Morucci Europe Blog

273333_100000125021080_2064340023_nLa paix. Un mot, une situation, un bonheur que beaucoup considèrent comme acquis. Notamment chez les plus jeunes générations. Elles ont toujours baigné dans cette état pacifique sans que cela ne pose trop de questions. La paix c’est comme cela, la guerre c’est ailleurs, souvent loin ou alors c’était avant. Seul le journal TV rappelait les lourds conflits que pouvaient connaître différents peuples du monde.

En France on ne se posait plus la question de la paix. Notamment parce que la construction européenne nous a fait vivre sans conflit depuis plus de 60 ans. et pour cause, la paix est une valeur fondamentale de cette construction européenne. Nos dirigeants l’avaient dit dès 1948 : “Plus jamais de guerre entre les peuples européens”. Et cela a bien marché entre les pays signataires des traités européens depuis le Marché commun jusqu’à l’Union européenne.

Nous avons vécu tout ce temps sans avoir cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes qui faisait que personne ne savait auparavant à quel moment une guerre allait éclater entre pays de la vieille Europe. Un conflit tous les trente ans en moyenne. Ainsi aucune femme ne savait quand son père, son frère, son mari, son fiancé allait partir pour combattre. Cette paix, certains l’ont goûtée : ceux qui ont vécu les derniers conflits. Et puis les autres ont oublié. Au point que la paix est un état normal, qui va de soi. « Pas la peine d’en parler » disent souvent les plus jeunes. Puisqu’elle est là.

Oui mais voilà, on s’aperçoit que la paix est fragile. Les attentats de Paris nous obligent à être réalistes. Le Président de la République a même signifié la fin de la quiétude pacifique en déclarant l’état d’urgence et en proclamant que la France est en guerre. On sent désormais de l’inquiétude, de la méfiance, de la peur mais aussi et parallèlement de la solidarité et l’expression d’un besoin d’union à satisfaire. L’annonce de l’état de guerre et tout son contingent d’informations, d’images qui l’accompagnent ont des effets psychosociologiques importants sur nos compatriotes et les Européens.

Pour autant, et bien que le Président ait souhaité activer l’article 42,7 du Traité de Lisbonne, les Européens ne se sentent pas en guerre. Bien sûr, ils sont solidaires. Frederica Mogherini, la Haute représentante aux affaires étrangères l’a affirmé. « L’Europe a décidé de répondre à la demande française de recevoir une assistance des Etats membres sur une base bilatérale, dans le cadre européen Le fait que la France a décidé de recourir à l’article 42/7 du Traité est un signe politique clair. Mais lEurope nest pas en guerre pour autant. Il y a lieu de construire un récit alternatif à ce sujet”.

En effet, la France n’a pas fait appel à l’article 222. Et notre pays a décidé de mener sa propre politique étrangère et de défense. Ce qui va se passer maintenant est donc assez simple : “la France va entamer des discussions bilatérales avec les autres Etats membres pour définir ces aide et assistance, qui peuvent être militaires ou non militaires.”

La Haute représentante est toutefois optimiste. Tous les pays ou presque sont engagés dans la coalition. Dans le concret, le Charles de Gaulle est accompagné de deux frégates belge et britannique et une compagnie allemande viendra soutenir les Français au Mali.

Chronique RCF29 du 26/11/2015.

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