Morucci Europe Blog

Chronique RCF du 31 aout 2011

Au dire de beaucoup l’été aura été pourri. Apocalyptique même affirment d’autres. Mais au sens véritable du terme c’est à dire révélateur des effets pervers des situations économiques, financières et politiques. Et pas seulement au niveau national mais global, et c’est la preuve de l’existence d’une interdépendance mondialisée, au niveau international.

Les pages du livre se tournent. Les décisions se prennent, on le voit, dans la souffrance et de façon timorée. Les blocages sont énormes et nombreux et les chefs politiques semblent éprouver une peur viscérale a aller au bout des choses et a opérer le grand et nécessaire changement face à un monde financier qui lutte bec et ongle.

Face à l’adversité, au niveau européen, tout le monde semble être, enfin, tombé d’accord sur l’idée, très souvent ici développée, de constituer un gouvernement économique de la zone euro. Mais là encore il ne suffit pas de le dire. Il s’agit de le faire. Mais comment concilier Etat-nation et fédéralisme européen ? Comment transférer des compétences fortes sans vider le pouvoir national d’une partie de sa substance ? Tout cela en sachant bien que la notion même d’Etat nation n’a plus le sens ni le poids que lui accordait Ernest Renan à une époque qui n’est plus la nôtre. Un Etat-nation pris en tenaille entre une volonté de déléguer vers les niveaux régionaux des pouvoirs qui sont ceux de la proximité mais aussi d’une certaine égalité citoyenne. C’est en tout cas une lecture possible de la réforme territoriale engagée.

Au niveau européen la région peut tout à fait jouer un rôle capital. Mais là encore l’Etat-nation se disperse un peu à la façon d’un puzzle. Ce qui semble être évident pour les pays de petite dimension avec peu d’habitants, de dimension régionale donc (Slovaquie, Lettonie) l’est manifestement moins pour les grand pays peuplés comme l’Allemagne, Le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne ou la France. Sauf que dans la plupart de ces pays le transfert aux pouvoirs locaux est déjà opéré. C’est le cas de l’Espagne ou de l’Allemagne et de façon différenciée en Grande Bretagne.

Il faut donc et très rapidement confier à l’Union européenne et pas seulement à l’actuelle zone euro des capacités réelles à agir sur les enjeux de la monnaie, la structuration sociale et la politique étrangère. La fiscalité commune est le grand chantier à venir. Réindustrialiser le territoire européen rééquilibrera les relations internationales et rassurera l’Allemagne quant au devenir de l’Europe et créera du travail et de la dignité.

Dans le même temps consolider le sentiment d’appartenance à l’Europe donnera confiance en une collectivité territoriale qui va devoir se battre dans les prochaines décennies dans un monde à la démographie bouleversée.

 

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