en Europe

par Emmanuel Morucci

La ratification du traité de Lisbonne, l’anniversaire des 20 ans de la chute du mur de Berlin et la commémoration du 11 novembre commune à Paris par Angela Merckel et Nicolas Sarkozy amène l’idée que les Etats membres de l’Union européenne évoluent dans leur manière de célébrer collectivement les fins des deux derniers conflits.

Ainsi le 11 novembre pourrait devenir la date de commémoration , acceptée par tous, de tous les conflits de l’ancienne Europe, le souvenir aux morts, a ceux qui ont combattu et souvent donné leur vie pour leur patrie. Quels qu’ils soient. Ce qui nécessite de donner un sens nouveau au 8 mai. La date marque, certes, l’événement historique d’une fin de seconde guerre mondiale mais aussi de début d’une ere de paix durable entre les peuples européens et qui a permis la construction européenne que nous connaissons aujourd’hui. Il ‘agit donc de faire glisser l’armistice du 8 mai vers la sémantique d’une fête de la Paix en Europe. Comment en effet, continuer à travailler de concert avec nos voisins et cousins allemands au quotidien en se séparant un jour par an sur ce qui nous a divisés ?

L’élaboration du projet européen est commune. Le traité de Lisbonne ouvre des perspectives nouvelles, y compris dans l’expression d’une identité européenne, jusqu’ici mise à l’écart des constructions identitaires nationales ou régionales. Le temps est venu de dire que l’Union n’est pas seulement un grand marché mais aussi un territoire de solidarité, de fraternité, d’appartenance commune et de projets comme de luttes internationales à mener en commun.

Comment en effet, ne pas célébrer la paix en Europe alors que dans quelques semaines un président du Conseil affirmera l’image commune des Européens ? il faudra lui reconnaitre une place institutionnelle mais aussi fédératrice. Ainsi, il sera celui, qui, le 9 mai rappellera le discours de Robert Schuman dans le salon de l’Horloge et point de départ de l’aventure européenne.

Célébrer le 11 novembre comme journée de souvenirs des anciens conflits, le 8 mai comme journée de la paix en Europe et le 9 mai comme fête commune aux citoyens européens participe à donner du sens, un contenu à ce sentiment d’appartenance à l’Union qui nous fait cruellement défaut. En effet, nous avons maintenu des histoires nationales singulières. Les ponts et les portes n’ont pas été installés dans les livres d’histoire. Il est temps, afin que l’union existe au cœur de ses citoyens comme une réalité et dans le monde comme entité d’avis et décisionnelle de rédiger l’histoire commune. Ce 11 novembre, après l’anniversaire de Berlin en est une occasion espérée.

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print