<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" ?><oembed><version>1.0</version><provider_name>Morucci Europe Blog</provider_name><provider_url>https://morucci.blogactiv.eu</provider_url><author_name>Emmanuel Morucci</author_name><author_url>https://morucci.blogactiv.eu/author/morucci/</author_url><title>Le discours d&#039;un roi sur les migrants par Emmanuel Morucci</title><html>&nbsp;

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&lt;a href=&quot;http://morucci.blogactiv.eu/files/2015/05/7008_1.jpg&quot;&gt;&lt;img class=&quot;alignnone size-medium wp-image-437&quot; src=&quot;http://morucci.blogactiv.eu/files/2015/05/7008_1-201x300.jpg&quot; alt=&quot;7008_1&quot; width=&quot;201&quot; height=&quot;300&quot; /&gt;&lt;/a&gt;par Emmanuel Morucci

Chronique RCF29 du 29 octobre 2015

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Décidément les Européens que nous sommes avons bien du mal à surmonter l’arrivée massive des migrants dans l’Union européenne. C’est un révélateur. Au point même qu’un de mes collègues allemand parle dans un de ses éditos, et je partage son avis, de gâchis. Oui, on peut le dire : l’Union se trouve aujourd’hui au coeur d’un terrible gâchis. Les États membres se ferment les uns aux autres, ne sachant comment gérer cet afflux de personnes, les tensions entre pays de l’est et l’ouest de l’Europe sont au plus fort, les peuples se tournent vers les populismes au point de croire que leur devenir est dans le repli, hors mondialisation et hors union européenne. Et pourtant l’Europe est sans doute une des régions, sinon la région, du monde où l’on vit le mieux. Comment alors expliquer ce rejet ? D’abord il y a un amalgame entre l’action des gouvernements et les institutions européennes. La plupart des gouvernements nationaux sont acculés par les crises diverses, qu’ils ont réussi en partie à surmonter uniquement parce qu’il y avait une entité européenne susceptible, par le nombre de ses membres, à réguler des situations liées à la mondialisation et notamment les effets globaux de l’économie. Mais la crainte est installée dans les esprits et les embellies ne se font pas vraiment sentir. Même s’ils sont en baisse dans la zone euro, les taux de chômage restent élevés dans l’Union européenne. La Pologne en est un exemple et les Polonais viennent de voter pour un parti de droite ultra conservateur et qualifié d’euro-sceptique. En même temps, les Polonais savent ce qu’ils doivent à l’Union, et s’ils ne sont pas reconnaissants, ils ne veulent pas pour des raisons évidentes de financement en sortir. Un deuxième élément est que les états membres ont souhaité garder de leur côté la compétence de la politique étrangère. Dans cette crise des migrations et des réfugiés, les chefs d’état et de gouvernement ont insisté pour gérer, sans partage, les affaires d’asile et d’immigration, générant de fait le désastre humain et la pagaille que l’on connaît. En ce sens c’est un véritable gâchis. D’une part les traités ne sont pas respectés, et d’autre part la politique étrangère doit être radicalement et de toute urgence changée. Enfin les dirigeants européens de nombreux pays sont un peu lassés par la position hégémonique de la France et de l’Allemagne. Bien sûr, les deux pays sont un moteur puissant pour la construction européenne, mais un moteur sans le reste de la voiture ne fait avancer personne. Les partis d’extrême droite d’Europe en profitent largement. Il y a chez eux comme une certitude. On l’a bien senti lors des discours conjoints de Madame Merkel et Monsieur Hollande devant le Parlement européen. Le ton de la toute puissance était donné par la Présidente du Front national. Les médias sont tombés tout droit dans le piège. Lesquels ont parlé de la visite du Roi d’Espagne Felipe VI, le même jour, devant le Parlement de Strasbourg ? Le jeune monarque a prononcé un discours solennel. Il a appelé les Européens à ne pas laisser tomber les réfugiés qui affluent à nos frontières. Il s’est dit bouleversé devant la souffrance déchirante de ceux qui viennent en Europe pour fuir la violence et le fanatisme. « L’Europe doit, a-t-il dit, répondre avec générosité, solidarité et responsabilité. » Le roi d’Espagne s’est prononcé pour une approche globale. Il a été très applaudi par les eurodéputés. Mais les médias n’en ont pas parlé. D’une certaine manière ils ont préféré donner la parole aux anti européens et aux porteurs du repli sur soi, loin des valeurs européennes</html><type>rich</type></oembed>