Morucci Europe Blog

« Il manque d’esprit européen » se désole le Président de la
Commission européenne Manuel Barroso. Cette interpellation
forte illustre bien le dilemme dans lequel se trouve l’Union
européenne. La crise en Irlande en est un révélateur. L’échec
relatif de la stratégie de Lisbonne en est un autre.
De son côté, la Députée européenne de Poitou Charente,
Bernadette Vergnault, constate que si le marché unique est un
outil de développement exceptionnel pour les Européens, ces
derniers ne s’en rendent pas compte.
C’est exactement ce que dit le Commissaire Français Michel Barnier lorsqu’il
propose que le single market et ses intérêts pour la vie de tous les jours soit mieux
connu et reconnu. Et pas seulement des entreprises et des PME, des centres de
recherches et des universités mais aussi, et surtout, des citoyens. Après tout,
près de 80% des décisions proviennent de l’Europe et on ne le sait pas.
« On n’est pas informés, répliquent les citoyens. On ne nous dit rien ». Pourtant
l’information est abondante. Presque trop mais les institutions de l’Union se
veulent exemplaires et transparentes. Au risque d’en donner beaucoup,
trop d’information tue l’information d’autant que les médias ont du mal à
la retransmettre, annonçant de manière fréquente et unilatérale que cela
n’intéresse pas le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur.
Il faut reconnaître que les données sont complexes. Elles traversent le champ
local comme celui de la mondialisation. Et puis, chaque dimension territoriale
veut exister et ne met pas toujours en avant la dimension communautaire d’un
projet. Chaque corps de métier, chaque administration est concernée. Chacun
organise son européanisation. Celle–ci se retrouve diluée.
Ce qui manque cruellement, c’est une formation à l’Europe des citoyens. Celleci
reste balbutiante dans les écoles et les enseignants eux-mêmes se sentent peu
concernés. Dans les entreprises, la formation au contexte européen est absente
des catalogues. C’est pourtant un outil incontournable de la compréhension
du monde quotidien et des choix politiques opérés en notre nom.
Dire que le marché unique est un bonne chose pour nous est une chose, arriver
à convaincre en est une autre. Seule une bonne connaissance par les citoyens
que ce que cela implique est sans doute le meilleurs moyen de mettre de l’esprit
à l’Europe. Cela aidera les Etats membres à mieux se positionner dans leur
obligation de solidarité et de marche commune. Cela permettra aux citoyens
de se sentir à l’aise dans une dimension territoriale certes vaste mais qui est la
leur.
Emmanuel Morucci

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print