Morucci Europe Blog

 

En ce début septembre, je voudrais souhaiter à chacune et chacun d’entre vous une excellente rentrée. Il le faudra, la saison s’annonce chargée et les challenges politiques, économiques, sociaux à venir surement un peu lourds et difficiles. Notamment en ce qui nous concerne et fait l’objet de cette chronique : l’union européenne et son devenir. Nous sommes en effet à 9 mois des élections des députés européens. Une élection particulièrement importante puisque c’est à ce niveau que se décident les grandes ordinations économiques.

Et pourtant chose étrange, l’Europe est en ce moment des plus décriée. Comme si elle était la cause de tous les maux et crises. En tout cas c’est ce que les discours des hommes politiques le laissent entendre. Informations faussées et accusations sont devenues le quotidien des dirigeants politiques. Souvent l’objet même du discours est de faire disparaitre l’Union européenne du paysage. Et pourtant. C’est bien au niveau du conseil européen que le chef de l’Etat prend avec ses homologues les décisions communes.

L’urgente nécessité va être de parler de l’Europe, de dire ce qu’elle est et ce qu’elle fait. Au risque sinon de laisser les souverainistes, eurosceptiques, faux européens divaguer sur le ton de la condamnation de ce qui assure le mieux notre sécurité et notre devenir. Le regard est à porter sur l’intérieur de l’Union mais aussi de prendre conscience de sa place véritable comme région du monde.

Non ce n’est pas l’Europe qui est en cause. C’est la manière dont nos élites et pays membres l’ont gérée ces dernières années. Plus préoccupés par la souveraineté régalienne de leur nation que de l’intérêt communautaire. Bien sûr il y a des choses à changer. Ou à faire progresser. L’Europe doit encore évoluer, se transformer et les Etats membres s’ils ne perdent pas de souveraineté doivent l’accepter en la partageant. Au moins en ce qui concerne les compétences déléguées à l‘Union européenne. Et ils doivent laisser l’UE s’en occuper pour se concentrer sur celles qui reviennent à chacun d’entre eux sur un plan intérieur.

La grave crise en Syrie est, une nouvelle fois un exemple criant. Pas de position commune de l’Union. L’absence de politique étrangère et la défense sont des symptômes apparents de cette incohérence. Ce sont des compétences de l’Union et pourtant chaque état semble vouloir jouer sa carte personnelle. Prise de position esseulée de la France sans appui aucun des autres pays membres qui n’ont d’ailleurs pas été consultés. Aucun conseil européen ne s’est réuni pour en discuter. Donc pas de position commune. Et le silence de la Haute représentante aux affaires étrangères est chaque jour plus assourdissant. Il faut dire que le président français joue sa carte personnelle et ne laisse pas de marge de manoeuvre à ses partenaires de l’Union. De fait, leur réponse est rapide. Il se trouve isolé.

Pourtant tout pourrait être plus simple et compréhensible pour nos concitoyens. Il suffirait d’expliquer simplement, honnêtement et correctement l’Union européenne. La vie européenne n’est pas de l’ordre de la politique étrangère mais intérieure et ce n’est pas non plus qu’une dimension économique. Elle porte une dimension anthropologique car nous y vivons et notre devenir s’y décide.

Emmanuel Morucci

 

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