Morucci Europe Blog

273333_100000125021080_2064340023_nÀ l’origine, le sommet franco-allemand de ce jeudi devait permettre de réfléchir à l’approfondissement la zone euro. Il avait en effet été annoncé qu’une proposition commune devait être présentée aux 28 avant la fin de cette année 2016. L’idée est assez simple : il s’agit de pousser à une plus forte intégration économique et doter la zone euro de domaines d’actions spécifiques. Bien sûr, et la situation le favorise, avec en trame de fond une Europe à deux vitesses et une intégration plus poussée pour ceux qui partagent la monnaie unique. Le sommet aurait dû être consacré à la préparation des prochaines étapes d’une gouvernance économique de la zone euro.

Oui mais voilà, plusieurs crises sont passées par là : migrants, Brexit, positions eurosceptiques de plusieurs pays dont la Hongrie, la Pologne, la question grecque à ce jour non résolue, et, dernière en date, celle qualifiée par les media de « Panama papers ». Du coup l’approfondissement de la zone euro passe en second plan.

Un des points les plus sensibles est surement le départ éventuel du Royaume-uni. Un risque sérieux pour l’intégrité de l’UE. D’une part, ne perte économique et démographique pour les deux parties certes, mais, d’autre part, si cela devait se faire, la principale opposition au renforcement de la zone euro disparaitrait. Sans les Britanniques, la zone monétaire a vocation à devenir le coeur vibrant de l’Union européenne. Les dirigeants des deux pays doivent mettre en oeuvre un processus susceptible de convaincre les pays membres de la zone euro et de l’UE. Pour cela, les ministres du budget et des finances ont une ambition commune : celle de vite réparer les défauts de l’euro. Autre orientation : doter la zone euro d’un vrai budget et l’accompagner des instances de gestion qui vont bien avec. Ce serait un message politique particulièrement fort et on peut dire qu’il est attendu avec une certaine impatience.

Mais il n’y a pas que cela. La crise des migrants devrait encore être au coeur des débats. La solution ne vient pas d’elle-même. La gestion intergouvernementale de la situation ne porte pas ses fruits. Loin de là. Le fait que France et l’Allemagne en parlent de manière bilatérale va-t-il permettre de faire avancer cette situation ? Pas sûr. Cela peut même aggraver les critiques formulées à leur égard par d’autres états membres. Les questions de souveraineté sont en cause. Le bout de gras que ne veut lâcher aucun des pays membres, c’est la capacité à gérer nationalement les politiques étrangères. Ne reconnaissant ainsi à la Haute représentante de l’Union que peu d’autorité.

Enfin, dernière crise en date qui ne fait pas mentir le regretté Jean Monnet, qui estimait que l’Europe ne se construirait pas dans un ensemble mais dans des crises successives ; je veux parler des « Panama papers ». Elle est au coeur des discussions. L’Allemagne prend des dispositions fortes et le Président français estime que cette crise va permettre d’accélérer la mise en place d’une réglementation commune. Mais nous sommes encore loin d’une politique fiscale commune. Pourtant la Commission européenne a mis deux directives sur la table pour lutter contre l’évasion fiscale. Cela concerne l’échange automatique d’informations entre administrations fiscales des pays de l’UE sur les activités des multinationales, et la possibilité de la taxation des profits dans le pays dans lequel ils sont générés. Restent les questions économiques, le TTIP/TAFTA, l’emploi, les orientations de la Commission Juncker, le plan d’investissement, etc.

On verra dans les jours qui viennent ce que le couple moteur de l’Europe va en dire.

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