Morucci Europe Blog

En ce 9 mai 2012, la Journée de l’Europe fête son vingtième anniversaire dans des conditions d’incertitude jamais connues.

Une incertitude due à la situation financière de plusieurs pays de l’Europe du sud et leur course poursuite derrière les organismes financiers mondiaux. Face aux crises, face à l’élection grecque, celle en France pays porteur de la construction européenne qui vient de voir la victoire de Monsieur François Hollande fait presque figure de non évènement.

La situation est vraiment sérieuse et ce qui avait été tenu a bras le corps par les acteurs de l’avant 7 mai doit être impérativement poursuivi sous peine d’un éclatement réel de l’Union européenne. Et la diplomatie ne peut travailler qu’avec les Allemands. Elle doit échanger dans le même temps avec la Pologne, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande qui présente le Traité budgétaire à référendum le 30 de ce moi de mai et tous les autres Etats membres.

Un impératif est de revenir aux fondamentaux de la construction européenne. Ceux que Robert Schumann appelait « la responsabilité des Européens ». On ne peut les galvauder car c’est sur eux que les Européens sont d’accord. Ils installent tout ce qui a fait qu’ils sont signés ensemble. L’Union européenne est pour nous une évidence, un fait social, politique et diplomatique. Bien sûr elle nous irrite parfois par ses complexités, son éloignement supposé mais ses réussites sont incontestables. Robert Schuman a eu une vision prophétique écrivait récemment Jacques Rigaud. Il a inscrit nos vies dans un contexte totalement inédit sur la planète, de paix et de fraternité entre les peuples d’Europe. Toute notre existence est inscrite dans ce cadre européen, en termes d’études, d’engagements professionnels, de perspectives culturelles, de voyages et d’échanges. L’Europe est notre espace de vie. Un territoire à la dimension des Européens et de leurs cultures.

Mais cette construction nécessite une éthique claire. La première règle est que lorsqu’un traité est signé, il ne se renégocie pas. Sinon c’est la fin de la solidité de l’Union européenne. Par contre travailler un contenu d’un nouveau traité, pour faire avancer l’Union toute entière, cela oui, c’est une nécessité permanente. Un traité n’est jamais figé dans le marbre. On l’avait déjà dit, on l’affirme à nouveau Un traité remplace un autre traité.

L’Europe prend en compte les choix politique des Etats membres mais elle doit assurer la sécurité et la pérennité de l’ensemble. C’est ce que l’on appelle l’intérêt communautaire. C’est le sens de la réunion du 23 mai prochain. L’objet est de réduire au maximum cette incertitude et ouvrir de la lisibilité pour les européens et leurs partenaires.

Pour cela il faut faire attention aux termes et concepts utilisés dans chacun de nos pays. Le mois croissance est un de ceux là. Comme le mot laïcité il n’a pas la même compréhension dans les vocables latin et anglo-saxon. S’il parle de relance partout en France il s’agit d’une relance par la dépense publique tandis que chez nos voisins il s’agit d’agir sur la flexibilité et l’adaptation du travail. Alors bien sûr tout le monde est d’accord pour relancer la croissance. La difficulté va être de s’entendre sur les termes. C’est la dimension interculturelle de la construction européenne. Le temps est sans doute venu d’écrire un glossaire européen.

A coté des affaires financières et monétaires, il y a la citoyenneté européenne dont nos candidats n’ont pas abordé le thème durant leurs campagne. Cette citoyenneté qu’il convient d’approfondir afin d’un faire un véritable élément de progrès pour chacun d’entre nous et un outil de développement collectif pour l’Union européenne. Plus que jamais créer le sentiment d’appartenance à l’Europe est essentiel. C’est une priorité face à la montée des extrêmes droite et gauche et leur anti européanisme affirmé.

Cette semaine, fête de l’Europe, cette dernière est confrontée, comme elle l’a été sans aucun arrêt, même si en France on peut avoir l’impression que le monde s’est arrêté le temps d’une campagne électorale, aux réalités de notre temps. Souhaitons bon vent, bonne mer à ceux qui vont engager notre vie future et quotidienne.

 

 

 

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