Morucci Europe Blog

En matière de relations économiques et financières internationales, de construction européenne, la question des valeurs sera désormais à prendre en compte. C’est en tout cas ce que disait l’analyste des pratiques bancaires, le sociologue Paul Jorion, à l’occasion d’un séminaire organisé par l’Observatoire des réalités sociales samedi dernier. Mais c’est également l’avis de Manuel Barroso, le président de la
Commission européenne.
L’un comme l’autre sont inquiets de la montée des populismes. La crise financière, n’est finalement pas terminée. Plus encore, le dernier épisode irlandais montre combien la promesse de régulation par les Etats, n’a pas été tenue. Cela ouvre les portes aux colères, aux expressions de toutes sortes. Les plus sérieuses comme
les plus aberrantes. La vision du monde est, en Europe, bousculée, la société trébuche, la construction européenne, bien que meilleure garantie possible, est aujourd’hui pointée du doigt et cristallise nombre de critiques et de postulats.
Président de la Commission, Manuel Barroso appelle les hommes politiques à défendre les valeurs européennes. Paul Jorion de son côté semble dire que l’on ne pourra reconstruire la relation économique et sociale mondiale qu’à condition de replacer les valeurs comme marqueur principal de la décision politique.
Bien évidemment, cela suppose que le politique reprenne, en urgence et de façon posée, sur le leadorat, sur le système bancaire. Celui emballé ne réagit que par peur, cherche ses garanties, se permet de donner des notes aux Etats, inspirant une démarche de récession assurant les seuls arrières des banques et organismes financiers, au détriment d’une reprise économique assurant une prospérité… des peuples.

Voilà une question de valeurs. Un des principes de la construction européenne est justement la prospérité. Selon Schuman, un des auteurs principaux du projet européen, la prospérité est un principe basé sur les
valeurs qui fondent le projet européen. Mais cette prospérité est imaginée pour le continent européen, ses habitants, ses peules, dans un esprit de liberté, de solidarité, de recherche du bien commun, de défense de l’intérêt général. Les valeurs de l’Europe reposent sur la dignité humaine.
C’est bien autour de ce message que les citoyens européens doivent se retrouver, se rassembler et amener les dirigeants, Etats membres et institutions, à respecter les fondements de ce qui nous unis.
Lançons un appel : chefs d’Etats et de gouvernements, commissaires, parlementaires européens,
prenez vos – nos responsabilités communes en considération et remettez l’Union européenne sur un chemin qui donnera à la régulation un positionnement fort dans la relation internationale.
C’est aussi le meilleur moyen de ramener le populisme à sa juste place. Le populisme, c’est « la manipulation des craintes et des peurs avec des arguments irrationnels », dit Barroso. Mais ajoute-t-il « cela passe parfois».

C’est donc à ce questionnement problématique qu’il convient de répondre aujourd’hui et de se rassembler. Toutes les forces démocratiques et pro-européennes doivent faire oeuvre permanente de pédagogie pour expliquer ces valeurs communes.
Je veux bien croire que si ces valeurs, bien mises à l’ écart depuis des années, reviennent sur le devant de la scène, l’intérêt des Européens pour leur Europe sera grandissant. Il amènera sur la table le sujet incontournable pour une Europe qui pèse dans le monde, la forme de gouvernance que cette dimension territoriale a besoin pour être ce que l’Europe veut être.
Emmanuel Morucci

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