Morucci Europe Blog

Chronique RCF du 21 avril 2010

Emmanuel Morucci
Emmanuel Morucci

Son projet est de vivre ensemble dans le respect mutuel et pour un projet commun. La phrase est importante et peut être sans aucun doute le fil conducteur de sa pensée. En jetant les bases de l’aventure supranationale, il énonce la méthode mille fois rappellée depuis : « l’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concretes, créant d’abord une solidarité de faits ».

C’est la methode communautaire que Schuman annonce par ses mots. Il met en nplace l’architecture de l’Union. Nos dirigeants s’y sont souvent référés et l’on parfois oubliée. Lorsque se fut le cas, lorsqu’ils choisissent une vision plus nationale de la construction européenne, cette dernière a toujours plongé dans la stagnation et l’inefficacité. C’est d’ailleurs ce que rappelle dans la préface de Pour L’Europe, l’ancien président de la Commission Jacques Delors.

Leçon de methode et d’actualité, au moment où certains Etats-membre semblent s’éloigner du choix commun et du vivre ensemble, la gouvernance européenne doit reposer, selon l’enseignement du maitre, sur la diversité des méthodes. Sans doute, mais ce serait une terrible méprise que d’oublier les avantages de la pratique communautaire. Méprise également que de minimiser les institutions qui lui sont liées. Le traité de Lisbonne offre à notre époque de vraies possibilités. Encore faut-il les connaître, s’en saisir et les mettre en oeuvre. La gouvernance monetaire de l’Union, celle de l’économie, du developpement durable ou de la question sociale sont autant de thèmes qui peuvent et doivent reposer sur la méthode préconisée par Robert Schuman.

Cet homme, porteur d’une vision rare, savait combiner la profondeur de l’idéal et la lucidité du regard. C’est une vraie philosophie politique pour aujourd’hui et pour demain qu’il nous propose. Une philosophie de l’existence inscrite dans la responsabilité des choix personnels. Une orientation politique positionnée entre un conformisme accablant, une democratie reduite à l’expression des revendications adressées à l’Etat et l’individualisme effreiné qui marque notre temps.

Chrétien inspiré par la pensée d’un Jacques Maritain, Schuman voulait être fidèle à sa foi. Democrate chrétien, son idée est que la democratie ne s’improvise pas mais est constamment à réinventer. « L’Europe dit-il c’est la mise en œuvre d’une democratie généralisée dans le sens chrétien du mot ».

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