Morucci Europe Blog

Chronique du 4/05/11

Aimez-vous l’Europe ? Telle est la question posée par le think tank
dirigé par Dominique Reynier de la Fondation pour l’Innovation
politique et le ministère des Affaires européennes. La démarche
a lieu dans le cadre d’un sondage qui sera dévoilé le 9 mai
au matin à l’occasion de la Journée de l’Europe. Pour Laurent
Vauquiez, le ministre français des Affaires européennes, il
s’agit de savoir où en est le sentiment européen. En clair la question est : «Entre
adhésion, désamour et espoir, quelle place tient l’Europe dans le coeur de nos
concitoyens».
Les liens sont complexes entre citoyens et projets européen. Entre Etat nation
et dimension supranationale, entre citoyens et les institutions. Les intérêts et les
stratégies parfois divergent. Pourtant, le degré d’intégration est très fort. Il est
important de mesurer le degré d’adhésion à l’Europe. Ce que fait régulièrement
Eurobaromètre et nombre d’études sociologiques. La question des valeurs est
aussi essentielle car la construction européenne repose sur un ensemble qui la
caractérise par rapport à d’autres formes d’unions dans le monde.
Il est vrai aussi que les Français se sentent un peu perdus dans les choix opérés
par les Etats membres. Une fois on met l’Europe en évidence, une autre fois on
la contourne. Pas étonnant alors que le sentiment d’appartenance soit si faible.
Le sondage devrait ouvrir la voie à une véritable étude sociologique sur les
positionnements français et ainsi mesurer les attentes des prochains transferts
de compétences et de pouvoirs.
Au delà de l’intérêt de la question pour saisir les complexités et démarches
d’européanisation, la science sociologique devrait se trouver mieux avec
cette enquête. En effet, le moment de la restitution au ministère des Affaires
européennes fera l’objet d’une table ronde sur la sociologie du sentiment
européen. Voilà pour les sociologues spécialistes de la question européenne une
voie d’étude et d’analyse qui s’affirme. Jusqu’ici, ils ne savaient pas vraiment
comment intituler leur champ de recherche. Une sociologie de l’Europe ne
convient pas. La sociologie de l’européanisation avait été mon choix, d’autres
voyaient une sociologie de la construction européenne et d’autres encore de
l’intégration européenne et j’en passe.
En annonçant une table ronde sur la sociologie du sentiment européen, la
Fondapol installe l’idée d’une sociologie consacrée à la question européenne.
Les transversalités s’affirment autour des idées de territoire, d’institutions,
d’organisations, de culture.
Une chose est sûre, ce 9 mai, journée et Fête de l’Europe, permettra à la
sociologie française en charge de la dimension supranationale de s’affirmer au
sein d’une sociologie européenne d’où elle était un peu absente.
Emmanuel Morucci

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