<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" ?><oembed><version>1.0</version><provider_name>Morucci Europe Blog</provider_name><provider_url>https://morucci.blogactiv.eu</provider_url><author_name>Emmanuel Morucci</author_name><author_url>https://morucci.blogactiv.eu/author/morucci/</author_url><title>L’UE entre superficialisation et fédération.</title><html>&nbsp;

&lt;img class=&quot;alignnone size-medium wp-image-437&quot; src=&quot;http://morucci.blogactiv.eu/files/2015/05/7008_1-201x300.jpg&quot; alt=&quot;7008_1&quot; width=&quot;201&quot; height=&quot;300&quot; /&gt;Le Président de la Commission européenne a été ce mercredi matin alarmiste quant à l’avenir de l’Europe. Il est revenu sur la crise Schengen occasionnée par l’arrivée massive de migrants dans l’Union européenne et particulièrement en Grèce. Selon lui, si les États membres continuent de fermer leurs frontières intérieures, il en est fini de l’euro dans les deux mois qui viennent. Le propos est fort et ne laisse que peu de manoeuvre à la Commission européenne et aux différents gouvernements. Il rappelle implicitement que ce sont eux qui font la politique européenne et donc qui font ou referont l’Union européenne.

Il faut bien reconnaître que si l’UE vit une crise majeure depuis sa création elle n’en est pas moins à la croisée des chemins. Il va lui falloir choisir une voie : celle de l’approfondissement ou celle, que j’appelle la superficialisation, c’est-à-dire une Europe capable d’échanges économiques ou culturels mais sans dimension citoyenne et sans projet commun.

En effet, ou bien la libre circulation des personnes comme des marchandises reste une réalité, ou bien le système de fermeture des frontières empêche la réalisation de l’Union européenne, de son approfondissement et de sa continuité.

Et puis il y a des sonnettes d’alarme : la Hongrie, la Pologne. Ce dernier pays est mis sur la sellette non seulement par la Commission européenne mais aussi par le Parlement européen. Même le Président du Conseil européen Donald Trusk est monté au créneau. Il a rappelé la responsabilité que son pays d’origine a dans le projet européen. Le fait que la Pologne mette en péril des libertés fondamentales, liées à la justice et à l’indépendance des médias et donc à la démocratie, est contraire aux termes des traités européens. C’est même, à mon sens, une cause de non participation aux débats européens et à terme au choix ou non de rester dans l’Union européenne. Un message identique avait en son temps été adressé à la Hongrie qui affirmait ses penchants ultra conservateurs.

La question est simple : ces pays se sentent-ils bien, se sentent-ils à l’aise au sein de l’UE et veulent-ils y rester ?

C’est aussi le cas du Royaume-uni. Le pays semble vouloir quitter l’Union européenne mais rester toutefois dans le giron européen. Les exigences du Premier ministre Cameron sont inacceptables pour le projet européen. En effet, les Britanniques accepteraient de rester membres à la condition qu’un des principes centraux de la construction européenne soit retiré. Je cite le texte écrit d’ailleurs par les fondateurs de l’UE dont principalement par Robert Schuman : “Faire de l’Europe une union sans cesse plus étroite et solidaire”. C’est un peu comme si on demandait aux Américains de retirer le premier amendement de leur constitution.

Alors, non ! on ne peut pas faire une Europe comme on construit la carte d’une brasserie de centre ville. Chacun ne peut mettre dans l’UE ce qu’il entend en tirer. Pas plus en bafouant des valeurs fondamentales qu’en transformant l’esprit qui préside à cette construction singulière et originale.

Alors ma proposition est simple : l’Europe doit s’organiser autour d’une intégration économique et d’une intégration politique et sociale. Certains pays veulent les deux et d’autres vont se satisfaire d’une simple dimension de libre échange économique. Élargissons l’EEE - espace économique européen - aux pays comme le Royaume-uni, et lançons parallèlement le projet d’Europe unie et fédérale pour les pays, moins nombreux, qui souhaitent aller plus loin et partager ainsi une souveraineté plus étendue.

Emmanuel Morucci

Chronique RCF  21/1/2016

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