Morucci Europe Blog

DSC_0036En appelant chaque paroisse d’Europe à accueillir une famille de réfugiés, le Pape François a bousculé les citoyens et responsables politiques de différents pays. Le message est clair et dynamique : ce que les États ne peuvent ou ne veulent pas faire, les paroisses et les paroissiens eux, non seulement le peuvent mais doivent le faire. Du point de vue de la sociologie des territoires, c’est un retour de la paroisse comme dimension territoriale qu’engage le pape François. C’est le retour de l’Église concrète sur le devant de la scène. Celle qui est aux côtés du plus petit, celui qui est rejeté, celui qui est sur la route. Une Église qui remet au grand jour via les médias le message évangélique. : aime ton prochain, ce que tu fais au plus petit, frappe et l’on t’ouvrira. Et surtout nous rappeler que Dieu nous a faits à son Image et qu’il est en chacun de nous. Accueillir une famille c’est sauver l’humanité. Pour l’Église, pour le Pape François la famille est ce que l’humain a de plus riche. C’est la vie. C’est aussi une invitation à s’ouvrir à l’Autre, une altérité active. Commencer déjà à ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure sans passer par l’écran d’un téléviseur. Prendre conscience des réalités (vraies) du monde et de nos possibilités, même modestes, à changer les choses. Notre vie, de notre naissance à notre mort, est gérée par des institutions et des organisations. Celles-ci décident bien souvent pour nous et on laisse faire. On le constate de plus en plus souvent. Elles agissent pour le bien commun et l’intérêt général, dans un environnement rempli de contingences dont il faut tenir compte et savoir anticiper. Et, par inscription dans un système et/ou conformisme, nous devons faire confiance. Ici le Pape nous ramène à la réalité et à la proximité des évènements. Cela nous touche tous. Surtout lorsque les médias réveillent notre conscience en montrant cette photo du petit enfant dans la posture de celui qui dort mais qui a la tête dans le clapot des vagues. Le Pape nous offre la choix de l’Esperance, la nôtre et celle que nous pouvons, que nous devons offrir : « Nous devons être les prochains des plus petits, des plus abandonnés, leur donner une espérance concrète » dit-il. Il nous propose aussi de réveiller notre Europe, la booster , la réinstaller dans ses valeurs fondatrices, rejoint en cela par le président Juncker. Aux Évêques et aux Chrétiens, le Saint Père demande de s’ouvrir, de ne pas garder les paroisses fermées, de faire de la place dans les monastères et dans les congrégations. Et il y a des possibilités lorsque l’on sait que la France, l’Allemagne et l’Italie totalisent quelques 50 000 paroisses. Mais accueillir n’est pas un geste simple. Il y a des dimensions importantes à prendre en compte comme peut l’être la relation interculturelle. Accueillir veut dire aussi accompagner. Et donc progresser. Et préparer au retour dans le cas de réfugiés qui viennent se mettre à l’abri. Et cela ne s’invente pas, ne s’improvise pas. Il faut se préparer à l’accueil, se former à être pour ces familles de bons accueillants bienveillants. S’il répond à l’émotion, le geste d’accueil ne peut être que charitable, c’est aussi un travail social encadré par des lois. Notre accueil doit donc être sûr et durable, dans un esprit de fraternité mais aussi de liberté. Etre prêts et capables, c’est à cela aussi que nous invite le Pape François.

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