Morucci Europe Blog

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« On n’a jamais autant entendu parler de l’Europe. » Voilà une petite phrase qui revient bien souvent dans les conversations. Effectivement on aborde le sujet européen d’une nouvelle façon. L’Europe préoccupe bien plus qu’il y a encore une année, même au plus fort de la campagne pour les élections européennes.

Alors que s’est il passé depuis que le nouveau Parlement européen a été mis en place, presque un an jour pour jour ?

Le premier élément à souligner est que l’Union européenne est devenue plus politique. Pas sûr que les citoyens s’en soient rendus compte. Mais le traité de Lisbonne le prévoyait : l’élection des députés européens en 2014 devait entraîner quelques changements majeurs.

Le premier changement clairement identifié est que la Commission européenne dispose désormais d’une action plus politique. Le président Juncker en use et le Parlement de son côté influence très nettement la politique de l’Union européenne.

Le second est que la relation entre États-membres et institutions européennes s’en trouve sensiblement modifiée. Elle n’est sans doute pas vraiment ressentie par les citoyens, mais une certaine compétition entre les deux dimensions – nationale et supranationale – a vu le jour. Ceci est tout à fait normal puisque dans le cadre des compétences qui sont les siennes, l’Union entend marquer le terrain. Et après tout, ce sont bien les Etats-membres qui les ont transférées.

Pour l’observateur attentif, il est possible de remarquer quelques éléments que les médias habituels nationaux ne soulignent pas. Par exemple, on a l’impression que le Président français et la Chancelière allemande apportent ensemble du grain à moudre à l’Europe. Mais est-ce réellement le cas ? Je n’en suis pas si sûr. S’entendent-ils si bien que cela, ou bien est-ce une apparence pour préserver un semblant de poids de la dimension nationale ?

On le voit avec l’Italie et les pressions du Premier Ministre Renzi. Et, posons-nous la question de la Grèce et de son devenir. C’est ce jeudi que l’eurogroupe se réunit. Les chefs d’état au sein de leur institution, le Conseil européen, avancent des propositions, veulent aller vite ou moins vite, faire sortir la Grèce de la zone euro voire de l’Union européenne ou bien la conserver. Et le Président du Conseil européen, Donald Trusk, donne de la voix. Il le faut bien car le Président de l’instance suprême de l’Union européenne est encore inconnu pour les citoyens. Il n’a pas en un an trouvé sa place de Président de l’Union européenne. Le nom le plus cité est celui de Juncker. Et c’est bien au sein de l’urogroupe que les décisions vont se prendre, puis au sein du Conseil européen.

C’est ici que l’on comprend pourquoi de nombreuses voix s’élèvent pour demander un véritable gouvernement de cette zone euro dont il faudra changer le nom car trop technocratique et bien peu anthropologique. Un gouvernement connu et reconnu des citoyens de l’Union européenne et qui aura du poids dans les échanges économiques, commerciaux et politiques, tant sur le plan international que mondial.

C’est d’ailleurs ce que redoute le Premier Ministre britannique Cameron : empêcher par le bluff d’un referendum que ne se pose la question de la gouvernance européenne. Bluff qui ne prend d’ailleurs pas, et il se demande s’il va se sortir de sa proposition électoraliste. Les Grecs, eux aussi, commencent à douter des promesses de leur Premier Ministre Tsipras.

Au final, l’Union européenne a vraiment besoin d’une gouvernance politique, issue du suffrage universel, pour gérer cet ensemble de – ne l’oublions pas – 550 millions d’habitants qui aspirent à un destin commun.

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