Morucci Europe Blog

On ne sent pas chez les deux candidats du second tour un emballement à évoquer l’Europe, la construction du projet commun et la place de la France dans ce processus international et désormais incontournable. Les deux hommes prennent actuellement le risque de retomber dans le travers qui a fait de l’Union européenne le bouc émissaire des politiques français. Certes les sujets sont nombreux et nous, citoyens, espérons autre chose que des invectives peu constructive et surtout peu porteuse de messages fort pour notre devenir et celui de l’ensemble des citoyens de l’Union européenne.

En effet, et faut-il encore le répéter, notre devenir est commun et le dessein européen est partagé. Que serions nous devenus en réalité s’il n’y avait pas eu l’Europe et l’intelligence commune de ses dirigeants, de droite et de gauche? Comment la crise aurait elle été abordée sans la structure puissante de l’Union ? Voilà des questions qui méritent un débat radiophonique et télévisé de fond aujourd’hui refusé. Mais au delà du temps passé ce sont les temps à venir qui nous intéressent.

Pourquoi prendre le risque d’annonces irréalisables pour qui connaît les mécanismes européens mis en place par les gouvernants de l’Union eux mêmes ? Renégocier un traité n’est pas raisonnable et même mensonger. Par contre travailler à la rédaction d’un texte nouveau est une possibilité vers laquelle la conviction européenne des candidats peut s’affirmer. L’Europe a besoin de la certitude de la poursuite de son plan de croissance, de développement durable, d’intégration, d’intelligence collective, de formation de ses citoyens, de recherche et de développement, de compétitivité. Les Français aussi. La citoyenneté doit être également au cœur du projet présidentiel et européen. Ce n’est pas une notion galvaudée. Elle a sont importance et les rédacteurs des traité ont instauré cette citoyenneté européenne. Celle ci doit être approfondie, renforcée et mieux vécue. C’est sur ce champ de l’appartenance à l’Europe que l’on attend les candidats présidentiels. Ils doivent nous donner des garanties et de l’espérance. Nous gardons le trop mauvais souvenir de l’échec du traité constitutionnel dont on sait aujourd’hui qu’il aurait mieux installé le projet européen dans les consciences.

La peur de l’autre ne doit pas être de mise dans cette campagne. Bien sûr la nationalité, la supranationalité et la subsidiarité sont des mots associés puissants et importants dont on n’entend pas le son dans la bouche des deux candidats. Ou si peu et de façon détournée. Parfois dans les entourages. Mais il faut être très très attentif. Et pourtant c’est là le cœur de notre devenir.

La France est un pays fondateur de l’Union, un pays qui compte et qui porte avec ses partenaires le projet européen. Le projet doit se tourner vers la capacité à redonner de la dignité à ceux qui sont éloignés du travail et de la formation, de la vie sociale actuelle. C’est donc maintenant que les candidats doivent s’adresser aux citoyens français mais également aux Européens car des urnes sortira celui qui bien sûr guidera les choix de la France et de façon consubstantielle ceux de l’Union européenne toute entière.

 

 

 

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