Morucci Europe Blog

La semaine que nous venons de vivre a été éprouvante. Une horrible manière de commencer l’année en fait. et puis il y a eu cet élan qui, au-delà de la nation a permis l’expression des valeurs fondamentales qui font la France et l’Union européenne. Elles se nomment Démocratie, justice, citoyenneté, liberté, paix et solidarité. Et puis un principe plus national comme celui de laïcité a peut être permis, en quelques jours, de mieux comprendre comment les religions peuvent vivre ensemble et prospérer dans le respect des uns et des autres.

Evénement remarquable aussi que cette marche des chefs d’état et de gouvernement se tenant par le bras formant ainsi une barrière infranchissable, presque un rempart à l’innommable. . Une réponse très forte à l’islamisme radical terroriste comme le fut celle de tous les Français dans leur nombreux de rassemblements locaux. Ils étaient légions et le monde entier s’y est associé.

Et maintenant, après le choc et la terreur après l’unité et la solidarité qu’allons nous faire ? La question est récurrente. Des réponses nationales sont attendues mais aussi européennes et internationales. L’Union européenne est interpellée.

Dans la culture du débat qui est la nôtre, resurgit la place de l’UE dans la perspective nationale. On a vu et entendu que les coopérations entre services de police, de justice et de renseignement ne fonctionnaient pas trop mal entre Etats membres. Mais cela reste de la coopération intergouvernementale. Ce n’est donc pas une position européenne. Et manifestement les Européens en veulent désormais plus.

On sait que le Parlement européen sollicité il y a plusieurs mois sur l’opportunité du contrôle des voyageurs aériens a rejeté une proposition de directive au motif louable de de protection des personnes, de leur intimité et de leurs libertés. Mais on voit aussi que l’intégrité des personnes est désormais en danger. Donc se pose la question d’une limitation de nos libertés aux fins d’assurer notre propre sécurité.

L’union elle même doit se positionner sur un certain nombre de directives, c’est à dire de lois communes. Elle doit le faire au travers de son instance la plus élevée du système institutionnels: le Conseil européen. Il s’agit ici de réaffirmer qu’une de nos dimensions territoriales identitaire, économique, culturelle d’appartenance est l’Europe.

Les attentats reposent la question de la prise de décision fédérale. La sécurité, la défense, le renseignement, l’intelligence économique sont des champs européens comme peuvent l’être l’économie, l’environnement, les transports. Ces champs sont aujourd’hui en interaction et interdépendants les uns des autres. Les responsables européens, nationaux et communautaires doivent donc les apprécier en tant que tels et dans leur globalité. Les champs religieux, interculturels sont aussi très largement en cause et l’Union, qui ne préjuge pas des religions et des philosophies doit aussi se positionner sur cette possibilité qu’offre le traité d’Union européenne pour construire notre sécurité. Cela peut aller jusqu’à la création rapide d’une agence européenne du renseignement.

E. Morucci pour RCF Finistère.

 

 

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