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Chronique européenne du 7 mai 2015 sur RCF Finistère.

C’est ce jeudi que les Britanniques votent pour leurs deputes. Une nouvelle majorite peut sortir de cette election qui met l’Europe sur la sellette bien que la campagne ne parle pas ou si peu de l’Eu-rope. On peut même dire qu’elle en fait l’impasse.

Pourtant la question europeenne et plus precisement celle de l’appartenance du Royaume Uni à l’Union est centrale dans cette election puisque l’actuel premier ministre a clairement annonce son intention d’organiser un referendum sur le maintien ou non de son pays dans l’UE.

Trois éléments sont à prendre en compte .

D’abord le choix des Britanniques doit être clair. Le peuple est souverain mais il sait aussi que la sortie de l’UE aura des consequences. Ils ne peuvent plus avoir un pied dedans et un autre dehors comme c’est le cas depuis leur integration. Une Angleterre en desaccord avec l’Europe est un poids mort trop lourd à traîner pour les 27 autres Etats membres. L’Europe a besoin de coherence et de cohesion. La posture britannique met à mal la strategie globale de l’UE notamment en ma-tière d’economie et de politique financière. En clair les pays membres de l’UE ont vocation à inte-grer la monnaie europeenne. Et la posture britannique ne convient à personne.

Ensuite la politique etrangère commune sera impactee par le choix electoral de cette journee. Il est difficile, en effet, pour l’Union de parler d’une seule voix si un pays aussi important que le Royaume-Uni joue sa propre carte. Cette situation oblige la France et l’Allemagne à prendre un leadership. On l’a vu lors de la crise ukrainienne. L’idee est plus celle d’une confiance accordee par les États-membres vis à vis de la Haute Represente aux Relations exterieures qu’une vision troublee où l’on se demande ce que fait tel ou tel pays. Dans le conflit sourd et latent avec la Rus-sie, la question est d’importance, tout comme elle l’est dans la lutte contre les formes de terro-rismes. L’Union a besoin d’une action coordonnee de tous ses membres dans un cadre commun.

On a enfin le reel sentiment que la confiance est retiree à la Grande Bretagne par les Europeens depuis l’annonce d’un possible referendum de sortie. Elle est moins associee, elle ne le sera plus du tout en cas de sortie. Ce qui veut dire en clair que le pays ne pourra plus inspirer ni les poli-tiques communes ni interferer dans la definition des normes europeennes. Ce sera très lourd à porter pour le Royaume-Uni des points de vue economique, commercial, diplomatique, politique etant donne que son partenaire premier est l’Union europeenne. Bien sûr un traite specifique entre l’UE et le Royaume Uni pourra être signe et organisera la nouvelle relation mais il sera dans la posture d’un pays tiers.

Mais c’est sans compter avec l’Écosse, qui compte bien envoyer à la Chambre un nombre impor­tant de deputes. Et l’Écosse qui a manque de peu son independance lors d’un referendum recent, entend bien, elle, rester dans l’Union europeenne. Elle pourrait alors peut-être trouver le moyen de se separer de l’Angleterre.

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