Morucci Europe Blog

Chronique d’Emmanuel Morucci – 09/10/13

Quel visage, quels rivages et quelle image pour l’Europe de demain ?

Voilà les trois questions que se posent désormais les européens à

l’approche des élections des futurs députés. L’élection est importante

car elle va donner la couleur de ce que sera l’Union, non seulement

pour la durée de cette mandature mais surtout pour mettre en oeuvre

les orientations internes et internationales de la Communauté.

C’est donc avec une attention toute particulière que le regard se

porte sur la physionomie de cette future Europe. Parler de visage amène l’idée de

l’incarnation de l’Union européenne. En clair il s’agit de savoir quelle personnalité

pourra le mieux porter le drapeau de l’Union dans le monde. C’est en effet, après ces

prochaines élections européennes que sera élu, pour la première fois, le président de

la Commission européenne.

Déjà on voit quelques noms émerger. On parle des Commissaires Vivianne Reading et

Michel Barnier pour le PPE (le Parti Populaire Européen), proche de la tendance UMP.

Les socialistes auraient fait leur choix en investissant l’actuel président du Parlement

européen Martin Schultz. Quand aux centristes et démocrates chrétiens de l’ADLE

(Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe), ils discuteront des candidats

lors d’une réunion qui se déroulera avant le Conseil européen, les 19 et 20 décembre.

Enfin, les Verts choisiront leur candidat en organisant une primaire. Reste l’inconnue

des extrêmes de droites et de gauches.

Ce qui est sûr, et très important, c’est que pour la première fois l’élection du Parlement

européen va revêtir un véritable enjeu de pouvoir. En effet, chaque famille politique

devra établir son programme, au niveau européen, pour faire élire son candidat à

la Commission. Une campagne de terrain et médiatique sera organisée afin que les

peuples – et pas seulement les États comme c’est le cas actuellement – puissent se

prononcer.

Mais les députés européens eux-mêmes devront modifier leur image et leur

comportement. Qui connaît les parlementaires aujourd’hui ? Est-on capable de les

identifier dans leurs fonctions et responsabilités ? Certes leur job est de préparer les

textes législatifs et juridiques de l’Union européenne, de fait de construire la société des

Européens mais ils doivent également avoir cette proximité que l’on ne leur connaît

pas toujours. La représentativité locale aura donc son importance dans la désignation

des candidats élus en France par la liste de grandes régions à la proportionnelle.

Aborder les rivages pose la question des frontières de l’Union européenne. Elle

intéresse les choix des élargissements possibles vers d’autres pays candidats et amène

également l’idée de l’approfondissement de l’Union et de son intégration.

Quand à l’image, il s’agit ici de s’interroger sur l’Europe que l’on souhaite pour les années

et décennies à venir. Certes l’Europe restera et prospèrera. C’est incontournable

et essentiel dans le monde de demain. Mais quelle forme les citoyens de l’Union

souhaitent lui donner ? L’image est aujourd’hui dégradée. Les représentations qu’en

ont les citoyens sont faussées à l’intérieur même de l’Union. Elle est pour le commun

celle qui impose et est lointaine. En réalité ce regard est gravement erroné. L’Europe

est dans le quotidien et dans nos manières d’être et de faire. Le problème est qu’on ne

le sait pas. Quant au niveau international, l’idée qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion

est prégnante. L’incarnation par un président de la Commission issu de la majorité des

urnes devrait rapidement régler ce dilemme.

Emmanuel Morucci

 

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