Morucci Europe Blog

273333_100000125021080_2064340023_nLes médias dans leurs présentations de la crise migratoire ont tendance à montrer l’image d’une Europe soumise à une immigration qu’elle ne peut ou veut maîtriser. Pourtant, les gouvernements dont la question relève de leur compétence, tentent, avec peine, de trouver dans leurs relations bilatérales, des solutions pouvant devenir européennes.

il n’empêche que pour le grand public, restent le sentiment, les représentations d’une inaction, d’une incapacité de l’Union européenne à gérer une situation qui la dépasse : l’idée installée d’une Europe qui ne sait pas prendre les décisions énergiques voulues par une opinion publique. Cette dernière se satisfaisant d’articles rapidement bouclés dans la presse quotidienne ou de reportages rabâchés sur les chaînes d’information.

Et pourtant l’Europe agit de manière très concrète, et avec des résultats en fonction des objectifs qui lui sont posés. Mais quel média a traité en profondeur l’action humanitaire d’envergure mise en place par la Commission européenne et financée par le budget de l’Union ? Or, les sommes engagées sont éloquentes : 300 millions d’Euros d’aides d’urgence pour 2016 suivis de 200 pour 2017. Sommes qui viennent en complément des 700 millions d’euros déjà annoncés qui ne sont pas destinés à être repartis entre les réfugiés mais à financer l’accompagnement et les moyens d’accueil et de mise à l’abri, de générateurs, lits, nourritures, produits d’hygiène, soins et médicaments.

Ce sont donc des instruments opérationnels concrets que met en place la Commission. Le Commissaire en charge de l’aide humanitaire et de la protection civile le rappelle : il s’agit d’agir par anticipation, en venant compléter les propositions de chacun des gouvernements des pays membres. Le point crucial étant de réagir à la situation provoquée par la guerre en Syrie. La Commission a soumis ces propositions au Conseil européen ainsi qu’au Parlement européen le 2 mars dernier.

Pourquoi alors cette initiative importante est-elle passée quasi inaperçue dans les médias ? Sans doute le sujet est-il moins « sexy » que les images de pauvres gens bloqués derrière des barbelés… Veut-on laisser entendre que l’UE n’a pas cette compétence qui reviendrait en droit et directement aux E?tats-membres ? Pourtant les médias sont tous destinataires des communiqués de presse de la Commission. Et les sites de la commission sont largement ouverts et transparents ; il suffit par exemple de consulter le site « Eu- ropa.eu » et de chercher la page qui traite des mécanismes européens de protection civile et de l’aide humanitaire.

En parlant de compétences, il est vrai que la question des migrants n’est pas à proprement parler un sujet qui revient à l’Union. C’est bien aux Etats de traiter la question. Mais on voit bien aussi que la seule relation intergouvernementale est insuffisante. La crise ne se résout pas et ne semble pas prête d’y parvenir. Sans doute faut-il dans ce domaine aussi innover. Ne faut-il pas passer une vitesse supérieure? Faire un lien entre aide humanitaire et politique étrangère commune? Doit-on laisser des diplomaties nationales négocier ou bien faut-il, au contraire, décider d’un pôle diplomatique entre Etats-membres et Union européenne afin de traiter en profondeur et rapidement la question ? C’est un choix politique, comme devrait l’être également la participation de chacun des Etats-membres sur une orientation commune, validée par le Parlement européen et que pourrait porter, au final, la Commission européenne.

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