Morucci Europe Blog

France et Allemagne mènent le règlement de la crise grecque un peu en solo dans ce qui n’est pas du goût de la Pologne, actuelle présidente de l’Union européenne. Le pays se considère comme écarté des discussions. Il est rejoint par les tchèques, Hongrois, Roumains, Bulgares, Lituaniens, Lettons. Ensemble ils ont organisé une “contre-réunion”. Tous ces pays futurs utilisateurs de l’Euro ne digèrent qu’assez mal les têtes à têtes franco-allemands. D’autant que le sol est mouvant. Les avis divergent quant au devenir de l’Union. Le risque que représente la Grèce, amène les uns (à demander?) demandent son départ de la Communauté. D’autres, tout au contraire appellent à plus d’Europe. Pour ce dernier groupe le spectre est encore large car il va de ceux qui souhaitent une coopération économique plus forte entre les États jusqu’à ceux qui aspirent en l’émergence des États Unis d’Europe. Rien de moins. Plus que jamais sur le devenir de l’Union le débat se porte en France mais surtout depuis quelques semaines en Allemagne. Dans ce pays un débat est lancé et pose le sujet que l’on pensait oublié des «États-Unis d’Europe”. Dans tous les partis se trouve une majorité qualifiée de silencieuse, qui veut résoudre les problèmes communs de l’UE par “Plus d’Europe” et non pas diriger la résolution des problèmes vers une renationalisation des politiques. Visant les responsables politiques de premier plan, le projet relancé par ce groupe d’Allemands auquel se joignent récemment certains de nos compatriotes amène l’idée que les États unis d’Europe ne doivent pas être la copie des États-Unis d’Amérique. En effet, selon eux et c’est un élément important : le principe de subsidiarité peut rester un objectif intérieur. Qualifiant d’imbécilité démagogique les propos visant à l’abolition de l’Euro, les signataires estiment que la crise provoquée par la dette actuelle, la question d’un gouvernement économique européen, les points faibles de la politique étrangère de l’UE et de la politique de sécurité ainsi que la poursuite du développement de la stratégie du Traité de Lisbonne (qui a été formulée avant la crise financière actuelle) – tout cela ne peut être géré efficacement que par une structure fédérale européenne. Ils s’adressent à tous les partis politiques européens, et affirment la nécessité de commencer une nouvelle discussion sur les États-Unis d’Europe. Ce qui ramène la discussion au début des années 50. Les auteurs vont même très loin car ils imaginent possible de commencer ces États unis d’Europe sans que la totalité des 27 y participent. « si cela n’est pas possible de faire cette unité tout de suite avec les 27 États membres, alors nous sommes également en faveur de la construction d’un “noyau dur” entre les États membres de l’UE qui veulent faire ensemble cette Europe fédérale! » annoncent-ils. Ils envisagent une première construction minimale de départ où tous les États qui le veulent pourraient s’y joindre le moment venu. Si les politiques et les citoyens des différents pays s’intéressent à la proposition, c’est le chantier de l’Europe fédérale qui pourrait être à remis en œuvre.

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