Morucci Europe Blog

 

Avec la campagne pour l’élection présidentielle, l’Europe a définitivement quitté le champ de la politique étrangère pour occuper celui de la politique intérieure. Le projet européen tend même à se présenter sous une approche politique plutôt qu’économique. Les candidats à l’élection présidentielle se sont appropriés l’Europe comme thème de campagne. Il était temps car le sujet, central pour l’avenir de la France, était relégué au profit de thèmes nettement plus franco-centrés.

Reste à regarder de près ce que disent les partis politiques, ce que disent les candidats sur la poursuite du projet Européen. En réalité les thèmes abordés ne sont pas de même nature et tout semble fait pour que les citoyens ne voient qu’une dimension européenne plutôt gênante que souhaitée. Au final pas grand chose de nouveau pour ceux qui suivent le processus européen. Des approches différenciées entre le candidat de l’UMP qui veut, selon ses termes, une Europe politique et le candidat du Parti socialiste qui voit plutôt une coopération intergouvernementale que fédérale. Le ton avait été donné par M. Hollande lors de son déplacement à Bruxelles il y a quelques semaines. Mais, on le sait, il doit ménager la chèvre et le chou tant le thème européen est délicat pour le candidat socialiste dont une grande partie des soutiens, et pas des moindres, étaient à l’origine du non au référendum pour le traité constitutionnel.

Le candidat de l’UMP se déclare lui pour une Europe politique mais se positionne sur l’espace Schengen pour des raisons de protection aux frontières de l’Union. S’il conforte sa position en tant que chef d’Etat et présente ses résultats, il annonce sa vision d’un gouvernement économique mais également, en ce qui concerne Schengen, une instance de gouvernance composée des ministres de l’intérieur. Deux approches différentes l’une, économique est fédérale, l’autre, Schengen, vise une coopération intergouvernementale. Mais soulignons d’emblée que les accords de Schengen ne concernent pas tous les pays membres de l’UE et intègre des pays comme la Suisse ou la Norvège états non membres de l’Union.

Sur les contenus proprement européens les deux principaux candidats ne vont pas beaucoup plus loin que ce qui est déjà mis en pratique par la stratégie EU 2020 ou la réforme en cours de Schengen. Le président de la République le sait et confirme la direction commune européenne. Les chefs d’états et de gouvernement ont en effet déjà ratifié et mis en oeuvre la stratégie 2020 qui présente des dimensions contraignantes et fait suite depuis deux ans à la stratégie dite de Lisbonne. Pas de surprise à attendre donc puisque gouvernants socialistes européens, libéraux, centristes et Umpistes ont déjà validés majoritairement et mis en oeuvre cette politique qui se veut être d’une croissance durable, intégrante et intelligente c’est à dire basée sur la forte formation des Européens. L’objectif de l’Union étant de ramener vers la formation et le travail ceux qui en sont aujourd’hui éloignés.

Chez les autres candidats pas de surprise majeure non plus. Tout a déjà été dit. Le centriste Bayrou confirme son positionnement européen et régional, Mme Le Pen veut toujours sortir la France de l’euro et de l’Union. Quant à M. Mélenchon, il joue sur une rhétorique qui se veut à la fois souverainiste et internationaliste plutôt qu’européiste et Mme Joly occupe la place fédéraliste.

C’est sans doute là que se situe la vraie fracture entre « européistes » d’un côté et «souverainistes» d’un autre.

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Emmanuel Morucci

 

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