Morucci Europe Blog

Le 9 mai, fête de l’Europe, en cette année européenne de la citoyenneté, est le moment de rappeler l’importance de la construction européenne pour les citoyens, que nous sommes, dans sa dimension intérieure mais également dans l’équilibre mondial. En effet, l’Europe n’est aussi qu’ une région du monde. C’est ce double mouvement qui est à prendre en compte et qui nécessite, pour être compris, une prise de conscience du projet européen dans sa globalité.

L’UE est aujourd’hui décriée et inquiète. Image, confiance, optimisme dans l’avenir de l’Union, ces trois indicateurs enregistrent des chutes sévères dans les opinions. Pour expliquer cette détérioration d’image, on pense dans un premier temps à la crise financière et économique…Avec des pays plus impliqués que d’autres. Mais une analyse nationale plus fine réalisée par Eurobaromètre démontre que les déterminants des attitudes à l’égard de l’Europe ne sont pas uniquement économiques. De plus en plus d’européens sont tentés par une forme de repli sur soi. Cette situation serait due à la vision tronquée et incomplète qu’on les citoyens vis à vis de l’Union européenne.

Une explication partielle est que les responsables politiques ne mettent que trop peu souvent l’Union européenne en avant mais utilisent les projets européens comme étant de nature nationale ou régionale. C’est souvent le cas, par exemple, de la Stratégie Europe 2020 souvent utilisée, mise en application mais rarement citée. D’où une absence d’identification de l’action européenne au niveau local ou national.

A un an des élections européennes, importantes, car de la majorité politique sortira la physionomie de la Commission européenne et la Présidence du Conseil. L’enjeu est donc de restaurer la vision que les Européens ont de l’Union. L’explication approfondie de ce que fait réellement l’Union en matière de stabilité et de relations internationales est une action prioritaire. Tout comme il convient de réaffirmer que l’Europe est une culture, vécue et partagée, un espace de liberté et de paix et pas seulement un marché. L’UE est un espace politique ou des choix structurels nouveaux doivent désormais être faits. Deux outils pour y arriver : la mise en application réelle de la subsidiarité et la prise en compte de la dimension interculturelle de la construction européenne.

L’orientation, après les élections de 2014, vers une véritable gouvernance de l’UE implique l’incarnation de la présidence de l’Union et l’émergence de son caractère fédérateur. Mais cela oblige à un partage de certaines souverainetés, de compétences. C’est la condition pour que notre Europe puisse se positionner, dans le respect de ses valeurs, dans le concert des nations et des autres régions planétaires.

Restaurer ce soutien à l’Union européenne, passe par une présence plus soutenue de l’Union européenne auprès de ses citoyens et une reconnaissance de l’entité européenne par les gouvernements. Ils doivent passer à un projet beaucoup plus fédérateur, visible et lisible par les citoyens européens. L’UE doit aussi monter qu’elle est à leurs cotés.

 

 

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print