Morucci Europe Blog

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La période estivale a été riche en évènements qui ont mis en évidence l’intérêt et l’utilité de l’Union européenne. Grèce, producteurs de porcs ou de lait, migrants et réfugiés, terrorismes et sécurité des transports, libre circulation des Européens au sein de l’Union, protection des frontières et garde-côtes européenne voilà autant d’exemples qui, s’ils peuvent se régler en partie dans le cadre des souveraineté nationale, ne peuvent trouver leur réponse que dans le cadre du projet européen. Toutes ces questions, dont la liste n’est pas exhaustive, sont prises en compte par les Etat-nations qui finalement ne peuvent que se tourner vers la dimension d’appartenance européenne. Car les réponses concrètes sont à prendre globalement pour avoir une efficacité localement. Mais les responsables politiques nationaux ont bien du mal à penser européen. Leur idée reste celle d’un État qui négocie, coordonne ses actions avec un autre état membre en oubliant les compétences qu’ils ont déléguées à la dimension supranationale. Cela marque un problème de plus en plus flagrant. C’est un paradoxe. Les souverainetés nationales sont dans les domaines cités partagées et travaillées ensemble. Question d’apparence et de pouvoir sans doute. Pourtant, il devient de plus en plus clair que c’est la gouvernance de l’Union européenne qui peut ériger un véritable cadre d’action dans ces domaines. La question des migrants par exemple concerne les Nations Unies et doit se traiter à cet échelon. Mais si les États-membres doivent se mettre d’accord, l’interlocuteur européen doit être unique et la mission revenir à la Haute Représentante aux Affaires Etrangères, Madame Frederica Mogherini. fonction que les Etats membres eux-mêmes ont créée. Autre sujet, la crise du porc on le voit, ne peut trouver de réponse que dans un cadre européen. Il faut être clair. L’intervention du ministre français de l’agriculture ne peut l’être que dans le cadre d’une simple représentation des professionnels auprès des instances européennes ou comme moteur d’un dialogue avec ceux qui gèrent la politique commune européenne. C’est à ce niveau que les reformes et propositions innovantes doivent être prises entre partenaires et dans le cadre d’une politique agricole commune validée et votée par les gouvernements successifs et parlementaires français. Le sujet est sensible car si aujourd’hui il y a une situation de détresse pour beaucoup, il ne faut pas oublier non plus que nous évoluons dans le cadre d’un marché unique. C’est à dire que la libre circulation des marchandises, le libre choix des commerçants et des consommateurs doit être respecté comme doivent être protégés et accompagnés les producteurs quel que soit leur pays : France, Allemagne, Pays bas, Italie, Espagne, etc. Eux aussi pays producteurs. Si la dimension européenne sera désormais et logiquement de plus en plus interpellée, ce qui reste important est la capacité qu’ont des professions à anticiper et à innover. L’objectif est de proposer des produits susceptibles de répondre aux besoins identifiés quel que soit le domaine et dans les mêmes conditions écologiques, sociales et fiscales. Par exemple, les normes européennes doivent être les normes maximales sans y ajouter des normes nationales. Cela implique un travail commun depuis le niveau local jusqu’au niveau communautaire. Les institutions européennes, en lien avec les États-membres, les régions et les organisations professionnelles sont là pour cela. Faut-il le rappeler ? Et puis, le principe de subsidiarité notifié dans le traité d’Union européenne peut être ici convoqué.

Chronique du 3 septembre 2015 – RCF29.

 

 

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