Morucci Europe Blog

Pas facile d’écrire une chronique dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle. Il s’agit de ne parler ni de l’un ni de l’autre. Comment faire lorsqu’il s’agit de traiter de la question européenne ? Celle-ci est centrale et tous les champs de la vie économique, sociale, politique, internationale, toutes les relations internationales, celles de l’approvisionnement des énergies, des choix diplomatiques, celles des conflits et des relations interculturelles ou inter-civilisationnelles parfois même inter-religieuses concernent ou intéressent les dimensions européennes. Celle de l’Union comme celle du Conseil de l’Europe. L’Europe des 27 comme celle des 47.

D’ailleurs l’Europe a été bien peu abordée durant cette campagne. Et au matin du grand débat, le thème n’était annoncé qu’en toute fin de programme soit vers 23h30. On se demandait si les deux prétendants auraient encore quelques forces pour développer le sujet central de notre vie quotidienne mais complètement occulté par une montée en puissance des extrêmes de gauche et de droite.

Pour amener les candidats à parler d’Europe, je tente de placer le 9 mai comme jour férié à la place du 8 que plus personne ne considère dans l’Union comme un jour chômé. Ce n’est pas une fête tout au plus une commémoration. Par contre faire du 9 mai, journée de l’Europe, temps officiel de la fête des Européens pourrait avoir du sens. Le temps pourrait être de nature à développer le sentiment d’appartenance à l’Union qui fait cruellement défaut. Installer dans sa compréhension l’importance de la citoyenneté européenne, ses droits. Notamment a-t-on oublié que les citoyens de l’Union peuvent voter aux élections locales et européennes lorsqu’ils demeurent dans un autre pays que le leur d’origine ? A-t-on oublié que le citoyen européen est éligible pour les fonctions de conseiller municipal et de député européen ? A-t-on oublié que chaque citoyen est protégé par le droit de représentation consulaire ?

Une citoyenneté qui mériterait d’être approfondie. Peut être et je devais rêver ce thème devrait être abordé comme d’ailleurs la gouvernance économique devrait être au centre du débat.

Un 9 mai qui tombe cette année trois jours après que le président de la République française sera élu. Il se préparera à sa prise de fonction et entrera dans le cercle très fermé du Conseil européen où siègent les chefs d’Etats et de gouvernement sous la présidence du belge Van Rompuy. Arrivé là il s’agira de reprendre les chantiers ouverts par le conseil.

Plus modestement à Brest, la Maison de l’Europe organise pour le 9 mai un séminaire autour de la question des jumelages. Ces derniers rencontrent des difficultés pour recruter et trouver des financements. La question posée est celle de la citoyenneté européenne. Les jumelages en sont ils toujours des artisans ?

Je terminerai cette chronique comme je l’ai commencée. Pas un mot sur les candidats. Mais je fais mienne cette citation du Cardinal a propos de l’élection des papes : « il ne s’agit pas de voter pour celui qui plait le plus mais celui qui est le plus à même de diriger l’Eglise ». Voilà une phrase qui s’adapte parfaitement à l’élection présidentielle française et à la capacité du président élu à peser sur les choix européens.

Emmanuel Morucci

 

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