Morucci Europe Blog

Maintenant que les temps de campagne électorale sont passés la question est directement posée à tous ceux qui en écrivent le scénario.

La situation financière de l’Europe tout au moins de certains pays n’est pas la seule dimension à prendre en compte tout comme l’Europe ne peut être réduite au débat entre croissance et austérité. D’ailleurs tout le monde est bien d’accord sur l’idée d’un développement basé sur la croissance. Tous les textes économiques et stratégiques l’indiquent depuis des années et il convient de rappeler que les textes fondateurs de la communauté puis de l’union évoquent la prospérité.

Le problème est que la France redevient un pays bloquant l’avancée européenne. Alors que la prise de conscience allait enfin vers l’acceptation par les gouvernements d’une gouvernance commune et le transfert de compétences depuis les Etats membres vers la dimension supranationale, la France, par la voix de son ministre des Affaires européennes déclare que « la reforme institutionnelle ne peut être un préalable ». Autrement dit sous l’alibi d’une demande exprimée de croissance et dont personne ne doute de la nécessité le processus d’intégration européenne est à nouveau, et momentanément espérons-le, bloqué.

Il avait pourtant fallu des mois et des mois de négociation pour arriver à une transformation des esprits. Là encore on ne peut réduire la situation à l’opposition entre François Hollande et Angela Merkel. Ce n’en est qu’un symptôme. Et ce n’est pas seulement un traité qui est en cause car tout traité est appelé a être remplacé, adapté aux situations. C’est donc bien plus profond.

Et le problème est désormais bien français. Puisque Allemands, Polonais s’efforcent depuis des mois à faire avancer l’Union, pour sauver sa zone euro mais encore pour organiser structurellement le terroir européen en l’adaptant aux défis nombreux de notre temps.

L’analyse des mots et concept utilisés par les nouveaux gouvernants du pays (comme intégration politique) est un travail nécessaire et il sera important afin que la compréhension soit complète pour tous que l’on en établisse un glossaire.

Mais il faut souligner le discours du candidat président lors de son déplacement à Bruxelles et les tonalités souverainistes qu’il contenait. Il est désormais utile de rapprocher la position de celui qui est devenu ministre des affaires étrangères comme celle de son ministre délégué aux affaires européennes et qui, avaient, l’un et l’autre mené le combat contre le traité constitutionnel. En appelant à voter non, ils avaient ainsi fait tomber la structure d’une Europe intégrée et laissant une vraie place à la citoyenneté européenne au profit de ce qui a été une période de turbulences et de dommages pour les pays européens, l’union et ses citoyens. Le rattrapage partiel pour le traité de Lisbonne étant complètement insuffisant et insatisfaisant.

Les choix vont devoir être fait très vite. Le sommet de la fin du mois devra donner des résultats. Le risque d’une catastrophe sera dans le cas contraire bien grand.

Emmanuel Morucci

 

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